D’où viennent ces légumes ? Et ce blé ? Retournez et regardez ! Entre le code barre, le Nutriscore et autre tableau nutritionnel, l’étiquette « Origin’Info » s’est glissée sur les produits alimentaires transformés. Enfin, pas sur tous… Lancée en 2024 par le Gouvernement, elle doit permettre aux consommateurs de connaître le ou les pays d’origine des produits agricoles principaux qu’ils mangent histoire de jouer la transparence. Retour sur une initiative qui fait débat.
Lancée en 2024, la nouvelle étiquette doit permettre aux consommateurs de repérer en un coup d’œil les pays d’origine des matières premières. Visuel Ministère de l’Economie.
Par Estelle Boutheloup
Elle prend la forme d’un logo, d’un encadré ou d’un QR code sur l’emballage. Vous l’avez déjà vue ? Une centaine de marques se sont volontairement engagées à l’apposer sur leur packaging. Lancée en 2024 sous le ministère d’Olivia Grégoire, chargée des Entreprises, du Tourisme et de la Consommation, à la suite des rencontres de la transparence organisées à Bercy et après une concertation avec les industriels, distributeurs et associations de défense de consommateurs, cette étiquette doit permettre aux consommateurs d’être mieux informés sur l’origine des matières premières qui composent les produits alimentaires transformés. Soit quelque 10 000 références qui doivent être déployées petit-à-petit dans la plupart des grandes surfaces.
Lutter contre l’arnaque du soit-disant « C’est Français » !
Si « Origin’Info » doit rassurer, et ce de façon fiable et crédible, le consommateur un tantinet soucieux sur l’origine de ce qu’il achète et mange, il doit aussi lutter contre l’arnaque à la provenance (le « franco-lavage ») qui porte atteinte aux agriculteurs : c’est soit disant français (si, si le petit drapeau l’indique !) alors qu’en fait aucun ingrédient n’a été cultivé ou produit en France. « Une attente exprimée par les filières agricoles qui attendent davantage de transparence de la part des entreprises de la transformation alimentaire en plus des obligations réglementaires déjà existantes », soulignait Marc Fesneau alors ministre de l’Agriculture.
L’accès non immédiat aux informations par la dématérialisation, ici via l’usage du QR Code, est dénoncée par les associations de défense des consommateurs. Photo EB.
Des critiques des associations de défense
Si les associations de défenses des consommateurs participantes aux négocations (Familles Rurales, Foodwatch et UFC-Que Choisir) ont salué cette initiative, elles pointaient néanmoins du doigt des points de désaccord. Notamment sur la non obligation de la démarche : « Une démarche basée sur le seul volontariat ne fera donc pas progresser la transparence car les marques ayant une politique d’approvisionnements aux origines multiples, variables ou lointaines ne seront pas incitées à faire preuve de plus de transparence, ni à modifier leurs pratiques », soulignait l’article de UFC-Que Choisir. Plus encore, le QR Code pose problème : « Le temps limité dont disposent les consommateurs pour faire leurs achats en magasins (quelques secondes par produit) impose que l’information soit immédiatement visible et disponible au moment de l’achat. Une information dématérialisée ne permet pas de répondre à cette exigence », poursuit l’article. Enfin, concernant le détail de l’information : « Le logo Origin’Info ne doit pas se contenter d’indiquer l’origine de seulement trois ingrédients primaires (…). »
Alors que la Loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles a été promulguée le 18 août dernier par le président de la République, l’affichage obligatoire de l’origine de certains produits a été renforcé notamment sur les viandes utilisées dans le cassoulet ou les lasagnes. Un pas de plus vers la transparence mais entre le « Cultivé en France », « Viande de France », « Origine France », les AOP, IGP et « Origin’Info », à quelle sainte étiquette le consommateur va t-il se vouer ?
Rubrique parrainée par LSDH