Le nouvel effort demandé aux collectivités par l’État dans son projet de loi de finances 2027 inquiète le président du département de Loir-et-Cher. Il pourrait se traduire par de nouvelles économies.
Philippe Gouet, président du département de Loir-et-Cher (à G) craint qu’un effort financier supplémentaire soit demandé aux départements dans le budget 2027. Crédit JL Vezon.
« Nous avancerons sans renoncer. Nous espérons maintenir notre Plan pluriannuel d’investissement à hauteur de 60 M€ mais la situation nous invite à une grande prudence. Un effort compris entre 5 et 7 milliards d’euros serait demandé aux collectivités dans le projet de loi de finances, dont une grande partie aux départements qui l’an passé ont supporté la moitié de l’effort demandé (1) », a annoncé Philippe Gouet, président du département de Loir-et-Cher lors de son point presse de rentrée le 23 septembre dernier.
Philippe Gouet a ainsi évoqué les mesures supports de ces nouvelles coupes sombres demandées aux collectivités (régions, départements, EPCI et communes), à savoir un plafonnement de la fraction de la TVA qui leur est reversée (qui passerait de 5,3 à 2 %), un autre du Fonds de compensation de la TVA ou encore un renforcement du DILICO, le Dispositif de lissage conjoncturel des recettes fiscales. « Les collectivités représentent pourtant 70 % des investissements d’aménagement du territoire en France », a rappelé Philippe Gouet en soulignant également « l’effet ciseau » que subit sa collectivité, illustré par une baisse des ressources fiscales et une explosion des dépenses sociales (+10 % d’allocataires du RSA par exemple).
Autre inquiétude, le montant des droits de mutation à titre onéreux (DMTO) perçus, qui était orienté à la hausse ces derniers mois, pourrait baisser à la suite de la hausse des taux d’intérêt susceptible de décourager les acheteurs. De même, un surcoût de plusieurs millions d’euros est à prévoir pour la future passerelle sur la Loire. Il est dû à la nécessité de renforcer les piles de l’ancien barrage, qui ne sont pas assez profondes et construites avec du béton de mauvaise qualité. L’équipement devrait toutefois entrer en service fin octobre 2027.
Des finances saines
L’heure est donc aux économies et à l’optimisation de la gestion. Mais contrairement à d’autres (2), le Département ne coupera pas dans la masse salariale. Vingt-cinq postes seulement ne seront pas remplacés suite aux départs en retraite. « Notre bonne gestion nous préserve. Mais nous allons poursuivre nos efforts pour être plus efficaces, mieux traiter nos marchés publics et être plus rigoureux sur les dépenses », a précisé le président. La fusion entre l’agence d’attractivité Be LC et l’agence de développement touristique (ADT 41), votée à l’unanimité le 17 septembre par les élus, ira ainsi dans ce sens.
Parmi les leviers d’optimisation de la gestion, l’IA va entrer en application du côté des Maisons départementales des solidarités (MDS). Les dossiers seront ainsi préparés en amont. « Une charte a été établie ; l’idée n’est pas de baisser le nombre de postes mais d’améliorer la qualité des services et de gagner du temps pour accompagner les bénéficiaires », a rassuré M. Gouet.
Durant l’échange de 90 minutes, Philippe Gouet a aussi livré quelques informations comme le dynamisme de l’accueil des professionnels de santé, au nombre de 150 à rejoindre le Loir-et-Cher depuis 2022 (avec un solde positif pour l’installation des médecins) et l’arrivée en novembre de 21 « docteurs juniors ». Côté dépenses, un plan pour lutter contre la canicule dans les collèges verra le jour avec différentes mesures dont l’isolation thermique par l’extérieur pour les plus anciens et une grande salle climatisée pour tous.
À la suite du Beauvau de la sécurité civile et du projet de loi en préparation, le président a regretté « le peu de financements nouveaux » et le risque de tutelle préfectorale sur les Services départementaux d’incendie et de secours (SDIS) via l’article 15.
Le Tour de France en Loir-et-Cher en 2027 ?
Enfin, Philippe Gouet a annoncé que l’hypothèse d’une étape du Tour de France était bien sur la table. Il s’agirait d’un contre-la-montre individuel entre Blois et Chambord. Le mystère sera dévoilé par ASO le 22 octobre prochain au Palais des Congrès de Paris. Invité de l’organisation, P. Gouet a informé que si l’offre portée par le Département et le Domaine national de Chambord était retenue, elle constituerait un formidable coup de projecteur pour l’attractivité du Loir-et-Cher (3).
(1) 2 milliards au total.
(2) Comme le Loiret (150 postes supprimés).
(3) 45,6 millions de téléspectateurs cet été.
Amélioration de l’accès aux soins
Kinésithérapeute de profession, Philippe Gouet a fait de la lutte contre les déserts médicaux et de l’accès aux soins des Loir-et-Chériens l’une de ses priorités. Le plan le 41 en bonne santé (2022-2028) trace les objectifs et mobilise une enveloppe de 25 millions d’euros. L’agence d’attractivité BeLC possède en son sein un service dédié à la recherche et à l’accueil de professionnels médicaux. Salué jusqu’au ministère de la Santé, son travail porte ses fruits avec 150 professionnels accueillis depuis 2022.
Président du groupe de travail Santé à Départements de France, interlocuteur de neuf ministres de la Santé depuis son élection, Philippe Gouet réalise un travail de fond. Il vient d’ailleurs de rendre (avec le Dr Gaétan Casanova), à la direction générale de la Santé, un rapport sur le guichet unique qui lui a été commandé par la ministre de la Santé Stéphanie Rist et sa collègue déléguée chargée de la Ruralité, Françoise Gatel.
« L’objectif sera à l’horizon fin 2027-28 de faciliter l’installation des professionnels de santé en les accompagnant dans leurs démarches. Les médecins libéraux et les docteurs juniors seront prioritaires », souligne Philippe Gouet. En novembre, ces derniers seront au nombre de 21 à rejoindre leurs tuteurs maîtres de stage dans les différents centres et maisons de santé du département. Praticiens en fin de 3ᵉ cycle d’études médicales, ils réaliseront entre 10 et 20 consultations par jour et participeront à la permanence des soins.
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