Instaurée en France en 2012, la « taxe soda » renforcée en 2025, voulait faire croire que c’était une mesure de santé publique. Dans le projet du budget 2027, toujours au nom de la lutte contre l’obésité, le gouvernement qui cherche des recettes, envisage de nouvelles ponctions sur les produits sucrés.
Or une étude récente publiée dans PLOS Medicine jette un pavé dans la mare. Ses conclusions remettent sérieusement en question l’efficacité réelle de ces mesures, en particulier dans la restauration rapide.
Selon ces travaux de recherche, les taxes ciblant exclusivement les boissons sucrées ne parviennent pas à réduire la consommation de calories par boisson dans les enseignes de fast-food. Dans l’étude, l’analyse de plusieurs millions de repas montre que la taxe s’avère trop faible pour modifier durablement les comportements des consommateurs dans leurs choix des menus pris en fast-food. Sa spécificité, limitée aux seules boissons, pousse parfois les clients à reporter leur consommation sur d’autres produits tout aussi malsains et caloriques.
La ministre de la Santé, la docteur Stéphanie Rist, ne s’y était pas trompée puisqu’elle avait rendu un avis défavorable sur cette taxe, considérant qu’il était bien plus utile de mettre en place des accords avec les industriels de l’agroalimentaire afin de lutter efficacement contre la surconsommation de produits sucrés.
Loin de l’effet supposé sur la santé publique, la nouvelle fiscalité sur le sucre risque de se transformer en simple outil de remplissage des caisses de l’État. Si l’objectif affiché reste louable, cette approche uniquement financière montre des limites.
Sans une politique globale de lutte contre la sédentarité et l’offre des aliments ultra-transformés et sucrés, ces taxes ne feront pas diminuer la prévalence de l’obésité en France mais pèseront un peu plus sur le pouvoir d’achat des ménages.