Bégon / Grégoire, un double héritage blésois

[Publireportage] L’Association Bégon & Grégoire, héritages blésois s’est constituée fin février 2026 après la redécouverte récente du rôle quasi ignoré et pourtant déterminant joué par le Blésois Michel Bégon dans la rédaction du Code noir. Cette figure est très connue et honorée à Blois où différents lieux portent son nom : rue, allée forestière, collège et maison de quartier/centre social.

L’abbé Grégoire, l’un des plus ardents défenseurs de l’abolition de l’esclavage.

 

L’abbé Grégoire

L’abbé Grégoire, entré au Panthéon de la République en 1989, est une personnalité politique nationale et blésoise reconnue et installée dans l’espace public de la ville : bibliothèque, quai, square. À plus d’un siècle de distance, ils ont l’un et l’autre fortement influencé l’histoire nationale, notamment par des positions diamétralement opposées sur l’esclavage et le racisme. Par ailleurs, chacun sait que Blois compte aujourd’hui une part significative d’habitants d’origine étrangère.

La mission de l’association Bégon & Grégoire Héritages blésois, c’est d’ouvrir la discussion afin de :

  • Faire connaître cette période de l’histoire nationale marquée par l’esclavage et ses abolitions.
  • Contextualiser les personnages cités.
  • Comprendre comment ce débat résonne aujourd’hui avec les questions de discriminations et de racisme.
  • Faire émerger une réflexion collective qui associe habitants, historiens, élus et acteurs culturels, économiques et sociaux.

Une première action

Une première action grand public au cinéma Les Lobis le 29 avril 2026, avec la projection-débat du film « Furcy, né libre » en présence de son réalisateur Abd al Malik. Elle a réuni plus de 150 spectateurs.

Deux interventions différenciées sont ensuite venues concrétiser les intentions de l’association :

Le jeudi 25 juin, en étroite relation avec les Rendez-vous de l’histoire, la venue à Blois de Pierre-Yves Bocquet, directeur adjoint de la Fondation pour la mémoire de l’esclavage, pour animer deux rencontres (l’une avec l’équipe enseignante du collège Bégon, l’autre avec les administrateurs de l’association) consacrées à Michel Bégon, son parcours et son rôle-clé comme meilleur expert du système colonial esclavagiste sous Louis XIV.

Début juillet, la validation par l’Éducation nationale, le Conseil départemental de Loir-et-Cher et l’État du projet de résidence mission déposé par le collège Bégon (Rep+). Sur une année scolaire (2026-2027), le projet artistique, culturel et pédagogique imaginé par des artistes et des enseignants permettra d’aller à la rencontre des collégiens, les invitant à participer au processus de création. L’association est à l’initiative de cette résidence-mission, dénommée « De quoi Bégon est-il le nom ? »

L’association s’est dotée d’un plan d’actions pluriannuel 2026-2028 en huit points conforme à ses objectifs :

1. Pièce de théâtre, créée à l’occasion des Rendez-vous de l’histoire 2027

Elle mettra en jeu Michel Bégon, auteur du Code noir, et l’abbé Grégoire, promoteur indéfectible de l’abolition sous la Révolution française et le Premier Empire, ainsi que de jeunes Blésois contemporains notamment confrontés à certaines discriminations persistantes liées à l’origine.
Autrice et metteuse en scène : Régine Launay, blésoise I Comédiens professionnels et conseil à la réalisation : la Ben Compagnie (Blois) I Comédiens amateurs : de jeunes Blésois.

2. Débat citoyen, ou comment permettre à tous de s’approprier cette part de notre histoire locale

Co-construit avec la municipalité, un débat s’engage sur l’histoire et la mémoire de l’esclavage, sa nature de crime contre l’humanité formalisée par le Code noir auquel a très largement contribué Michel Bégon, son ampleur et sa temporalité à la fois en France et en Europe, et bien entendu en Val de Loire. 

Dès l’édition 2026 des Rendez-vous de l’histoire (7-11 octobre, thème « Les Marchands »), les RVH se feront l’écho de la réflexion lancée par l’association :
une table ronde intitulée « Un technocrate de l’esclavage : nouveaux regards sur Michel Bégon » avec Pierre-Yves Bocquet (Fondation pour la mémoire de l’esclavage), Philippe Voisin (journaliste et historien) et le soutien de MagCentre.

Cycle cinéma : projections du film Haïti, la rançon de l’indépendance de Wandrille Lanos, suivie d’un débat avec le réalisateur, et de Cobra Verde de Werner Herzog (version restaurée).

3. Bande dessinée avec le concours de la Maison de la BD

« Autonome » au regard de la pièce de théâtre, cette bande dessinée s’inscrit dans une démarche de transmission et de déconstruction. Quelques indices : la traite négrière comme déshumanisation, le secret de famille comme métaphore du non-dit colonial dans les familles françaises, les musées et galeries dans la représentation ou l’effacement des « histoires minorées ».
L’autrice/scénariste est blésoise d’origine guadeloupéenne.

4. « Contre-monument » Bégon / Stèle

Œuvre confiée à un·e plasticien·ne africain·e ou ultramarin·e à installer près de la bibliothèque Abbé Grégoire. Pour déplacer le regard et rendre visibles les absents – les personnes réduites en esclavage par l’ordre juridique que Michel Bégon a contribué à instituer, à l’image de « La table de désorientation », inaugurée le 6 novembre 2025 à Nancy.

5. Hommages aux figures de la résistance à l’esclavage par l’attribution de leur nom

Nouvelles voies, nouveaux bâtiments, équipements ou espaces publics ainsi que la restauration et/ou le déplacement du square Abbé Grégoire. Pour exemple, différentes personnalités sont évoquées : Olympe de Gouges, François Toussaint Louverture, Rosalie Solitude, Louis Delgrès… liste non exhaustive (réflexion dans le cadre du débat citoyen).

6. Jumelage de Blois avec une ville ultramarine profondément marquée par l’esclavage

Ce type de jumelage s’inscrirait dans le cadre des coopérations décentralisées. À travers leur urbanisme et architecture, ports, statuaire, sites et noms de rues, lieux mémoriaux, composition sociale, etc. plusieurs villes ultramarines portent l’empreinte profonde de l’esclavage érigé par le Blésois Michel Bégon.

7. Rencontre agroéconomique annuelle dédiée à la culture et au commerce contemporains des « plantes coloniales » et à « l’économie de plantation »

L’esclavage était le pilier central de l’économie de plantations : système développé du XVIᵉ au XIXᵉ siècle, fondé sur de grandes exploitations agricoles, recourant au travail forcé ou sous-payé, produisant une seule culture exportée vers les puissances coloniales européennes. Cette logique perdure : matières premières agricoles (les plantes coloniales : café, cacao, banane, canne à sucre, thé, vanille, tabac, coton, hévéa…) dont la culture et le commerce sont essentiellement tournés vers l’Europe et l’Amérique du Nord.

Nous visons un événement/colloque annuel dédié à l’héritage des plantations coloniales dans ses dimensions économiques, sociales et écologiques contemporaines.

8. Chaque 10 mai, forte implication dans la Journée nationale annuelle des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions.


À lire :

À Blois, la mémoire de l’esclavage est bien vivante

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