Les Intermittents annulent la présentation de la saison à la Scène Nationale d'Orléans

intermittents

Tout était prévu pour cette présentation de la saison de la Scène Nationale d’Orléans, les musiciens du Tricollectif avaient entamé une partie de ping pong sur la scène, les programmes 2014-2015 distribués au public et les verres du cocktail attendaient dans le hall… C’était sans compter avec le durcissement du mouvement des intermittents du spectacle qui sont venus en délégation mettre fin à un spectacle qui n’avait pas encore commencé. Déployant une banderole en fond de salle puis sur la scène, ils ont demandé au directeur de la Scène Nationale d’annuler cette présentation de la saison de la Scène Nationale. L’ambiance était plutôt tendue avec un public, qui pour une part criait à la prise d’otages, alors que d’autres soutenaient les revendications des intermittents.

Dommage que seule la colère, sans doute légitime, se soit exprimée, et que les intermittents n’aient pas profité de l’occasion pour expliquer leurs revendications en dialoguant avec le public présent.

“Le Molière de la Trahison”

Ce durcissement du mouvement des intermittents s’était déjà manifesté par l’attribution d’un “Molière de la Trahison” à François Rebsamen, ministre du travail qui a qualifié ce prix “d’injuste, d’infamant e d’insultant !”. On le voit, le courant ne passe plus entre les intermittents et le ministre du travail qui refuse de revoir le protocole d’accord signé entre le Medef et deux syndicats inexistants chez les intermittents et ce malgré la demande de 80 élus socialistes.

Menace sur les festivals d’été

Mardi soir, la première représentation du 28 ème Printemps des Comédiens de Montpellier a été annulée sur intervention des intermittents, alors que le Printemps des Comédiens est considéré comme le premier des festivals de l’été. Les représentations de mercredi et jeudi soir ont également été annulées avec une grève reconductible.

On en est pas là à Orléans, mais le durcissement du mouvement dans les jours qui viennent pourrait encore réserver des surprises…

Gérard Poitou

Voir l’article de Magcentre: http://www.magcentre.fr/spectacle-naura-pas-lieu-place-du-martroi/

Commentaires

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  1. Les spectateurs crient à la prise d’otages ! Quand ces mêmes spectateurs, souvent enseignants, font grève demandent-ils aux usagers parents d’élèves ou autres leur accord ?
    Les artistes et techniciens du spectacles relevant du système d’intermittence se sentent floués à juste titre. L’accord signé le 22 mars a été signé par des organisations représentatives au sens administratif du terme (cfdt, fo, cftc) mais pas du tout représentatives des travailleurs de ce secteur. Il en est de même des syndicats patronaux qui ne représentent pas les employeurs du spectacle vivant, associations, compagnies etc…
    Des propositions soutenues par les Comités de suivi, créés en 2003, n’ont pas été étudiées par les organisations signataires alors même que ces propositions ont été reconnues par des économistes comme facteur d’économie et susceptibles de pérenniser le régime.
    Soutenons le combat des artistes et techniciens du spectacle vivant !

  2. De tout coeur avec les intermittents du spectacle, artistes et techniciens. Il y en a assez de cette politique menée par un gouvernement soit disant de gauche, sous le charme du MEDEF et qui se traduit, pour les intermittents et pour bien d’autres par la remise en cause de droits, le développement de la précarité et des reculs sociaux.

    Michel RICOUD
    Conseiller général du Loiret
    Conseiller municipal d’Orléans
    Front de Gauche ( élu PCF)

  3. D’accord avec Pierre Perrault il a tout dit plus haut.
    Il faut soutenir cette lutte des Intermittents, il n’ y a pas d’autre chose à faire si on veut que le spectacle vivant reste de qualité, si l’on veut que ces métiers toujours précaires mais absolument nécessaires restent dans la professionnalisation . On voit de plus en plus de retour au bénévolat déguisé avec cet argument imparable ( surtout à l’égard des artistes ) :” ça vous fera connaître !” .
    Disons aux intermittents que leur lutte est juste et utilisons les réseaux sociaux pour exposer à tous les raisons de cette justesse. Nous avons besoin des intermittents et de leurs compétence pour que la qualité reste et pour cela ON NE DOIT PAS TOUCHER A LEUR STATUT tant pis pour le MEDEF qui a toujours fustigé celui ci. Après tout il y a sans doute moyen de réduire les déficits sans punir les travailleurs.
    Les spectateurs, consommateurs de culture doivent être solidaires .

  4. Pour ce sujet comme pour mille autres, le “maître-mot” en France semble être “ON NE DOIT PAS TOUCHER A LEUR STATUT”. Et quand on a dit ça, tout est dit et aucun dialogue n’est possible. Dommage, dommage …

  5. Si, si, on doit toucher à leur statut actuel…. et revenir au 507h sur 12 mois !

  6. et cela aurait pu être évité si les politiques , dont c’est leur métier, avait pris le temps d’étudier cette politique culturelle et ces changements assassins. Je ne comprend pas tout, cependant, La CULTURE est plus qu’importante pour garder la république debout. sans culture, sans intermittent, c’est la voie aux Talibans, aux fous de dieu et aux barbares sans cervelle.
    ON VEUT de la POESIE et du REVE !!!!!!!
    et s’il faut mettre le feu pur avoir de la poésie, on le mettra, et ce ne sera pas de notre faute, qu’on se le dise. ils nous donnent l’autorisation d’être violent et de tout brûler…attention…

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