Les chasseurs s’inventent des frayeurs

Présente en Indre-et-Loire fin août, la députée écologiste Sandrine Rousseau a tenu des propos contre les chasseurs qui ont incité Daniel Labaronne, l’un des députés du département, à intenter une action en justice. Et aucun des deux ne semble prêt à changer son fusil d’épaule.
 

Le dessin de Charlotte Guillois



Par Mag’Asine


« Aux rendez-vous de la marquise, nous étions 80 chasseurs », reprenaient tous en chœur nombre de joyeux convives voilà quelques décennies, sans être gibiers de potence. En cette année 2026, les rendez-vous de Labaronne (Daniel) sont quelques degrés au-dessus, et bien éloignés de cette chanson à peine inscrite au répertoire des carabins.

Député d’Indre-et-Loire, dans une circonscription comptant les terres des vignobles de Montlouis, ce sont plutôt les raisins de la colère qui l’ont poussé à clamer haut et fort sa réprobation des récents propos de sa collègue Sandrine Rousseau, autant maladroits que provocateurs. Suivi par près d’une vingtaine de parlementaires, il souhaiterait plutôt l’inviter sur les bancs d’un tribunal qu’à la table d’un festif banquet, même républicain, pour partager moultes bonnes chères.

Ne voilà-t-il pas que cette pourfendeuse d’obsolescentes traditions, présente en Touraine du 21 au 23 août aux Universités de la Révolution écologique pour le Vivant (REV) d’Aymeric Caron, aurait publiquement appelé à s’opposer « physiquement » aux chasseurs, pour les empêcher de décimer une population forestière fort éprouvée par le dérèglement climatique. Quelle impudence ! clament certains, parmi les 12 000 enregistrés dans ce département, outrés de cette position maximaliste qui ressemble pour eux à une déclaration de guerre, alors que dans sa pensée elle n’envisageait que des actions fermes mais pacifiques, assura-t-elle ensuite, quitte à se tirer une balle dans le pied.

Un débat d’un autre âge ? Là où elle parle de massacre, d’autres ne voient que régulation. « On compte 80 % de forêts privées dans notre pays. Appeler des militants à s’y introduire pour s’opposer aux chasseurs crée un risque réel de dérapage. Si l’on ne met pas une digue face à cela, c’est la loi de la jungle », explique à France 3 le député, qui veut s’appuyer sur l’article 40 du Code de procédure pénale pour déposer plainte. Dans la foulée, une pétition n’a pas fait long feu, initiée par le Drômois Anthony Cuq, pour réclamer la démission de la députée, réunissant près de 37 300 signatures ce jeudi 3 septembre. « Cette énième sortie de route et provocation à la ruralité est celle de trop », écrit-il.

Diantre ! Dans un débat comme celui-ci, il est bien difficile de dire qui en sortira vainqueur, au risque de vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué. Et l’on n’empêchera pas quelques impertinents lutins, plus Gavroche que Raboliot, de trouver ce conflit bien Misérable, surtout quand les arguments pointent le nez dans le ruisseau, de la faute à Rousseau, ou pas.

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