En France et en Europe, le prochain passage à l’heure d’hiver aura lieu dans la nuit du samedi 24 au dimanche 25 octobre 2026. On gagne une heure de sommeil : c’est sympa. Puis on réalise qu’il fait nuit noire dès 17 heures : c’est moins sympa. Et comme à chaque automne, la même question revient : pourquoi ne pas garder l’heure d’été toute l’année et continuer à profiter du soleil ?
Une étude publiée dans le Journal de l’Association médicale canadienne (CMAJ) vient jeter un froid sur les partisans de l’heure d’été permanente. Si les scientifiques sont d’accord pour abolir le changement d’heure bisannuel qui perturbe notre horloge biologique, le sommeil et entraîne des pics d’accidents, le choix de l’heure définitive divise les politiques. En effet l’heure d’été permanente a la cote chez les commerçants. Un coucher de soleil tardif favorise les sorties, le shopping et la vie sociale. Sauf que les scientifiques, eux, regardent de l’autre côté du cadran : le matin.
Adopter l’heure d’été en hiver signifie que des millions de salariés, de scolaires sont forcés de se réveiller et de voyager dans une obscurité glaciale. Or, notre horloge biologique interne n’a que faire des horaires de travail : elle a un besoin vital de la lumière du matin pour se synchroniser.
En nous privant de lumière matinale, l’heure d’été permanente aggrave ce que les chronobiologistes appellent le « jet lag social » : un décalage chronique entre notre rythme biologique et nos obligations quotidiennes.
Les conséquences sont réelles et délétères. L’étude du CMAJ rappelle que le manque de lumière le matin accroît la fatigue, nuit aux performances scolaires et augmente la fréquence des dépressions saisonnières. Pire encore, des données géographiques montrent que les populations vivant à la marge ouest des fuseaux horaires — là où le soleil se lève plus tard — souffrent davantage de troubles métaboliques, de maladies cardiovasculaires et de dépressions.
Si l’heure d’été permanente profite aux adeptes de barbecues prolongés, l’heure d’hiver (ou heure standard) est la seule qui respecte notre physiologie. Elle aligne nos réveils avec le soleil et protège notre sommeil et notre forme physique.
En reculant nos montres et réveils d’une heure le dernier dimanche d’octobre, acceptons de voir la nuit qui tombe tôt. Le matin venu, notre cerveau nous remerciera.