Mon humeur s’en ressent, mon comportement aussi ce qui ne m’empêche pas de souhaiter que les autres n’aient pas perdu les leurs et en fassent bon usage à mon égard.
Rien ne s’oublie plus facilement que les bonnes manières. Les mauvaises se font un tel plaisir d’occuper le terrain ! Marchant sur les traces séculaires de dames de l’aristocratie bien pensante, l Nadine de Rothschild produisit naguère un code de bonne conduite qui eut du succès à défaut d’avoir de l’effet. L’opinion brocarda la baronne qui n’en eut cure et fit au moins un émule.
Associé à la SNCF
L’animateur de télévision, Julien Lepers a relevé le gant avec un « Les mauvaises manières ça suffit » tonitruant. Associé à la SNCF qui en connait un bout de rail en matière d’incivilités subies et constatées, a choisi la journée de l’amitié pour lancer son pavé (718 pages) sur la ligne TGV, Paris-Marseille. En cinq parties l’auteur y passe en revue le vivre ensemble qui commence par la bonne présentation de soi. On y trouve quelques perles qui, bien sur, ne peuvent relever que des autres. Il est évident que seuls les autres reniflent, que nous n’avons jamais débarqué chez quelqu’un à l’improviste, que nous sommes toujours à l’heure, qu’au volant nous sommes des champions du code de la route et que nous ignorons les noms d’oiseaux que d’autres balancent par les vitres baissées, que nous ne menons pas pendant tout le trajet dans les transports en commun une conversation bruyante avec un partenaire lointain à partir de notre téléphone portable. Ce que vous avez pris au petit déjeuner ou vos relations avec votre belle-fille n’intéressent que vous , c’est évident !
Remontage de testicules public
Julien Lepers va plus loin encore, il évoque la propreté corporelle, les ongles en deuil, le remontage de testicules public de certains messieurs, le recalage de seins dans le soutien-gorge tout aussi public de certaines dames et n’hésite pas à rappeler le protocole pour un bon usage des urinoirs. Bref, tout y passe y compris les variantes d’un pays à l’autre. En Hongrie, on ne trempe jamais d’aliments dans sa boisson chaude, en Iran on se déchausse avant d’enter chez quelqu’un, donc il vaut mieux ne pas avoir de trou dans ses chaussettes, au Vietnam on sourit même si on n’est pas de bonne humeur.
De nombreux réseaux sociaux comme beaucoup de gens dans les conversations privées et autour de la table dominicale ont tourné en dérision ce combat contre les mauvaises manières et la journée de la gentillesse. Est-il si mauvais de rappeler que les premières sont à fuir et que l’ouverture aux autres réjouit le quotidien ? A chacun d’en juger.
Françoise Cariès
« Les mauvaises manières ça suffit »,
Julien Lepers (Michel Lafon) 718 pages, 20, 95 euros