La polémique sur le conservatoire Patricia-Petibon de Montargis continue de faire réagir. Après visiblement plusieurs semaines de gestation, la Licra-Loiret s’en saisit désormais pour dénoncer les choix de la nouvelle municipalité RN : économies annoncées, postes et disciplines menacés, tarifs fortement relevés pour les élèves venus de l’extérieur… Pour l’association, il ne s’agit pas d’une simple réorganisation comptable. « On ne ferme pas un service public en un jour. On le vide progressivement de sa substance », assène-t-elle.
La Licra voit dans cette affaire un enjeu beaucoup plus large, avec une attaque sur l’accès à la culture et la conception même du service public. « La culture n’est pas une dépense superflue. Elle est l’un des fondements de la République. » Elle refuse que le conservatoire devienne « une variable d’ajustement budgétaire » et rappelle sa vocation de lieu de transmission et de brassage, où « des enfants de toutes origines apprennent à écouter, à travailler ensemble, à partager une œuvre commune. C’est précisément ce qui fait vivre une démocratie. »
Et l’association ne s’arrête pas au cas montargois. Elle cible directement le RN, accusé de masquer derrière la « bonne gestion » une politique culturelle restrictive. « Le Rassemblement national a changé de vocabulaire. Il n’a pas changé de projet (…) À chaque fois, ce sont les lieux de transmission, d’ouverture, de création et d’émancipation qui sont fragilisés », alerte la Licra.