La 25e édition du festival Lisztomanias se referme sur un succès populaire. Après George Sand, place à Beethoven dont on célébrera le bicentenaire de la disparition en 2027. Entre Beethoven et Liszt, les connexions sont multiples.
Lundi soir, Bertrand Chamayou, après une première partie consacrée aux « Romances sans paroles » de Mendelssohn, a offert au public une véritable performance sur une pièce contemporaine utilisant son piano comme un percussionniste ou bien frottant et pinçant les cordes en plus de l’usage habituel du clavier. Photo PB
Il a fallu vingt-cinq éditions, mais ils l’ont fait. Remplir complètement la grande salle d’Équinoxe et ses mille places pour un concert des Lisztomanias. La performance est signée d’un pianiste français : Alexandre Kantorow. Accompagné de l’orchestre Consuelo, le trentenaire titulaire du Grand Prix Tchaïkovski, récompense suprême dans sa discipline, triomphe sur toutes les scènes du monde. Sa présence à Châteauroux pour interpréter notamment les préludes de Liszt et le deuxième concerto pour piano de Rachmaninov était un événement à ne pas rater. Effectivement, les mélomanes étaient au rendez-vous.
On vient pour Liszt à Châteauroux en octobre
Un succès qui ravit évidemment le programmateur, Jean-Yves Clément, directeur artistique des Lisztomanias : « La soirée d’ouverture avec Lambert Wilson a également attiré beaucoup de monde, mais au-delà des stars nous enregistrons une billetterie en hausse pour tous nos concerts, et cela, c’est réconfortant pour l’équilibre financier. Ça l’est aussi pour nos partenaires tant institutionnels que privés. Les concerts dans les cafés participent par ailleurs à la venue de jeunes dans nos salles. Il y a un rajeunissement du public. On touche un nouveau public autour de nos habitués qui viennent parfois de très loin pour vivre ce festival à Châteauroux. »
Anaïs Cassiers, une lionne derrière son clavier qui croque la musique à belles dents. Une des cinq solistes de l’académie Liszt 2026 que l’on pourrait bien revoir un jour sur la grande scène d’Équinoxe. Photo PB
Les Lisztomanias humanitaires qui mettent en pratique le vœu de Liszt de partager la musique avec ceux qui sont éloignés des salles de concert continuent elles aussi de progresser : un millier d’écoliers sont venus écouter du piano à Équinoxe avant les vacances de Toussaint.
Un effet 25e à prolonger
Le problème avec les anniversaires, c’est l’édition suivante. Là, non seulement on célébrait la 25e édition, mais avec l’anniversaire des cent cinquante ans de la disparition de George Sand, l’Indre devenait un but de voyage tout au long de l’année. Mais après ? « C’est vrai que je n’aime pas les lendemains d’anniversaire, reconnaît Jean-Yves Clément, mais 2027 m’offre un thème fort. On célébrera cette fois les deux cents ans de la disparition de Beethoven. Or entre les deux musiciens, les connexions sont multiples. Liszt n’a rencontré Beethoven qu’une seule fois, à l’âge de onze ans, mais il avait pour professeur le meilleur élève du prodige allemand auquel il vouait une admiration totale. » Le thème est trouvé. Il ne reste plus qu’à réunir un plateau d’interprètes aussi brillants que ceux de la 25e édition. Mais la renommée des Lisztomanias ouvre bien des portes… et des agendas.
Plus d’infos autrement :
Lisztomanias 2026 : Liszt et George Sand, évidemment