Ouvert il y a à peine deux ans, l’Infrared
fermera ses portes fin janvier. C’est bien dommage car cette salle en sous sol, en plein cœur de ville, était rapidement devenue un lieu incontournable de la musique orléanaise avec près de trois cent groupes programmés sur cette petite scène devant un public d’aficionados de plus en plus nombreux.
Certes, l’aménagement et la technique étaient rudimentaires (et entièrement financées par le propriétaire des lieux), mais l’Infra, c’était surtout un lieu, une ambiance, une musique dont la programmation éclectique avait le mérite de l’indépendance: scène devenue incontournable pour tous les groupes orléanais, mais aussi lieu de découverte musicale, avec quelques concerts de légende comme celui de Little Bob en octobre dernier…
Que va-t-on faire samedi soir doivent se dire pas mal de jeunes (et moins jeunes) d’Orléans et d’ailleurs, que cette fermeture va priver de concerts gratuits ? Où va-t-on pouvoir se produire dorénavant, s’interrogent bon nombre de musiciens orléanais ?
Et oui, il faut bien se poser la question des finances pour expliquer cette fermeture. A l’évidence, organiser des concerts gratuits en payant ses charges et les musiciens n’est pas viable sur les seules recettes de consommation. Pour autant, ces concerts, n’en déplaise à certains, contribuent à la vie culturelle de la ville, à son animation et à son attractivité touristique.
Il serait temps que nos élus cessent de considérer ces musiques “jeunes” que sous l’angle de la chasse aux décibels qui dépassent (ce qui n’était pas le cas pour l’Infrared), et se décident plutôt à soutenir ces lieux qui prennent le risque de donner une autre image à la ville d’Orléans.
Une ville sans musique est une ville morte !
Gérard Poitou