Entre loi intégrale, campagne pour le dépistage du cancer du sein et primaire du PS, nombre de parlementaires venus du Loiret ont marqué ce début du mois d’octobre. Mais pour des actes qui ne font pas voir l’avenir en rose.
Par Mag’Asine
« Mignonne, allons voir si la rose, qui ce matin avoit éclose… », dédiait à Cassandre en 1545 le poète centrevallois Pierre de Ronsard. Œuvre la plus connue de ses Odes, devenue chantre du carpe diem, ce sonnet emblématique permit même à son auteur de donner son nom à un rosier grimpant qui, en 2006, obtint le prestigieux prix de « Rose Favorite du Monde Entier ». Une belle renommée posthume qui résonne étrangement dans le Loiret 20 ans après.
En ce mois d’octobre 2026, quelques parlementaires élus ou issus de ce département semblent avoir plus retenu de la Route de la Rose qui le traverse le foisonnement de leurs épines que leur parfum enchanteur. De Montargis à Orléans, ils ne sont pas moins de quatre à s’être illustrés par des actes polémiques qui, honnêtement, sentaient guère la rose.
Le premier, Thomas Ménager, élu du Montargois et porte-parole du RN à l’Assemblée, s’est illustré par deux fois ces dernières semaines, sans trop de succès, sinon auprès de ses pairs et de son électorat. Son intervention dans la préparation de la loi intégrale pour faire supprimer le mot « femme » dans le projet aura fait chou blanc mais déclenché un tollé, et l’obtention au nom de son parti d’exclure de toute protection les femmes étrangères victimes de violence sous OQTF a fait voir rouge dans les rangs de la gauche.
La seconde, Mathilde Panot, originaire de l’Orléanais et chef du groupe LFI à l’Assemblée Nationale, ne manquait peut-être pas de bonnes raisons en refusant de porter l’insigne de la campagne Octobre rose incitant au dépistage du cancer du sein. Mais en usant abruptement de son habituel franc-parler, elle a surtout choqué l’auditoire par des raccourcis abondamment repris sans recul sur les réseaux sociaux. Ce que la troisième, l’ex-député orléanaise de la 1re circonscription, la Ministre de la Santé Stéphanie Rist ne pouvait laisser passer. Si une rose doit un jour porter le nom d’une des deux, on parie peu sur la première.
Enfin, le quatrième n’est autre que l’actuel Premier secrétaire du Parti Socialiste, Olivier Faure, privé de porter les couleurs du Parti de la Rose aux prochaines élections présidentielles. Dès le premier tour de la primaire, c’est le prétendant Raphaël Glucksmann qui a crucifié en place publique l’ancien du quartier orléanais des Blossières, élève au Lycée Pothier puis diplômé de droit économique à la fac de La Source avant de quitter la région. Arrivé en seconde position, avec seulement 14,46% des voix, il ne peut qu’être amer envers ses camarades qui l’ont abruptement privé du bouquet du vainqueur, tout en l’envoyant…sur les roses.