En France, les maladies cardiovasculaires sont devenues la première cause de décès chez les femmes, tuant près de 200 d’entre elles chaque jour. Pire encore, l’infarctus du myocarde augmente de plus de 5 % par an chez les femmes de moins de 65 ans. Face à cette réalité les simples recommandations ne suffisent plus. Ce fléau est une urgence de santé publique.
Fumer multiplie par près de 14 le risque d’infarctus chez une femme (image Pixabay)
Par Jean-Paul Briand.
Un récent document du Conseil national professionnels cardiovasculaire (CNPCV) destiné aux professionnels de santé pousse un cri d’alarme. Si les facteurs de risque classiques touchent tout le monde, leur impact est démultiplié chez la femme. Le tabac en est l’exemple le plus frappant : avant 50 ans, fumer multiplie par près de 14 le risque d’infarctus chez une femme, contre 1,4 chez l’homme. De même, le diabète de type 2* quadruple son risque cardiovasculaire, alors qu’il ne le double « que » chez l’homme.
À cela s’ajoute une empreinte hormonale particulière. Une prééclampsie**, un diabète gestationnel*** ou une ménopause précoce (avant 45 ans) constituent de véritables agressions vasculaires. Ces antécédents augmentent de 25 à 50 % le risque de maladie cardiovasculaire dans les dix ans qui suivent et doivent donc être surveillés de près.
Le maître-mot de la prévention repose sur le dépistage et le contrôle rigoureux du mode de vie :
- Alimentation et activité : Adopter un régime méditerranéen et pratiquer au moins 30 minutes d’activité physique 5 fois par semaine. Le tour de taille (qui ne doit pas dépasser 80 cm) est un indicateur plus précis que le simple poids.
- Tension artérielle et lipides : Faire mesurer sa pression artérielle et son cholestérol régulièrement, notamment lors des rendez-vous clés comme « Mon Bilan Prévention ».
- Réagir sans attendre : La douleur thoracique reste le signe principal d’un infarctus, mais elle s’accompagne plus souvent chez la femme de fatigue intense, d’essoufflement ou de nausées. Une gêne persistant ou une douleur dans le dos, le cou ou la mâchoire plus de 20 minutes imposent un appel au 15.
La prévention cardiovasculaire féminine n’est pas une option. C’est une obligation incontournable. En intégrant l’histoire hormonale au suivi médical et en éliminant les toxiques comme le tabac, des milliers de vies féminines peuvent être préservées chaque année.
* : Le diabète de type 2 est une maladie chronique caractérisée par un excès de sucre dans le sang. Il résulte d’une mauvaise utilisation de l’insuline par l’organisme et d’une production insuffisante de cette hormone. Son traitement repose en priorité sur l’amélioration de l’hygiène de vie (alimentation équilibrée, activité physique) et peut nécessiter des médicaments.
** : La prééclampsie est une complication de la grossesse qui se manifeste généralement après la 20e semaine d’aménorrhée. Elle associe une hypertension artérielle ( ≥ 14/9 ) à une présence anormale de protéines dans les urines.
*** : Le diabète gestationnel est une hyperglycémie apparaissant ou diagnostiquée pour la première fois durant la grossesse. Il survient lorsque le pancréas ne compense plus les hormones placentaires qui bloquent l’action de l’insuline. Il disparaît généralement après l’accouchement
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