
Michel Barnier à son arrivée salle Yvremont.
L‘ancien ministre et le commissaire Michel Barnier ont réussi leur premier meeting à Olivet avec des ambitions fortes pour le scrutin du 25 mai.
Dans une réunion UMP tenue à Olivet en présence de plus de 400 personnes coprésidée par Brice Hortefeux, l’ancien ministre de l’Intérieur et le commissaire européen Michel Barnier il y a forcément le bon et le méchant. Le bon, l’européiste Michel Barnier –qui habite le Loiret- avocat passionné de l’Europe et le « méchant » Brice Hortefeux chargé aussi de tirer à vue sur le gouvernement. Au milieu Eric Doligé qui attend une forte mobilisation le 25 mai ce qui réjouirait le président du conseil général qui fêtera le jour même son 71ème anniversaire.

Catherine Soullie.
Dans ce tableau de chasse il y a aussi une victime collatérale, Catherine Soullie l’Olivétaine qui fut députée européenne entre 2009 et 2011 lorsque Brice Hortefeux dû lâcher son siège pour rejoindre son ministère. Comme le rappelle Eric Doligé, le Loiret est démographiquement et économiquement le département le plus riche de cette grande circonscription Auvergne-Centre-Limousin qui compte 13 départements et plus de 5 millions d’habitants. Et pourtant, Catherine Soullie n’occupe que la quatrième place de la liste UMP et donc sans aucun espoir d’être élue. À l’inverse d’Angélique Delahaye, agricultrice en Touraine propulsée à la deuxième place. « Mais Catherine siègera au Parlement européen rassure Brice Hortefeux, il serait étonnant qu’un siège ne se dégage pas en cours de mandat ».
Message national le 25 mai !
La démission d’un élu, une nouvelle nomination ministérielle de Brice Hortefeux après une hypothétique victoire de Sarkozy en 2017 et Catherine Soullie –que l’on dit en privé furieuse et vexée d’avoir été reléguée- pourrait donc partir pour Strasbourg et Bruxelles.
Pour Brice Hortefeux, le message du 25 mai doit être « européen et national ». Certes il n’oublie pas de rappeler les grands engagements de l’UMP pour cette campagne qui doit être « joyeuse, grave et déterminée ». Le mouvement se bat ainsi pour refuser tout élargissement -d’abord à la Turquie- en cours de mandat mais aussi pour la protection des frontières européennes et la maîtrise des flux migratoires. L’ancien ministre se mobilise d’ailleurs pour la suppression du commissaire à l’élargissement et sa transformation en commissaire à l’immigration.L’UMP veut encore l’harmonisation fiscale et sociale et le « retour aux fondamentaux » : en clair que l’Europe cesse de se mobiliser sur les débats de société. Mais pour Hortefeux le message du 25 mai doit aussi être national : « dans une paire de claques il y a toujours un aller et un retour. L’aller a été donné avec les municipales, le retour doit venir avec les européennes ».
« Être unis sinon on est foutus ! »

Le commissaire européen, Michel Barnier.
Évidemment le discours est différent avec Michel Barnier. Contraint par le devoir de réserve en raison de son statut de commissaire européen, il participait au meeting avec sa casquette de vice-président du Parti Populaire Européen. Il recentre son discours sur la seule Europe. Lassé de « recevoir des leçons de patriotisme », y compris de ses propres amis, Michel Barnier refuse le « repli sur soi de l’Europe derrière une ligne Maginot » et dénonce la revendication de protectionnisme : « la bonne protection c’est d’investir pour une politique industrielle européenne ». À l’image de la PAC, il plaide en effet pour « plus d’Europe » dans l’énergie, le numérique, la défense. Le commissaire qui a initié 41 lois de « régulation financière » dénonce donc la « dérive ultra-libérale de l’Europe » et plaide pour une « reprise en main : « pour rester libres, indépendants et souverains, pour ne pas devenir des sous-traitants des Américains ou des Chinois, il faut être unis en Europe, sinon on sera foutus ! ».
Jean-Jacques Talpin