Depuis 10 ans, Reitzel réimplante avec succès une filière locale du cornichon en France grâce à une collaboration étroite avec les producteurs notamment implantés à Montrichard, dans le Loir-et-Cher. Une dynamique portée par la démarche RSE VIA (Very Important Actions) de l’entreprise qui ambitionne d’être, d’ici 2030, la référence du pickle le plus durable du marché et le plus transparent avec ses consommateurs.
En Loir-et-Cher et Indre-et-Loire, 10 agriculteurs partenaires cultivent le cornichon et alimentent l’usine de conditionnement située à Montrichard. Photo Reitzel
Sur les planches de charcuteries, viandes froides et en salades, le cornichon se verrait bien un produit d’été. Et non ! Si sa récolte bat son plein entre juin et septembre, il se consomme pourtant toute l’année. Et en la matière, les Français n’en sont pas les moins gourmands d’Europe avec une consommation annuelle moyenne de 5 à 6 bocaux par foyer (derrière la Pologne et l’Allemagne). Mais savent-ils pour autant d’où vient ce fruit (car eh oui, c’en est un !) ? La très grande majorité des cornichons vendus en France est importée d’Inde à 80 % et 18 % d’Europe de l’Est. Seuls 2 % sont produits dans l’Hexagone. Disparu de nos champs depuis les années 1990 au profit des importations, le cornichon revient aujourd’hui en force notamment grâce à la PME franco-suisse Reitzel qui a relancé sa culture au plus près des lieux de production, dans le respect des agriculteurs, de la nature, et des consommateurs. Son credo ? Transparence et origine du produit.
People, Pickle, Planet
« Notre politique RSE a été mise en place dès 2022 avec le programme VIA (Very Important Actions) », explique Léopoldine Mathieu, responsable filières et Développement durable. « Une politique structurée autour de trois piliers – People, Pickle, Planet – comme fil conducteur de notre feuille de route d’ici 2030 visant à accompagner une filière plus responsable, plus résiliente et plus durable. » Concrètement, pour la PME l’enjeu est de mettre l’humain au service de la relocalisation et de la souveraineté alimentaire en améliorant notamment leurs conditions de vie : « avoir par exemple un modèle sécurisant pour nos partenaires agricoles locaux avec une rémunération juste qui tient compte des coûts d’équipement et de main-d’œuvre, et un suivi technique et agronomique de leurs cultures qui protège leurs récoltes face aux aléas climatiques. Pour les productions d’importation, aller vers une certification à 100 % issue du commerce équitable. »
Côté consommateurs, Reitzel entend bien sûr répondre à leurs attentes en misant sur des produits vertueux, sains et traçables. « Le consommer local et français plait », souligne Léopoldine. « Et il gagne du terrain auprès des marques de distributeur sans être beaucoup plus cher : 1€ à 2€ de plus environ. » Autre levier important : informer sur l’origine des produits. Pour cela l’entreprise soutient la démarche Origin’Info par un logo distinctif apposé sur les étiquettes : « même si les produits viennent de l’étranger. C’est un moyen aussi de soutenir le développement des filières agricoles locales. »
Une visée régénérative du cornichon
Pour aller au-delà des labels et faire face aux enjeux climatiques, ingénieurs agronomes et agriculteurs travaillent main dans la main depuis 2023 pour mettre en place des pratiques agroécologiques : bandes enherbées entre les cultures pour protéger les sols et favoriser la biodiversité, optimisation de l’irrigation par un arrosage non systématique, un paillage biodégradable et un système de goutte-à-goutte au pied des plantes, « soit une économie d’eau de 70 % par rapport à l’aspersion ». S’ajoute une limitation des intrants chimiques à base d’algues : « Nous travaillons depuis cette année en partenariat avec la start-up Symbioz Ag sur deux fermes pilotes dans le Loir-et-Cher pour étudier le sol et voir comment adapter des pratiques les plus naturelles possibles. Le but est d’avoir un premier cornichon à visée régénérative : c’est-à-dire d’établir un écosystème global à impact le plus faible possible. »
La relance du cornichon français fête ses 10 ans cette année. Les cultures représentent 25 ha en France contre 3 ha en 2016. Photo V.Corbin/Reitzel
Le goutte-à-goutte au pied des cultures est une des pratiques agriécologiques qui a permis une réduction de 30% de l’usage de l’eau par irrigation. Photo Reitzel
L’enjeu de la décarbonation est aussi dans le bocal. En faisant la chasse au plastique : « Depuis 2020 nous en avons réduit l’usage de près de 30 % en retirant par exemple l’épuisette à cornichons dans les bocaux. » En favorisant un emballage 100 % recyclable, recyclé ou réutilisable à la disposition des clients, « pourquoi pas en testant la consigne du verre dans les magasins qui permettrait une réutilisation multiple du bocal et réduirait la consommation d’énergie. Réduire les émissions de gaz à effet de serre de 35 % en 10 ans compte aussi parmi nos objectifs en intégrant du solaire et de l’éolien avec un objectif de 100 % en 2030. »
Une transition agroécologique qui va ainsi bon train. Tout comme la filière qui en 10 ans a su maintenir la stabilité de son modèle (cultiver, récolter et conditionner en France) et développer des contrats solides avec les agriculteurs. Pour cette année anniversaire, Reitzel prévoit de récolter 680 tonnes de cornichons (+30 % par rapport à 2025) cultivés notamment dans le nord-ouest de la France (Centre-Val de Loire, Bretagne) dont 180 tonnes en bio, en attendant les 1 000 tonnes ambitionnées en 2030. « Les cinq prochaines années seront celles de la consolidation, du développement de la filière et de la poursuite de la transition agroécologique », conclut Léopoldine Mathieu. Car, pour Reitzel, l’ambition est bien là : être la référence du cornichon durable en France.
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