Du 27 au 31 octobre, onze pianistes âgés de 18 à 35 ans vont offrir, à la salle de l’Institut et au Théâtre d’Orléans, un véritable festival faisant la part belle à la musique pour piano du XXe siècle à nos jours. Orléans Concours International organise ici un événement unique au monde empli d’audace et de sens. Maria Grazia Bellocchio, pianiste italienne professeure au Conservatoire de musique de Milan, y est la présidente du jury.

L’Institut, lustre calme et virtuosité. Photo Patrick Nachbaur.
Hautes notes d’intention emplies d’âme
Pour cette dix-septième édition du Concours International de piano d’Orléans, les interprètes, virtuoses sélectionnés pour ce festival, ont adressé de passionnantes notes d’intention concernant leurs différents programmes proposés au fil des épreuves. L’intégralité de ces propos (y compris ceux d’une pianiste japonaise qui vient malheureusement de se désister pour raison de santé) se retrouve
sur le site d’Orléans Concours. Sur ce dernier, les mélomanes peuvent également découvrir les vidéos du premier tour dont les épreuves se sont déroulées à Francfort, Chicago et Shanghai. Rappelons que c’est lors de ce premier tour que l’on a pu entendre différentes pièces concourant pour le Prix Chevillon-Bonnaud, œuvres de compositeurs invités à s’inspirer de la toile Saint-Thomas de Velázquez, qui se trouve présentée aux cimaises du musée des Beaux-Arts d’Orléans.
Vaste répertoire pour récital hors normes
Lors de ce concours international unique au monde, la création sera de mise avec l’interprétation de Paréidolie, de Michaël Levinas, commande de l’organisation du concours.
Michaël Levinas : « Une paréidolie est le processus mental qui consiste, face à des stimuli visuels ou auditifs, à tendre à reconnaitre une forme antérieurement mémorisée. Avec Paréidolie, j’ai souhaité établir, entre le mouvement créateur et le phénomène de transmutation mémoriel de l’écriture, une relation nouvelle avec l’histoire des écritures musicales qui ont déterminé l’évolution du langage et des formes jusqu’à aujourd’hui ».
Outre cette commande, des œuvres du grand répertoire et de la musique contemporaine seront offertes aux oreilles des mélomanes. Elles seront entre autres signées Dane Rudhyar, Karol Szymanowski, Pierre Boulez, Isang Yun, Elliott Carter, André Boucourechliev, Francis Poulenc, Anton Webern, Edison Denisov, Luciano Berio, Betsy Jolas, Maurice Ravel, Henri Dutilleux, Gabriel Fauré, Albert Roussel, Olivier Messiaen, Sergueï Prokofiev, Béla Bartók, Alexandre Scriabine, etc. À noter que la nouvelle version du Concerto Conciso de Thomas Adès, pièce imposée, sera donnée cette fois par les finalistes en compagnie de l’ensemble Intercontemporain.
De nombreux prix, un intense accompagnement
En marge du concours et pendant deux ans après l’attribution des prix, dont le 1er Prix Fondation ORCOM – Blanche Selva – 12 000 €, le concours accompagne ses lauréats dans le développement de leur parcours en tant que pianistes professionnels. Pour construire une carrière solide et sur le long terme, il leur offre un conseil artistique, en management et en image. Ce soutien est ainsi valorisé par les diverses opportunités offertes : la mise en relation avec les compositeurs et les acteurs du monde de la musique contemporaine pour enrichir le parcours artistique du lauréat ; enregistrement en studio professionnel sur un projet inédit pour le Premier Prix du Concours ; organisation de tournées nationales et internationales ; engagement pour des concerts, conférences et événements autour du piano en partenariat avec de prestigieuses institutions musicales en France et dans le monde entier, et notamment le réseau Steinway Prize Winners Concerts.
Isabella Vasilotta : « La liberté de jouer en public »
Que viennent chercher ici les candidats ? Pour Isabella Vasilotta, directrice artistique : « Cela se confirme à chaque édition. Tous ces candidats, qui ont préparé sur deux ans quatre heures de programme, de quoi faire preuve de maturité en composant un véritable récital, viennent en fait chercher quelque chose de très important, la liberté de jouer en public un répertoire qui leur tient à cœur. Une carrière de pianiste est l’œuvre de toute une vie et notre concours entend étayer ses premiers pas. »
Quelques mots à propos du jury ? Nouvelle réponse d’Isabella Vasilotta : « Ce sont des personnes que j’estime et que j’aime infiniment, ce sont des personnalités rares, des spécialistes mais pas que. Chacune fait montre d’une esthétique ouverte, d’un engagement sensible pour l’art, l’écoute et la culture. En vérité, à chaque édition, le concours s’enrichit par la présence d’un jury dont je recueille humblement le sens artistique. »
Propos de jeunes candidats virtuoses
Pour conclure, voici les quelques passages des notes d’intention de candidats. Selon Linda Ruan : « Ensemble, ces œuvres dessinent un parcours allant du temps cosmique au crépuscule intime jusqu’à l’enchantement théâtral. » Pour Milosz Sroczynski : « Voici les images qui restent. Cette épreuve parle de la tristesse des choses qui passent. Ce qui demeure sous forme d’ombre ou d’écho est aussi ce qui a déjà disparu. Les oiseaux tristes de Ravel chantent – et chaque appel revient plus doucement – se dissolvent dans la chaleur de midi, à la fois présente et déjà absente. Saunders écrit avec l’ombre : chaque son est entendu à travers le silence qui peu à peu l’absorbe. »
À lire encore ces quelques mots de Mattia Fusi : « Mon intérêt pour la musique contemporaine est né durant mes années d’études au travers d’une étroite collaboration avec de jeunes compositeurs. Me confronter à des langages musicaux et processus créatifs visant à remodeler ma compréhension de l’interprétation, ouvrant un espace où la performance devient un acte actif de l’exploration et de l’échange artistique. »
Georgy Krizhnenko, enfin : « En sortant au grand air, il est fascinant de réaliser que la musique ne se limite pas aux sons que nous produisons avec un instrument. Les cris et les bavardages des enfants, les échos des musiciens de rue, le clapotis d’une rame sur l’eau, le chant plaintif d’une grenouille au crépuscule au bord d’un lac, ou même les battements affolés de son propre cœur. Tout cela possède un rythme, un registre et un caractère. »
Le programme en public
- Demi-finale récital, deuxième épreuve à l’Institut. Du 27 au 30 octobre, salle de l’Institut.
Plein tarif : 10 € par jour. Tarif réduit : 5 € par jour. Gratuit : moins de 18 ans, élèves des écoles de musique et des conservatoires.
Billetterie sur place.
Billetterie en ligne : www.helloasso.com/associations/orleans-concours-international
- Finale au théâtre d’Orléans. Le 31 octobre à 15 heures. Billeterie sur le site du Théâtre d’Orléans www.theatredorleans.fr
- Concert des finalistes au Théâtre des Bouffes du Nord, Paris. Lundi 2 novembre à 20 heures. Billetterie : sur le site du Théâtre parisien www.bouffesdunord.com
- Matinée du piano, concert d’ouverture à l’Institut. Dimanche 25 octobre à 10h45. Récital de Filippo Gorini Salle de l’Institut. Filipo Gorini est le 1er Prix du Concours international Telekom Beethoven Bonn 2015. Tarif : 10€. Tarif adhérent : 5€. Gratuit : moins de 18 ans, élèves des écoles de musique et des conservatoires. Billetterie sur place le matin du concert, à partir de 10h15. En ligne sur www.helloasso.com
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