Du 4 au 27 septembre 2026, la galerie du château de l’Étang à Saran accueille « Un regard sur le vivant », une exposition réunissant les œuvres de la peintre Lélia. L et de la céramiste Dominique de Joux. Entre mouvement, matière et hybridation des formes, les deux artistes invitent à observer autrement le monde qui nous entoure.

Oeuvre de Dominique de Joux. Photo : CG.
À première vue, les univers de Lélia. L et Dominique de Joux semblent éloignés. La première peint des compositions abstraites traversées par le mouvement et la lumière. La seconde utilise l’engobe, mélange de terre et d’eau, pour peindre des sculptures où se mêlent humains, animaux et végétaux.
Chez Dominique de Joux, le lien avec le vivant passe d’abord par la matière. Elle aime travailler une terre proche de son état naturel et laisser visibles les empreintes de ses doigts, conservant ainsi la trace d’un « geste archaïque ». Depuis deux ou trois ans, l’artiste façonne également des personnages hybrides, brouillant volontairement les frontières entre les différents règnes du vivant.
Lélia. L ne cherche pas, quant à elle, à représenter directement la nature. « Ce n’est pas un travail figuratif, mais quand on prend le temps de regarder, il y a quelque chose qui parle en termes végétaux ou organiques », explique-t-elle. Le sujet apparaît progressivement dans son travail. Ce qui compte avant tout, ce sont « la structure, le mouvement, la lumière et le volume ».
Grande observatrice, elle regarde les arbres, les feuilles et les végétaux qui l’entourent avant d’en restituer une impression plus libre. Les deux artistes se connaissent depuis plusieurs années, et se sont rencontrées au sein de l’association artistique orléanaise Couleur 136. Une résidence et de nombreux échanges autour de leurs pratiques ont finalement donné naissance à l’envie d’exposer ensemble.

Peinture de Lelia L. Photo : CG.
Le vivant face à la domination de l’homme
Derrière la douceur de l’exposition se dessine aussi un regard critique sur notre rapport à la nature. Car pour Dominique de Joux, l’être humain s’est peu à peu placé « en haut de la pyramide, au détriment des autres ».
Une position de domination qui conduit à exploiter les ressources naturelles pour son propre profit, sans suffisamment prendre en compte les conséquences sur la biodiversité. La destruction de l’Amazonie ou l’épuisement des ressources deviennent ainsi les symboles d’un monde où l’homme semble parfois oublier qu’il appartient lui-même au vivant.
« On dépend des uns des autres. On ne peut pas vivre chacun de son côté », rappelle l’artiste. Dans ses sculptures, cette réflexion prend différentes formes : un cerveau vert évoque une conscience écologique, un miroir reflète les arbres et les nuages du parc, tandis qu’un arbre sous une cloche rappelle une contradiction humaine : « On a besoin des arbres, mais on n’en prend pas soin. »
Pour Lélia. L aussi, cette prise de conscience est essentielle. « On vit sur cette Terre, on ne peut pas faire autrement. » La planète existait avant l’homme et lui survivra probablement. Ce sont avant tout les humains qui risquent de subir les conséquences de la destruction du vivant.
Mais les deux artistes ont choisi de ne pas transmettre ce message de manière frontale ou agressive. Leur art préfère passer par l’émotion et la contemplation, pour « faire ressentir quelque chose aux gens », résume Dominique de Joux.

Les cerveaux de l’écologie de Dominique de Joux. Photo : CG.
Retrouver une forme d’apaisement
Face aux tumultes du monde, « Un regard sur le vivant » propose aussi de ralentir. « On a besoin de ces moments de sérénité, de contemplation, pour retrouver ensuite l’énergie nécessaire pour continuer », estime Lélia. L.
Dans ses peintures, le mouvement évoque une circulation, un réseau. Les lignes peuvent s’entremêler sans jamais se bloquer complètement. « Il y a toujours un chemin », explique-t-elle. La lumière, elle aussi, donne une direction à ses œuvres et fait progressivement apparaître les volumes.
L’inspiration peut naître de moments très simples. Dominique de Joux évoque le bonheur d’écouter les grillons et les cigales ou de marcher près d’une rivière. Citadine, Lélia. L observe pour sa part les arbres qui peuplent les rues, touche leur écorce et s’intéresse à leurs textures. Elle puise également dans les changements de lumière, dans un ciel chargé d’eau ou dans les derniers rayons du soleil venant se déposer sur les troncs.
Cette attention aux petites choses semble être au cœur de l’exposition. Lors du vernissage, plusieurs visiteurs ont d’ailleurs confié leur envie de revenir, cette fois dans le calme, pour prendre le temps de profiter pleinement de l’ambiance.
« Un regard sur le vivant » est ainsi une invitation à s’arrêter quelques instants. À observer, ressentir et contempler. Et peut-être, face à un monde qui semble parfois avoir oublié ses liens avec la nature, à se souvenir que nous faisons partie d’un tout dont il devient urgent de prendre soin.
Infos pratiques :
Du mardi au vendredi de 14h à 17h30
Samedi et dimanche de 14h30 à 18h30 (en présence des artistes)
Fermé le lundi
Entrée libre – Tout public
Une prestation exceptionnelle aura lieu le samedi 12 septembre à 17h, avec un prélude de la poétesse Marie Cabreval, suivi d’une lecture musicale portée par Marie Clotilde Bastide et Anne Tuyet-Paroux.
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