Dans les trois départements concernés par les sénatoriales en Centre-Val de Loire, les sept sièges de sénateurs ont été renouvelés. Si la droite conserve largement la main dans la région, plusieurs sortants ont subi des défaites de taille, notamment dans l’Indre et en Eure-et-Loir.
Cinq nouveaux noms élus en Centre-Val de Loire vont découvrir les bancs du Sénat. © Romain Vincens, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons
Dans l’Indre, la sénatrice sortante Nadine Bellurot et le conseiller départemental Régis Blanchet étaient les favoris de cette élection. Si la première a vécu un dimanche tranquille, élue dès le premier tour (66 %), il a fallu deux tours de scrutin à Régis Blanchet pour réaliser son rêve de devenir sénateur. Il avait abandonné son siège de maire de Buzançais pour faire campagne. Il a profité de la désaffection des conseillers départementaux et grands électeurs castelroussins qui ont abandonné Frédérique Gerbaud en rase campagne. La sénatrice sortante, arrivée cinquième au terme du premier tour, a étonnamment maintenu sa candidature au second, perdant tout crédit dans l’affaire.
François Avisseau, arrivé en troisième position au premier tour, a partiellement bénéficié du retrait du candidat communiste pour passer la barre des 200 voix. Un résultat flatteur pour le talentueux jeune candidat socialiste. Gaëtan Boué, candidat surprise de cette élection, a réussi un score spectaculaire au premier tour (23 %) et a ménagé l’avenir en se retirant en faveur de Régis Blanchet. La progression de la candidate RN au premier tour a été un feu de paille. De la même façon que le candidat LFI qui, en maintenant sa candidature au second tour, a confirmé la fracture entre les forces de gauche dans l’Indre.
Les deux nouveaux sénateurs de l’Indre et leurs remplaçants. Photo Pierre Belsoeur
Dans le Cher, un fauteuil était déjà réservé
Dans le Cher, il a fallu officiellement deux tours pour élire les deux successeurs de Marie-Pierre Richer et Rémy Pointereau, bien que le scénario fût assez rapidement balisé. Samir Rhimini (LR), conseiller parlementaire depuis 13 ans auprès de Rémy Pointereau, a manifestement bien appris auprès de son mentor. C’est donc tout naturellement que la succession s’est effectuée sans accroc. Il s’en est même fallu de peu pour que la transmission ne soit pliée dès la mi-journée. Pour huit voix, Samir Rhimini a donc dû passer par un second tour (59 %) sous forme de formalité pour valider sa présence au Sénat lors des six prochaines années.
Il sera accompagné du désormais ex-député Loïc Kervran, critiqué pour vouloir troquer sa place à l’Assemblée pour le Sénat. L’élu Horizons, qui a devancé le socialiste Philippe Fournié (27 % ; 237 voix) et Laurence Renier (LR, 27 % ; 232 voix), pourra donc vérifier si les assises de la chambre haute se révèlent effectivement plus confortables.
Albéric de Montgolfier garde les clés
En Eure-et-Loir, trois sièges étaient à renouveler. Les sénateurs sortants de droite ne jouaient toutefois pas dans la même équipe. Chantal Deseyne et Daniel Guéret avaient choisi de faire liste commune. En face, Albéric de Montgolfier était à la tête de sa propre liste, elle aussi investie par Les Républicains. Au bout de la journée – et du compte – c’est finalement lui qui rafle la mise avec 49,9 % des suffrages exprimés. Conséquence, ses deux colistiers Virginie Quentin et Alexis Robin décrochent eux aussi leurs sièges, récupérant ceux de Chantal Deseyne et Daniel Guéret qui voient leur aventure sénatoriale stoppée net. Une sortie de route particulièrement sévère avec seulement 13,6 % récoltés, une voix seulement devant le centriste Xavier Nicolas (13,5 %).
À noter la progression du RN dont la liste emmenée par Christophe Bay récupère 8,9 % des suffrages. À gauche en revanche, la pléiade de listes alignées sur la ligne de départ aura surtout fini d’enterrer les maigres espoirs d’une percée dans un département qui confirme, une nouvelle fois, son penchant très marqué à droite.
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