Le week-end du 3 et 4 octobre 2026, le Festival BulleBerry célébrait ses 30 années d’existence avec 36 auteurs, 7 expositions et 12 animations gratuites et toujours plus innovantes dans la ville de Bourges.
La future Capitale européenne de la culture bulle au rythme de la bande dessinée le temps d’un week-end. En marge du salon des auteurs installé dans la salle du Duc Jean de l’Hôtel du Département, de nombreux temps forts rythment la 30ème édition du Festival BulleBerry.
La médiathèque Leïla Slimani de Bourges reçoit pour l’occasion trois professionnelles venues dévoiler au public les coulisses de leur métier de coloriste de bandes dessinées. “C’est un métier invisible parce que dans la bande dessinée, on parle plus du dessin que des couleurs”, admet Elvire de Cock, qui présentait le tome 5 de Ladies with Guns avec Bocquet et Anlor aux éditions Dargaud.
Animée par le youtuber marseillais le Commis des Comics, cette table ronde féminine a également donné la parole à Li (Sophie Uliana) coloriste du tome 5 de la série Okko de Hub et Bérangère Marquebreucq coloriste de la série animée Les aventures extraordinaires de Jules Verne de France 3, qui ont dévoilé des planches exclusives de leurs derniers projets.
“On me donne des informations générales. On me dit s’il fait jour ou nuit et s’il pleut ou s’il fait beau. Ensuite, ces informations passent par le filtre de ma sensibilité”, explique Bérangère, qui a toujours une idée précise de là où elle veut aller.
Un code couleur universel qui parle à l’inconscient collectif
S’il peut exister autant de ciels pluvieux que de coloristes et qu’aucune formation ne délivre de diplôme officiel, il existe néanmoins des techniques partagées dans le milieu. “Utiliser un détail comme le papier peint pour inscrire le récit dans l’atmosphère des années 1970 ou jouer sur l’orientation de la lumière pour créer une atmosphère intime entre deux personnages“, détaille Bérangère.
La couleur n’est pas toujours réaliste mais elle ouvre une troisième voie, celle de la rencontre entre le scénario, le dessin et une subjectivité. “On peut aussi transmettre des choses par le contraste, poursuit Elvire, qui utilise les effets spéciaux pour accentuer l’impact d’une action. J’essaie d’ajouter de la température, de faire sentir une odeur en jouant sur les stéréotypes. Il existe comme un code couleur universel qui parle à l’inconscient collectif.”
En modulant l’épaisseur des traits, c’est aussi une forme de lisibilité qui est donnée au dessin. Celle-ci dirige le regard du lecteur et lui suggère une certaine compréhension de l’image. En orientant son regard, la couleur vient ainsi sublimer image et récit.
Battles Wakfu et concert de harpe dessiné

La Battle de dessin, animée par le Commis des Comics, a rempli l’auditorium du Conservatoire de Bourges samedi après-midi. L’équipe Wakfu, composée de Cynthia Leman et Malec, a affronté l’équipe Mama Mia de Nora Morreti et Ohazar.
En début de soirée, l’artiste sino-libanaise Ameylia Saad Wu a offert un concert à la harpe, qui ont dévoilé les univers des autrices de BD jeunesse. Le Jardin des fées de Nora Moretti et le Grimoire d’Élfie de Mini Ludvin.

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