Voici un coup de patte, une griffe, une signature des plus rares. Le peintre orléanais expose quarante œuvres, huiles sur toile de grand et de petit format, à la galerie L’Art Ancien. Magnifique variation de visions aux cimaises.

Daniel Gélis et Philippe Vasseur à l’atelier. Photo : JDB.
Une beauté plastique et poétique saisissante
Voici des navires translucides posés à fleur de sable et de varech alors que la mer s’est retirée sous une embellie de lumière océane. Voici des eaux à la transparence mystérieuse où dansent les remous sur lesquels affleurent les nymphéas. Voici une maison, apparition délicatement de guingois juchée en front de grand large. Ailleurs se dessine un enfant jouant au cerf-volant sur une plage, à savoir cette toile finement tramée d’un essaim solaire de grains de sable. Plus avant dans le paysage offert par les cimaises, se lovent des coques d’esquifs, bord contre bord, et dont les filins semblant pétrifiés par un givre improbable sont filaments ciselés d’écume.
Continuant de défricher son œuvre en empruntant un fil sensible pour lequel sont harmonieusement tressées abstraction et figuration, Daniel Gélis, « peintre transfiguratif » offre aujourd’hui à L’Art Ancien, à l’invitation du galeriste Philippe Vasseur, quarante toiles, petits et grands formats à la beauté plastique et poétique prenante et saisissante.
Lors d’une rencontre avec l’artiste, ce dernier affirme être un « défenseur acharné du métier » et confie qu’il sait aussi, dans l’atelier, face au chevalet, apprivoiser les accidents de la création en devenir, s’attacher à les comprendre, composer avec eux et voir, en ces chemins de traverse, des cadeaux que lui adresse la peinture elle-même. Tout cela sans pour autant lui faire perdre l’aboutissement entrevu, désiré à plaisir, cette idée même du projet à réaliser.
Lorsque la matière devient fusion de lumière
Fidèle à ses fondamentaux, entre autres l’air, l’eau et leurs mystères, le peintre de la Sologne et des marines présente ici une variation de tout son savoir-faire, de tout son savoir d’art, jouant avec le plein et le vide, célébrant la triangulation de la composition, l’équilibre des masses, le trait incisif de douceur, la matière qui devient elle-même fusion de lumière.

Racine de Loire. Photo : DR.
Ici, impossible de ne pas s’abandonner à ce qui se révèle, sous l’image ou le mirage, cette intention du geste pur qui se révèle de manière touchante et magique dans la toile. Cette sincérité et l’engagement dans l’évocation si personnelle de la grâce agit comme un charme.
En vérité, à l’Art Ancien, nous retrouvons l’intime et le flamboiement de l’œuvre harmonieuse de ce maître. Continuant d’écrire la grande histoire de son expression sans cesse renouvelée, un bonheur en cachant toujours un autre à chaque accrochage, Gélis propose aussi intimisme, intérieurs et bouquets, jardins vaporeux, luxueux et féerique manège dans un parc, une scène d’enfants, l’évocation de l’aimée, les futaies, l’orée d’une foule heureuse et contemplative devant l’espace, les racines ambrées de branches tendues vers le ciel, le ballet suspendu de montgolfières s’élevant au cœur des volutes du glacis.
Bref, voici une admirable exposition, de célestes petits formats et de grands formats faisant montre du vertigineux et serein aplomb d’un talent accompli.
Exposition Gelis, du 7 au 28 novembre 2026,
Galerie L’Art Ancien, 32, rue Jeanne d’Arc, Orléans.
Du mardi au samedi, de 10 heures à 12 heures et de 14 heures à 19 heures.
Galerie ouverte le 11 novembre, de 14 heures à 19 heures. Tel. : 02.38.62.09.75.

Futaie blanche. Photo : DR.
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