Canicules, sécheresse : à Tours, la biodiversité au cœur des débats après un été brûlant

Du 29 septembre au 1er octobre se tient à Tours la 15e édition des Assises nationales de la biodiversité, soutenue par l’Office français de la biodiversité, et coorganisée par la Région Centre-Val de Loire et la ville de Tours. L’objectif : rassembler les acteurs associatifs et institutionnels autour des enjeux de la protection de la nature en grand danger sur le territoire national.
 

Les élus et les acteurs de la biodiversité réunis à Tours pour échanger et agir sur la protection du vivant. ©Asmaa Bouamama


Par Asmaa Bouamama


La canicule de cet été a imposé une prise de conscience nationale (et irrévocable ?), avec une succession de catastrophes naturelles, humaines et animales, jusqu’au décès des plus vulnérables. Ces assises sont l’occasion de réhabiliter les grands thèmes au cœur de l’écologie tourangelle, et de se pencher sur la stratégie d’urgence à mettre en place en France et notamment en Centre-Val de Loire. D’ici la fin 2026, la Région proposera de son côté une liste d’interventions pour mieux protéger le vivant, et s’engagera à atteindre des objectifs à l’horizon 2035.

En attendant, ces échanges menés à Tours doivent permettre de pointer les enjeux très concrets auxquels ces futures orientations devront répondre. Chercheurs et membres associatifs se réunissent ainsi autour de thèmes comme l’alimentation, l’agriculture, la pollution, la végétalisation des villes, ou encore les pesticides et l’activité sportive. « Ça nous redonne de l’énergie, on est loin de considérer que tout est sous contrôle et on est dans une situation de fragilité extrême », s’inquiète François Bonneau, président de la région Centre-Val de Loire, avant d’ajouter qu’il faut avoir une vision à 360 degrés quand il s’agit de biodiversité. Ce qui explique la multitude de regards différents qu’offrent ces trois journées de débats au Palais des Congrès. « De la rivière à l’agriculture, à la régénération des sols et à la politique de végétalisation, il faut avoir une vision globale », explique le président.

Impliquer l’ensemble de la population

Une approche qui suppose aussi de faire évoluer le regard porté sur la nature en ville et la place qu’on lui accorde. « À une époque, quand des racines poussaient dans les cours d’école et que les enfants tombaient, les parents demandaient à faire couper tous les arbres », se souvient non sans ironie François Bonneau.

C’est pourquoi ces assises visent aussi à faire participer positivement l’opinion publique et opérer un changement dans les consciences et les points de vue. Pour illustrer cette popularisation des savoirs à mener, Olivier Thibault, directeur général de l’Office français de la biodiversité, explique la nécessité sanitaire de laisser les enfants être au contact de la terre et avoir un rapport sensoriel à la nature. « On sait que durant les premières années de vie, le microbiote se constitue et cela a un impact direct sur la santé et sur l’équilibre des bactéries et des virus qui constituent notre écosystème ». Pour lui, ces temps d’échange sont une opportunité de cesser de subir les événements climatiques et de poser de vraies questions pour aboutir à des solutions.

Des responsables politiques et scientifiques optimistes

Philippe Grandcolas, directeur de recherche au CNRS, soutient ce discours. « Chacun d’entre nous est un écosystème, dit-il. Cet équilibre de la nature est vital pour notre survie, et nous sommes des éléments d’un écosystème global à l’échelle de l’environnement. » Il partage aussi un désir fort de faire passer un message, celui d’une prise de conscience citoyenne, individuelle et collective.

Cette vision doit désormais se traduire par des choix très concrets dans les territoires. À Tours, qui accueille l’événement, de nombreuses adaptations ont été instaurées au cours des dernières années comme le développement des pistes cyclables, le travail sur l’éclairage extérieur ou encore la végétalisation de nombreuses zones publiques. Pour Emmanuel Denis, maire de la ville, ces transformations montrent que des solutions existent, même s’il estime qu’il faut aujourd’hui aller plus loin. « La bonne nouvelle, c’est qu’il y a des solutions qui fonctionnent. Mais on est à la croisée des chemins, ajoute-t-il. Il faut tout reconstruire et pour ça, il faut une mobilisation complète. »

Suite à cet été 2026 qui aura marqué la France par ses incendies, des tornades (dont on soupçonne le lien avec le réchauffement climatique) et plusieurs épisodes de canicule qui auront causé plus de 8 000 morts en excès, sans dénombrer les pertes animales et agricoles, les enjeux liés à la protection du vivant prennent une dimension encore plus concrète.


Plus d’infos autrement :

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