Présidentielle 2027 : le PS a lancé sa primaire à Blois  

Du 28 au 30 août, le CamPuS socialiste de Blois a lancé la primaire à gauche. Ségolène Royal, Raphaël Glucksmann, Philippe Brun ou Jérôme Guedj ont arpenté la cité ligérienne tandis que le premier secrétaire Olivier Faure annonçait sa candidature… le lendemain.
 

Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste souhaite « la loi du plus juste avant la loi du plus fort ». Crédit JL Vezon.


Par Jean-Luc Vezon


Est-ce un signe avant-coureur ? Il tombait des trombes d’eau ce samedi après-midi lorsqu’Olivier Faure a pris la parole à la tribune de la Halle aux Grains sous les acclamations et les « Faure président » des Jeunes Socialistes. Dans un discours offensif aux tonalités parfois lyriques, le premier secrétaire s’est voulu rassembleur d’un parti parfois déchiré par les querelles internes.

Après un long chapitre sur les incendies et le dérèglement climatique, Olivier Faure a avancé un panel de propositions qui a ravi les 800 militants présents au Campus : classes à 19 élèves, recrutement de psychologues scolaires, petit-déjeuner gratuit à l’école, création d’un service public de la lecture, seconde chance pour les exclus du système scolaire.

Le candidat socialiste a aussi plaidé pour une sécurité sociale de l’alimentation et la création d’un « grand fonds national et européen pour investir dans la transition écologique ». Plus surprenant, son adresse à la jeunesse, à qui il a présenté ses excuses pour l’inaction climatique et « la pauvreté qui touche 4 millions de jeunes de moins de 30 ans ».

« L’impôt n’est pas une punition »

Un discours traditionnel de gauche renforcé par une volonté affirmée de gagner « la bataille de la fiscalité » en supprimant des niches fiscales, en instaurant la taxe Zucman ou en conditionnant les aides publiques. Quant aux entreprises qui ne s’engageraient pas dans la transition écologique, « leurs dividendes seront suspendus ».     

Alors que les débats sur la baisse des impôts agitent la classe politique, Olivier Faure n’y va pas par quatre chemins : « l’impôt n’est pas une punition », assure-t-il, tout en récusant toute hausse de la TVA, lui préférant une hausse du SMIC et une conférence salariale. « Pour le budget, nous viendrons avec nos propositions et si la copie ne nous convient pas, nous censurerons », a menacé le leader socialiste, déjà prêt au bras de fer avec les macronistes.     

Favorable à un débat sur l’annulation d’une partie de la dette (1), proposition avancée par Jean-Luc Mélenchon lors du débat organisé par le MEDEF et « son cœur des pleurnicheurs » à Roland-Garros, Olivier Faure semblait donc bien dans les starting-blocks d’une campagne placée sous le signe d’un socialisme écologique. Se positionnant comme le garant d’une primaire dans laquelle « les candidats débattront dans la clarté et où la confrontation d’idées se fera sans disqualifier l’autre », Olivier Faure a ainsi voulu apparaître comme le maître du jeu.   

La course à la candidature à l’Élysée

Un maître du jeu et des horloges qui sera candidat puisque Olivier Faure a déclaré sa candidature le lendemain au JT de TF1. Reprenant les grandes lignes de son allocution, le patron du PS a rappelé que ce ne sont pas les sondages qui font l’élection. Crédité de 5 % dans certains d’entre eux, le candidat aimerait sans doute suivre les traces de François Hollande qui avait démarré à 3,5 % en 2012.

Quoi qu’il en soit, à gauche, on choisit déjà son camp pour cette primaire ouverte. Si le maire de Blois, Marc Gricourt, accorde sa confiance au premier secrétaire, le président de la communauté d’agglomération de Blois, Christophe Degruelle, semble avoir des affinités avec le leader de Place Publique, Raphaël Glucksmann, tout comme Carole Delga (présidente de l’Occitanie), François Bonneau (président du Centre-Val de Loire), Boris Vallaud, président des députés socialistes à l’Assemblée, Nicolas Mayer-Rossignol, maire de Rouen, ou encore Emmanuel Grégoire, le maire de Paris.   

Quid de François Hollande ? L’ancien président qui rejette la primaire était également présent à Blois (2). Celui qui sortira un livre le 3 septembre se verrait bien comme l’ultime recours social-démocrate d’une gauche républicaine qui cherche un chemin pour exister face aux extrêmes. 

(1) Les 9-10 et 16-17 octobre prochains.
(2) Il propose notamment une hausse de la TVA et une part de capitalisation dans le système de retraite.

Traditionnel bain de foule blésois pour Olivier Faure. Crédit JL Vezon.


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Commentaires

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  1. “Cœur des pleurnicheurs” vraiment? : c’est connu, on ne pleure bien qu’avec le cœur…

  2. Il n’est pas nécessaire d’être rompu aux jeux stratégiques propres aux courants du PS pour comprendre que la candidature d’Olivier Faure vise moins à préparer son accès à l’Elysée qu’à faire barrage à l’offensive de la droite du PS qui veut définitivement liquider l’union de la gauche pour promouvoir une ligne macroniste teintée d’une nuance de progressisme sociétal et adossée à la politique de l’offre impliquant un passage annoncé à la retraite par capitalisation, la tva sociale et une réduction d’assiette de l’état providence. Dans ce courant droitier on trouve tous les autres candidats potentiels à la primaire à l’exception peut être de Ségolène Royal incarnant un courant narcissique propre à l’emmener n’importe où et enfin son ex. notre ex… Hollande alias Raminagrobis qui attend que tous les autres s’effondrent pour faire son retour. Mélenchon doit se marrer, la suite se passera dans son bureau pour les investitures aux législatives.

  3. FAURE NOUS DIT :

    ” création d’un service public de la lecture ”
    Grâce à ce service on sera certain que nos enfants ne sauront pas lire ( avec l’ éducation nationale on a parfois des doutes ).

    ”
    Le candidat socialiste a aussi plaidé pour une sécurité sociale de l’alimentation “.

    Encore une machine à faire du déficit.

    ”
    et la création d’un ” grand fonds national et européen pour investir dans la transition écologique ” “. De cette façon on va répartir la dette permettant de faire la transition écologique. Va-t-on réussir à faire payer une partie de nos emprunts par les Allemands ?

    Vive le socialisme.

  4. oui, quelle lubie que ce “service public de la lecture”, sujet trop sérieux pour en faire un joujou politique.
    La lecture, ça commence à la maison avec des parents qui lisent (une campagne à ce sujet serait bienvenue), ça continue à l’école avec du temps dédié pour ça (on en avait à l’école primaire), ça se poursuit dans les bibliothèques et les médiathèques, ainsi que par les pass cultures.
    Une campagne intelligente anti-écrans pourrait avoir sa place.
    Pas besoin d’un nouveau “machin” pour ça.

  5. Pour compléter mon ministère du temps libre : On peut créer un ministère de la lecture, voir de la trottinette, ou alors du bien manger et même sur doit-on absolument rouler à droite ?

    De l’argent dépensé pour rien, avec des idées pauvres, sans fonds et débiles. Bref du bobo parisien…5

  6. Le plus savoureux reste cette primaire censée « rassembler » une gauche qui commence déjà par choisir ses camps et à régler ses comptes.

    Et cette vieille maison socialiste qui rêve de reconquérir l’Élysée en mai 2027, alors qu’elle peine encore à savoir qui possède les clés du théâtre socialiste en octobre 2026.

    Une chose est certaine : le rideau est levé et la pièce commence…

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