On est très loin de l’arrivée des premiers engins de chantier. A partir du début novembre le grand public va pouvoir se faire une idée du méga centre de données… Et donner son avis.

Les 200ha de Google par rapport à la zone d’Ozans (document CNDP)
Jamais deux sans trois. La première fois que la presse avait été conviée au lancement d’un grand projet sur la zone d’Ozans c’était pour la pose de la première pierre du bâtiment chinois en juin 2014. Le bâtiment existe bien , mais il n’a jamais servi et les Chinois ont replié leurs drapeaux Eurosity et sont partis. Nouvelle grand messe en mars 2019 pour Green Challenge 36 à la mairie de Châteauroux, cette fois. Siemens et EDF sont les parrains de l’opération menée par un Néerlandais. On reste entre européens mais le projet de centre de données dont la chaleur serait récupérée pour déshydrater de la luzerne n’a pas connu le début d’un commencement. Troisième essai dans les salons d’un grand hôtel de la préfecture de l’Indre, lundi dernier. Cette fois le promoteur est américain et s’appelle Google.
Une concertation pour sortir du brouillard
On a à peu près tout entendu en dix-huit mois sur le projet gigantesque. Les Chinois avaient acheté le château d’Ozans ( qui depuis a brûlé) et 40ha de terrain, les Américains s’installent sur 200ha, soit près de la moitié de la zone Haute Qualité Environnementale ( HQE). Les Berrichons y verront un peu plus clair puisqu’ils vont être invités, tout au long du mois de novembre et jusqu’à la mi décembre, à prendre connaissance du projet, faire part de leurs observations et donner leur avis dans le cadre de la concertation préalable organisée par la Commission Nationale du Débat Public (CNDP).

Les représentants de la CNDP : JL Laure, Romane Harmel_Samarcq et Marie-Claire Eustache.(Photo PB)
Une concertation rendue obligatoire non pas du fait de l’importance du projet de centre de données, mais par l’incidence sur l’environnement de la création d’une ligne à très haute tension nécessaire pour alimenter le site en énergie électrique. Jean Louis Laure, l’un des trois représentants de la CNDP chargés d’organiser cette concertation préalable a rappelé que le rôle de son équipe n’était pas d’orienter les débat mais « La CNDP défend le droit de chacun d’être informé.»
Quinze rendez-vous avec le public
Entre les réunions publiques, les ateliers thématiques, les ateliers dédiés , les rencontres de proximité et les visites de site pas moins de 15 rendez-vous sont proposés entre le 9 novembre et le 11 décembre à Châteauroux principalement, Diors et Déols, dont la réunion d’ouverture de la concertation à la salle des fêtes de Châteauroux le 9 novembre et un atelier « Emploi et Formation « le 3 décembre salle Alexandre Dumas à Châteauroux.
Le projet pourra par ailleurs être consulté sur le site concertation-centrededonnees-ozans.fr
Premier bâtiment à l’horizon 2030
Sarah Raymond , cheffe de projet de l’opération pour Google a rappelé qu’on n’en était encore qu’au stade de la concertation et que le projet avait déjà évolue « En tenant compte des zones humides et des haies notre projet qui prévoyait dix bâtiments à l’origine a été réduit à six ou huit. Pourquoi faut-il voir aussi grand ? Parce que la demande augmente de façon exponentielle et que Google dispose de moins de cinquante centres de données ( 25 aux US, 15 en Europe, 4 en Asie et 2 en Afrique) pour servir sept milliards d’utilisateurs de ses quinze applications. »

L’équipe Google-RTE (droite à gauche ) Cyrille Mounier ( RTE) Bogdan Popescu, Sarah Raymond, Olivier Delcourt (pour Google)(Photo PB)
Le premier bâtiment « Intégré dans un ensemble paysager ». Comportera également une sous station pour accueillir la très haute tension , un transformateurs, des générateurs pour assurer le fonctionnement 24/24…et des modules de refroidissement pour faire baisser la température de l’eau dans le circuit fermé.
Une installation vertueuse dans la mesure ou le système fonctionne avec une énergie décarbonée et avec une consommation d’eau raisonnable ( 1000m3 dans le circuit fermé de refroidissement pour chaque bâtiment) . Le seul point sur lequel le doute n’est pas levé c’est le dégagement de chaleur, récupérée certes pour être intégrée au chauffage urbain, qui pourra également bénéficier aux autres industries qui s’installeront sur la zone, profiter à d’éventuelles serres agricoles, mais l’été, que faire de cette chaleur ?
Un aspect sur lequel le public ne manquera pas d’interroger Google, Mais la première mise en service n’interviendra pas avant 2030.
Des emplois pendant la phase de construction
Les promoteurs du projet estiment à mille le nombre d’emplois générés par le chantier de construction (18 mois pour chaque bâtiment) et évaluent entre 1800 et 2600 emplois pérennes l’installation de Google à Châteauroux. Un chiffre qui sera probablement atteint lorsque toute les unités seront en service, à l’horizon 2040. Des emplois allant de l’ingénieur et de l’administrateur système, au gardien et au jardinier en passant par le personnel de maintenance, la logistique… Des contacts sont établis avec les différents organismes de formation pour que l’on trouve sur place une partie des futurs salariés de Google.

Après avoir accueilli des Chinois et des Européens, Gil Avérous a dit tout le plaisir qu’il avait à voir arriver Google sur la zone d’Ozans. (Photo PB)
Rendez-vous le 9 novembre à la salle des fêtes de Châteauroux à Belle Isle.
« Ozans dire non » mobilise le 17 octobre
Auparavant les opposants au projet ont prévu une journée d’action le 17 octobre à Etrechet , avec marche en bordure du site, tables rondes , diner pique-nique et bal.
A lire aussi sur Magcentre: Google sera-t-il l’ami de Châteauroux ?