Le lit de la Loire n’est pas totalement asséché mais la situation reste très préoccupante

Contrairement aux rumeurs se répandant ces jours-ci sur les réseaux sociaux à partir de photos de bras secondaires de la Loire effectivement asséchés, le fleuve royal continue de s’écouler doucement dans son lit principal. Même si la situation hydrologique du bassin versant est très préoccupante.
 

Un des bras de la Loire au niveau d’Orléans est quasiment à sec. ©Magcentre


Par Éric Botton


Le lit principal de la Loire n’est totalement asséché nulle part actuellement, et le fleuve continue de couler sur l’ensemble de son tracé. Bien que des images aériennes impressionnantes circulent et montrent de vastes étendues de sable, le fleuve subit certes une sécheresse précoce et sévère, mais conserve un écoulement continu dans son lit principal, notamment grâce au soutien des barrages de Villerest et Naussac. Cependant, la situation reste critique et plusieurs zones spécifiques présentent un assèchement localisé ou des niveaux historiquement bas.

Certains bras secondaires et zones spécifiques donnent l’illusion visuelle d’un assèchement total :

  • Les bras secondaires (ou bras morts) : à plusieurs endroits, notamment en Loire-Atlantique, du côté d’Ancenis, et dans le Maine-et-Loire, les bras secondaires qui entourent les îles fluviales sont effectivement totalement à sec. C’est le cas observé sur les images médiatisées autour de Varades et de Montjean-sur-Loire.
  • Les bancs de sable élargis : à Orléans, Beaugency (Loiret) ou encore à Ancenis, le lit mineur s’est tellement réduit que d’immenses bancs de sable coupent le paysage, laissant parfois moins de 30 à 50 cm de profondeur d’eau dans le chenal restant.

Pourquoi la Loire ne s’assèche pas totalement ?

Le débit de la Loire est artificiellement maintenu au-dessus du seuil critique (autour des 45 m³/s à la station de référence de Gien) par des lâchers d’eau stratégiques depuis les grands réservoirs qui se situent en amont. Évidemment, sans cette gestion de l’étiage, le fleuve aurait déjà commencé à rompre son écoulement continu à certains endroits en raison notamment de la sécheresse précoce et persistante et des périodes de canicule répétées depuis le 21 mai (1re canicule 2026).

En revanche, si la Loire résiste encore, ce n’est pas le cas de ses affluents directs, qui sont quant à eux sévèrement touchés, certains étant effectivement complètement à sec. Côté affluents Loire amont (Ardoux), l’écoulement est quasi nul ou rompu par endroits. Le statut actuel déterminé au niveau préfectoral est celui de crise. Côté Cosson et Beuvron, même situation et là aussi statut de crise. Enfin, pour le Cher et la Sauldre, les niveaux sont critiques et les débits sous les seuils biologiques, avec une nouvelle fois statut de crise. Seul point positif, pour les amoureux de la marine fluviale, nous sommes en année paire, donc pas de Festival de Loire (et de polémique) cette année à Orléans – ce sera en 2027 – en espérant alors une situation moins critique.

Vous pouvez suivre l’évolution des débits en temps réel sur la plateforme officielle : Vigicrues www.vigicrues.gouv.fr/territoire/30.


Plus d’infos autrement :

Hausse des températures en Centre-Val de Loire : +3,5 °C en moyenne entre 1960 et 2025

Commentaires

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  1. La situation très bien décrite pose pour l’avenir des questions importantes. Ainsi le débat sur les retenues d’eau se repose dans un contexte d’urgence.
    Je me souviens encore des retenues à créer dans les années 80. Une autre retenue était prévue sur la Loire ou l’allier. Elle a disparu devant la pression de certains qui ont préconise le dogme de la continuité de l’eau.
    Leur méfait s’est généralisé dans nos campagnes jusqu’au plus petit bief et moulin.

  2. Prochain grand chantier en France la gestion de l’étiage en d’autres termes que fait on de toute cette eau qui s’en va à la mer automne hiver printemps ?
    Pas question de soutenir les vendeurs de bassines mais nous devons avoir cette réflexion partout en France.Comment retenir l’eau et palier aux sécheresses à venir?

  3. Comment retenir l’eau ?
    Si on fait barrage à un endroit , l’eau passe ailleurs, dessus, dessous, à côté et vouloir inventer des moyens de la retenir est un pis aller, les retenues de Naussac et de Villerest le montrent puisqu’après avoir inondé les vallées en amont , leur fonction n’est pas de stabiliser le débit du fleuve mais de garantir ( provisoirement) l’activité nucléaire jusqu’au moment où en amont il n’y aura plus d’eau..
    Quand à palier les sécheresses à venir la réponse est simple mais difficile à accepter : changer nos modes de vie, cesser de répondre au “toujours plus” prôné par ceux qui, eux, n’ont pas de souci à se faire pour leur futur car si nous subissons et subirons de plus en plus d'”aléas” climatiques , qui étaient prévisibles dès les années 1970, c’est parce que le système de profit exploite et pollue à qui mieux mieux.
    Une preuve est la diminution sans commune mesure des pollutions pendant le ralentissement des productions industrielles causé par le Covid.
    Cherchez pourquoi ceux qui ont ou veulent le pouvoir préfèrent des solutions de facilités ou font semblant d’ignorer et les causes de la situation et les moyens de ralentir l’évolution au lieu de reconnaître l’urgence vitale où nous sommes maintenant et de réfléchir,d’agir ensemble non pour préserver un système pourri et toxique mais pour déjà limiter les dégâts.
    Alors nous pourrons commencer à imaginer de vivre de moins en moins sous la menace continuelle d’un prochain incendie gigantesque, d’inondations ingérables, de sécheresses, d’épidémies, de déplacements de populations ( ce tableau n’est plus une vue de l’esprit catastrophiste mais un résumé de ce que nous sommes en train de vivre.)

  4. Apporter de vielles réponses qui ont été éliminées non pas par dogme de « certains » mais parce que les scientifiques qui les ont étudiées de fond en comble ont conclu à leur vacuité, là on à vraiment l’impression d’une involution de la pensée, au détriment d’une vraie réflexion pour tenter de remédier aux catastrophes provoquées par 2 siècles de pensée purement mécanistes …
    L’argument de l’eau perdue car elle part à la mer , c’est un must de cette ignorance crasse des réalités biologiques qui nous permettent de vivre , tout simplement…

  5. Dame Pluie, de grâce, hatez-vous de vous glisser dans le lit de la Loire ! Il n’est plus temps de vous faire désirer…

  6. Effectivement il n’y a pas de festival de Loire mais des centaines de passagers naviguent chaque jours à bord de nos bateaux traditionnels. Les opérateurs constatent ce niveau exceptionnel et s’adaptent. Les médias n’évoque guère cette situation très compliquée des acteurs.
    Alain Amiot Observatoire Loire (Blois) 0608921288

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