Sylvie Blanchet s’est intéressée à la « drôle de guerre », « cette période déconcertante qui court de la déclaration de guerre, le 3 septembre 1939, à l’invasion allemande de mai-juin 1940. Comment les civils l’ont-ils traversée ? Quelle a été l’atmosphère de ces huit mois où presque rien n’avait changé, mais où rien cependant n’était plus pareil ! »
En fouillant la presse régionale de l’époque, elle a dressé une passionnante chronique locale, parallèle aux recherches historiques qui, elles, s’intéressent plutôt à la période de l’occupation.
Début février 1939 : quelque 2 500 réfugiés espagnols arrivent dans le Loiret.
Juin 1940 : ses habitants fuient devant l’invasion allemande. Entre ces deux déplacements massifs de population, l’entrée en guerre. On prépare pour ceux que l’on qualifie encore de « Poilus » des colis et des gâteaux Gamelin ; dans les champs, ces mêmes Poilus sont remplacés par des travailleurs belges, espagnols ou maghrébins ; les ressortissants du Reich, quant à eux, sont dirigés vers l’un ou l’autre des trois centres de rassemblement que compte le département.
Mais l’entrée en guerre, ce sont aussi des femmes qui deviennent opératrices en radio-électricité, des hommes médaillés lors de concours de familles nombreuses, des « jours sans » et des écoles qui reçoivent des enfants parisiens. Tandis que l’on s’initie à l’usage du masque à gaz, pacifistes et communistes, ou présumés tels, sont arrêtés… Soit de multiples bouleversements, dont la presse quotidienne régionale rend, à sa façon et au jour le jour, compte.
Sylvie Blanchet a retrouvé dans la presse quotidienne régionale les témoignages de toute cette période troublée. Elle nous les livre avec sa sensibilité habituelle.
Elle signera son livre à la librairie Les Temps Modernes samedi 19 septembre à 17h.
« L’œil de la presse quotidienne régionale dans le Loiret, Janvier 1939 – juin 1940 », Éditions L’Harmattan, 290 pages. 29 euros