Rédigeant comme chaque semaine l’agenda culturel, je découvre avec stupeur qu’un désert culturel de quinze jours s’ouvre devant nous… La cause, les congés scolaires, mais diable tout le monde n’est pas encore prof ou étudiant dans ce pays !
Pour tous les salariés et autres pauvres qui ne vont pas au ski, c’est à dire l’immense majorité que nous sommes, c’est quinze jours d’inculture sans théâtre, sans danse, sans concert… C’est quinze jours de sevrage, un peu comme si les restaurateurs décidaient de fermer tous en même temps pour prendre quelques vacances.
A Noël, on a déjà la trêve des confiseurs que l’on meuble par diverses festivités religieuses ou païennes, et puis l’été, c’est le grand trou de trois mois: heureusement on a quelques festivals, la guinguette et le soleil pour oublier. Mais là, alors que le printemps ne nous laisse pas encore le loisir de profiter des bords de Loire, “Que faire ?” (Lénine). Espérons quelques bons films au cinéma dont les programmes sont envahis par les films pour enfants… et à défaut un bon bouquin à découvrir dans la rubrique de Magcentre.
Les intermittents du spectacle se rappellent ces temps-ci au bon souvenir du Medef en arguant du caractère vital de leur activité dans l’économie du pays, il serait bon que nos institutions culturelles ne l’oublient pas en privant le public de culture pour cause de vacances.
Et nos élus, bien sûr, en cette période électorale, eux qui ne subventionnent jamais assez ces institutions, ne devraient-ils pas imposer la continuité du service culturel au même titre que les autres services publics ?
Exigeons l’étalement de la vie culturelle, pour dire comme en mai 68: “La culture c’est comme la confiture, moins on en a plus on l’étale”.
Gérard Poitou