Subtile voie que cette exploration musicale de textes poétiques proposée par Lila Tamazit (voix) et Sébastien Boisseau (contrebasse) ce mardi soir au Temple.
“Au commencement était le verbe”
Entre lecture et chant, entre prose et poésie, Lila met en voix des textes de Faulkner, Guillevic, Guerashim Luca, Neruda, Youcef Sebti, dans une étonnante psalmodie qui nous rappelle que la musique est d’abord voix, scansion des mots créant par la diction, une rythmique répétitive dont la mélodie suscite l’émotion.
“Et le verbe se fait chair“.
Avec un plaisir non feint, Lila donne du son au sens avec une superbe récitation chantée, le texte poétique se vocalise alors dans une dimension sonore, parfois physique, les mots prennent ainsi corps par la voix. Et la contrebasse, ne se contentant pas d’accompagner, joue sa partition improvisée en contrepoint de la voix.
Si la sensation musicale a parfois dérouté le public, ce duo que l’on pourrait qualifier “d’avant garde”, ne fait que se réapproprier un champ musical qui fonde le lien entre le mot et la note.
Gérard Poitou
Avec Lila Tamazit (voix), Sébastien Boisseau (contrebasse) et Mathieu Donarier (saxo)