Grandes dissonances entre la mairie d’Orléans et son Conservatoire

Les enseignants et les parents d’élèves du Conservatoire d’Orléans se mobilisent pour défendre leur institution et son projet pédagogique. Ils dénoncent l’état de vétusté des locaux dans lesquels sont accueillis les élèves.

La guerre est déclarée entre le Conservatoire d'Orléans et la mairie. ©Magcentre

La guerre est déclarée entre la mairie d’Orléans et les enseignants et parents d’élèves du Conservatoire. ©Magcentre



Par Anne-Cécile Chapuis


Le torchon brûle entre la mairie et l’équipe enseignante avec les parents d’élèves du conservatoire. Le fameux projet de réhabilitation des locaux fait office de serpent de mer. Annoncé depuis déjà deux mandats par la mairie, il semble aujourd’hui faire l’objet de modifications « en adaptant le scénario architectural », une phrase extraite d’un communiqué de la mairie qui soulève les plus vives interrogations.

Un conservatoire de centre-ville

Ce « grand projet » qui faisait partie des promesses électorales a été élaboré, chiffré, et annoncé à plusieurs reprises sur les scènes orléanaises. Contrairement au projet de la précédente mandature conduit par Olivier Carré, il n’était plus question d’un vaste complexe réunissant toutes les musiques au débouché du pont de l’Europe, mais au contraire d’une inscription en cœur de ville avec réhabilitation des locaux existants (place Sainte-Croix et l’hôtel des Créneaux place de la République) avec extension grâce à la récupération des locaux de la police municipale pour construction d’auditoriums. Le projet, outre nécessaire, était alléchant et validé par l’équipe enseignante qui a en parallèle travaillé sur un projet pédagogique adapté, favorisant, entre autres, la musique d’ensemble.

La salle de l’Institut et son plafond bâché. Photo : JDB.

La salle de l’Institut : chef-d’œuvre en péril

Les auditoriums devaient permettre de désengorger la salle de l’Institut des exercices d’élèves pour qu’elle retrouve sa prestigieuse place de salle de concerts avec une planification ouverte aux artistes orléanais et d’ailleurs. Tout le monde s’en réjouissait et bon an mal an, retenait son impatience, voire sa crainte, à fréquenter le romantique joyau avec son plafond bâché depuis des décennies, son système à crémaillère qui ne fonctionne plus, ses peintures qui se dégradent et ses ors qui se fanent… la liste pourrait être longue. Il semblerait que cette priorité soit maintenue, mais quand ? « Les études en cours doivent à présent permettre d’arrêter précisément le programme, son phasage et son calendrier », répond la mairie, attendue sur des précisions concrètes.

Côté salles de cours, c’est une autre musique. Dans les deux sites, les locaux se dégradent et leur état fait froid dans le dos, sans parler de l’accessibilité aux personnes en situation de handicap dans ces locaux sur deux voire trois étages sans ascenseur.

À l’aube des journées du patrimoine qui parlent de « patrimoine en péril », les enseignants et les parents d’élèves se mobilisent. Ils veulent défendre la musique et son accès à tous dans les meilleures conditions. Ils alertent sur la sécurité, veulent maintenant que les projets annoncés, étudiés (à quel coût ?), portés, se réalisent. Ils souhaitent une vraie transparence avec la mairie, pour une politique culturelle qui donne les moyens de l’apprentissage et de l’exercice de la musique. Les 80 enseignants, avec le personnel administratif et l’APEC (Association des Parents d’élèves du Conservatoire), sont en accord pour jouer de concert une partition qui concerne tous les Orléanais : la dimension musicale doit avoir une belle et vraie place au cœur de la cité.


Plus d’infos autrement :

Patricia Petibon : ce que perd une ville lorsqu’elle fragilise son conservatoire

Commentaires

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  1. Difficile d’exprimer le ressenti, tellement les mots manquent.
    Nous avons dû nous résigner à renoncer à cette magnifique institution, dans laquelle étaient nos enfants, depuis de nombreuses années, en les désinscrivant et en les inscrivant “ailleurs”, tellement la situation de déliquescence est avancée.
    Non seulement les problèmes décrits dans l’article sont criants, mais une des conséquence en effet de bord, est que certains enseignants partis ne sont pas remplacés, faute que les successeurs aient été dissuadés de venir dans un tel contexte.

    En effet, une fois informés de la situation tellement critique de manque de locaux (au delà de la vétusté), ils préfèrent renoncer, s’ils ont d’autres choix. C’est la double peine.

    Le manque de locaux a pour conséquence des planifications délirantes, avec des heures incompatibles du planning scolaire et des lieux éparses de cours, dans la ville, avec 2 cours successifs, dans des lieux éloignés.
    Bilan, pas de professeurs dans certaines spécialités, en plus d’heures de cours planifiés sur des créneaux difficiles, voir quasi impossible, la scolarité étant prioritaire.
    Obligé d’aller voir ailleurs, pour tenter d’assurer une continuité des enseignements reçus depuis plusieurs années.
    C’est terrible de voir des groupes d’enfants se déliter ainsi, pour les enseignements où des groupes existaient.
    La mort dans l’âme, nous sommes contraints de lancer les désinscriptions en ce début d’année et d’essayer ailleurs.
    Nos enfants remercient chaleureusement Mr le maire pour son implication dans ce dossier et les brillants résultats en conséquence.

  2. “Adapter le scénario architectural ” ce genre de phrase mériterait une médaille pour son auteur à la fois pour sa qualité technofloue et pour la tactique qu’elle constitue : “ils” invitent à focaliser sur un truc, une queue de Mickey, pour détourner des vrais problèmes posés (ici des locaux qui se dégradent depuis …) mais le problème c’est le rejet de cette municipalité de tout ce qui déplaît au “petit métré”, ( expression périgourdine pour désigner une personne qui se croit tout puissante parce qu’elle a peur des autres.)

  3. C’est quand même bizarre que vous soyez étonnés ? Les promesses de ce maire ne sont jamais tenues : le festival de jazz, l’économie du centre-ville, le réseau vélo (promis en 2020), jamais Président de la Métropole ( promis lors de sa dernière campagne) et j’en passe…
    Bref, vous l’avez élu et bien dansez maintenant.

  4. Je vais même rajouter un commentaire : Serge c’est SA ville, son royaume. Parce que nous ont est trop cons pour comprendre.

  5. C’est quand même bizarre que vous soyez étonnés ? Les promesses de ce maire ne sont jamais tenues : le festival de jazz, l’économie du centre-ville, le réseau vélo (

  6. Je me sens un peu, en tant que compositeur de musique, Commandeur des Arts et lettres et vivant en Orléanais depuis 26 ans, incapable de concevoir une telle négligence à ce que je peux en lire. Les lieux qui ont une histoire sont les meilleurs foyers de transmission du savoir. Le savoir passé pour former de jeunes musiciens qui feront le rayonnement de la ville. Il y a peut-être un futur Ravel entre les murs de ce conservatoire, qui sait ? Alors ce serait bien qu’ils tiennent debout, enfin je dis çà comme ça.

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