La fête à la Binette née en 1946 tient la rampe ! L’édition 2026 de cette biennale de Loire, qui se déroule à une quinzaine de kilomètres à l’est d’Orléans, dans le petit village ligérien de Bou, a été un véritable succès.
Les arts de rue ont une nouvelle fois été célébrés lors de ces 80 ans de la fête à la Binette de Bou – © Christophe Bodin
Difficile dans un festival gratuit de ce type, où 12 spectacles sont présentés durant deux jours, d’évaluer le public présent mais, sans se tromper, on peut dire qu’au moins 2 000 personnes se sont rendues à La Binette les 5 et 6 septembre. Le programme des spectacles a débuté par deux créations jardinières. D’un côté iTo, le jardinier des sons de la compagnie Le Son du Bruit venue de Sens, et de l’autre Le Jardin de Willy présenté par la compagnie orléanaise Hors les rangs. Côté Loire, Gonzalo Campo a entraîné le public dans un très beau voyage sonore tandis que le spectacle plein d’humour, Willy le nain de jardin, a passionné son jeune auditoire.
L’après-midi a été rythmé par deux grands spectacles pour lesquels la foule a envahi le stade de Bou. Ce fut tout d’abord Prise de terre, une création de deux artistes venus de l’Ariège. Dans un duo burlesque, ceux-ci, après avoir manipulé plus ou moins habilement la terre, s’en sont recouverts le visage devenant d’impressionnantes statues d’argile.
Prise de Terre, statues d’argile – © Christophe Bodin
Le public a pu ensuite découvrir « To Bee Queen », une reine des abeilles venue de Belgique, qui n’avait pu se produire en 2024 en raison d’un orage malvenu. Une reine quelque peu tyrannique envers ses abeilles mais ô combien superbe quand elle grimpe et voltige dans sa ruche. En soirée la compagnie grenobloise Tout en vrac a mis le feu avec sa désopilante cuisinière dont le matériel se dégrade au fur et à mesure de sa prestation. Plus de 600 personnes hilares assistaient à cette décadence technique. La nuit s’est poursuivie en dansant grâce à DJ Petite.
Le dimanche, le public a été accueilli par Slav venu de la Sarthe et sa musique des Balkans. Utilisant habilement des boucles sonores, l’homme-orchestre joue avec talent de 5 ou 6 instruments à la fois : violon, clarinette, basse, percussions, kaval bulgare ou roumain.
Slav, le multi-instrumentiste – © Christophe Bodin
En début d’après-midi, en bord de Loire, Anna attendait le public pour une conférence ornithologique quelque peu décalée se basant sur sa collection de chaussures. Tandis que Guillaume de la compagnie Titine errante racontait, en sous-bois, la très belle et édifiante histoire de Till l’espiègle, pauvre paysan devenu amuseur public et diseur de gaudrioles.
Bien entendu, à Bou, la Loire n’est jamais oubliée et l’association locale « Voile de Bou » a proposé à qui le voulait, durant ces deux journées et malgré le faible niveau d’eau, de belles balades en bateaux. Une fête à la Binette qui a donc réaffirmé son caractère de petit festival des arts de rue de grande qualité, porté par l’Union boumienne pour l’organisation des fêtes (UBOF), dynamique équipe de bénévoles.
Les bateaux ont silloné la Loire tout le weekend – © Christophe Bodin
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