L’allaitement en public n’est pas de l’indécence, voire de l’exhibition sexuelle. Suite à des incidents médiatisés sur ce sujet, la députée du Loiret Constance de Pélichy souhaite déposer un projet de loi clarifiant la législation. En demandant au public un soutien à gorge déployée.
Capture d’écran de la page Facebook de Constance de Pélichy (8 août).
« Chaque été on entend parler de femmes qui allaitaient leur bébé et qui ont dû quitter un lieu public ou arrêter de nourrir leur enfant (…) Ces pratiques discriminatoires sont aujourd’hui autorisées faute de précision dans la loi, d’où ma proposition de loi ! » publiait le 8 août sur les réseaux sociaux la députée du Loiret Constance de Pélichy en arborant fièrement son t-shirt préféré affichant un affirmatif « Milktamère ». L’opportunité était toute trouvée avec la semaine mondiale de l’allaitement annoncée du 1ᵉʳ au 7 août, même si d’aucuns la prévoient plutôt en octobre. Mais qu’importe, quand le lait est tiré, il faut le boire, même si, récemment, une femme s’est fait interpeller aux Francofolies pour utiliser un tire-lait en public.
Constance de Pélichy insiste : « Pourtant il n’y a rien de plus naturel et simple que d’allaiter son bébé, quel que soit son âge ! C’est même recommandé par l’OMS en allaitement exclusif jusqu’à 6 mois puis jusqu’à 2 ans en complément de la diversification. Pour celles qui le peuvent et le souhaitent, allaiter ce n’est pas juste nourrir son enfant. » Oui, mais, en public, quelle horreur. Quelques tétons apparaissant brièvement pourraient certainement crever les yeux exorbités de quelques loups pervers, ma bonne dame. Et ce n’est certainement pas un hasard si fin juin un collectif de mamans a ouvert une pétition pour que ce droit à l’allaitement en public soit officiellement reconnu. « Ces dernières années, des mères ont été priées d’arrêter d’allaiter ou de se cacher dans des restaurants, des musées, des parcs d’attractions, des gares, des commerces, des piscines ou des administrations. Certaines ont été invitées à aller dans les toilettes pour nourrir leur bébé. D’autres ont été déplacées, humiliées, insultées, voire agressées physiquement. Ces affaires ne sont pas des anecdotes », précisent-elles. À ce jour, elle a atteint presque les 30 000 signatures, et quelques commentaires en disant oui, « mais sans exhibitionnisme ! »
L’idée d’un projet de loi n’est pas nouvelle, mais régulièrement retoquée, ou simplement passée aux oubliettes de l’actualité. En 2021, deux projets de loi, portés l’un par la députée LREM Fiona Lazaar et l’autre par la députée LR Bérangère Poletti, avaient interpellé les médias, avant d’être remis sous couverture, comme une allaitante cache son sein en public pour ne pas être traitée d’indécente ! En 2023, des manifestations revendicatives avaient lieu dans toute la France et même à Orléans, sans plus de résultat.
« Pour faire inscrire à l’ordre du jour de l’Assemblée cette loi, j’ai besoin de vous : écrivez ou taguez votre député pour lui proposer de cosigner mon initiative ! » demande Constance de Pélichy sur sa page Facebook. En 1953, Brassens contait les malheurs de la brave Margot qui dégrafait son corsage en public pour donner la gougoutte. À croire que les dames de maintenant ne sont pas mieux loties que celles du temps jadis.