Ils étaient déjà huit en 2020. Frédérique Gerbaud et Nadine Bellurot remettent leur mandat en jeu. Quatre nouveaux candidats entrent en lice.
Le département de l’Indre renouvelle ses deux sénateurs le 27 septembre prochain. © Romain Vincens, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons
Les vacances se terminent et la rentrée politique va bientôt concerner les grands électeurs. Les maires ont certainement été sollicités depuis le début du mois de juin, mais l’élection sénatoriale ne donne lieu à aucun meeting ou grandes déclarations. Un candidat à l’élection sénatoriale doit convaincre les maires, les uns après les autres, qu’il est le plus apte à défendre leurs intérêts à la chambre haute. Pour réussir dans cette entreprise il faut être persuasif, présenter des références et l’idéal, c’est d’avoir un parti politique de poids derrière soi. Première constatation, les huit candidats de l’Indre présentent au moins un mandat électif.
Deux maires et trois conseillers départementaux
Dans cet exercice, la palme revient à Régis Blanchet, maire de Buzançais pendant une vingtaine d’années, mais qui ne l’est plus parce qu’il l’a décidé. Élu conseiller général sans interruption depuis 2001, il est par ailleurs rapporteur du budget départemental. Un poste clé pour les élus locaux. Si la désignation du sénateur s’effectuait par un algorithme, nul doute qu’il serait premier de la classe.
Régis Blanchet était l’un des premiers à se déclarer candidat – photo PB
Derrière lui, c’est François Avisseau qui présente la carte la plus solide. Lui est toujours maire d’Éguzon, est élu de la minorité du Conseil départemental, c’est le patron des socialistes de l’Indre, agrégé d’histoire, à 36 ans il a déjà été doyen de l’université de Limoges. Sa faiblesse, c’est la démobilisation de l’électorat de gauche.
François Avisseau a été choisi par le Parti socialiste de l’Indre pour ces sénatoriales. Photo DR
François Lapoumeroulie, candidat du Parti communiste, est maire lui aussi, de Buxeuil, 214 habitants, un réservoir de grands électeurs modeste.
Nadine Bellurot, sénatrice sortante, a abandonné son mandat de maire de Reuilly lorsqu’elle a été élue, voici six ans par les grands électeurs, mais elle n’a pas laissé une marque indélébile dans sa commune d’adoption puisque ses successeurs ont été sèchement battus aux municipales du printemps dernier. Elle reste conseillère départementale élue au suffrage universel. Élue au premier tour en 2020, elle est normalement la favorite du scrutin, avec l’appui du Conseil départemental qu’elle partage avec Régis Blanchet. Elle a derrière elle le parti Les Républicains.
Nadine Bellurot, sénatrice sortante, sera de nouveau sur la ligne de départ. Photo Pierre Belsoeur
Frédérique Gerbaud menacée
Les quatre autres candidats n’ont jamais été élus sur leur nom au suffrage universel. Frédérique Gerbaud a certes été longtemps conseillère municipale de Châteauroux, avant de se fâcher avec Gil Avérous. Entre-temps elle était devenue sénatrice, à la mort de Louis Pinton, mais sa seule légitimité, c’est d’avoir réussi à convaincre les grands électeurs de lui confier un nouveau mandat voici six ans. Pas sûr que cela suffise pour renouveler son bail. Le parti Les Républicains désormais présidé par Gil Avérous, de retour à la tête de la fédération de l’Indre en juin dernier, ne sera pas en rangs serrés à ses côtés.
La deuxième sénatrice sortante, Frédérique Gerbaud, est en position délicate. Photo PB
Gaëtan Boué, maire adjoint de Levroux et vice-président de la communauté de communes, évolue un peu dans l’ombre de son maire : Alexis Rousseau-Jouhennet. Historien, il est responsable de la délégation départementale du Souvenir Napoléonien Berry Val de Loire, un empereur pour lequel se passionne le maire de Levroux et directeur du château de Valençay. Pas sûr que cela suffise pour entraîner les grands électeurs à la suite du jeune homme.
Le RN et LFI se mobilisent
Enfin deux candidats vont porter les couleurs de l’extrême droite et de l’extrême gauche. Mylène Wusch, candidate à toutes les élections par la volonté du RN dont elle est la figure de proue (et à peu près la seule représentante reconnue du parti dans l’Indre), est conseillère régionale d’opposition, tout comme elle est conseillère municipale d’opposition à Châteauroux pour avoir été, dans les deux cas, tête de liste. Sa candidature est sans aucun doute destinée à mesurer la progression des idées d’extrême droite parmi les élus, avant l’élection présidentielle de 2027.
L’extrême droite mise de nouveau sur Mylène Wunsch pour ces sénatoriales 2026. Photo PB
La présence d’Aymeric Compain découle de la même logique. Militant de LFI depuis sa prime jeunesse (il avait 18 ans quand Jean-Luc Mélenchon a lancé le Parti de gauche, qui allait devenir La France Insoumise), il s’est fait élire conseiller régional au titre du département d’Indre-et-Loire faute de se trouver éligible dans l’Indre et, après avoir été élu d’opposition à Châteauroux, il siège désormais au conseil municipal de Reuilly dont est maire sa compagne, Marine Cousset. Son score témoignera de l’influence de son parti auprès des grands électeurs après des élections municipales où l’on n’a pas observé de progression notable de LFI.
Les clés du scrutin du 27 septembre
Les sénateurs sont élus pour six ans et la moitié du Sénat est renouvelable tous les trois ans. L’Indre fait partie des départements renouvelables, tout comme le Cher et l’Eure-et-Loir pour la région Centre-Val de Loire. Dans l’Indre, le collège électoral compte environ 700 grands électeurs (705 en 2020). Le vote est obligatoire sous peine d’amende de 100 € si l’électeur ne présente pas de justificatif valable pour son absence.
Le collège des grands électeurs est composé des sénateurs, députés, conseillers départementaux, conseillers régionaux (à condition qu’ils soient élus sur la liste départementale, ce qui n’est pas le cas par exemple d’Aymeric Compain). Des conseillers municipaux des villes de 9 000 habitants et plus, auxquels s’ajoutent des grands électeurs supplémentaires élus par les conseils municipaux à raison d’un électeur par tranche de 800 habitants au-delà des 30 000 habitants soit la désignation de 16 grands électeurs supplémentaires, puisque les dernières données INSEE attribuent 42 960 habitants à la préfecture de l’Indre en 2023. La seule ville de Châteauroux bénéficiera de 59 grands électeurs. Seule Issoudun est concernée par la règle des 9 000 habitants.
Les communes de moins de 9 000 habitants désignent de 1 à 15 grands électeurs en fonction du nombre de sièges que compte le conseil municipal. Dans l’Indre, plus de la moitié des communes n’ont qu’un seul grand électeur (et trois suppléants !). Les résultats des candidats déjà présents en 2020 ont été les suivants :
Nadine Bellurot (LR) : 1er tour 377 voix (55,44 %) – élue
Frédérique Gerbaud (LR) : 1er tour 287 voix ( 42,21 %) ; 2e tour 308 voix (46,18 %) – élue
François Avisseau (PS) : 1er tour 146 voix (21,47 %) ; 2e tour 137 voix (20,54 %)
Mylène Wunsch (RN) : 1er tour 38 voix (5,53 %) ; 2e tour 17 voix (2,55 %)
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