
Les 21-22-23 novembre 2014 aura lieu la 31ème édition du festival de bande dessinée de Blois : BD Boum. Le festival met cette année à l’honneur Etienne Davodeau. En plus des traditionnelles dédicaces d’auteurs; des expositions, des espaces dédiés à la jeunesse, des rendez-vous, des formations ainsi que remises de prix animeront le week-end.
Gratuit pour le 9 ème art
L’association BD Boum est née en 1984 à Blois, avec le concours d’enseignants, de membres de l’éducation populaire et de travailleurs sociaux. Chaque année, pendant trois jours, le festival accueille 180 auteurs (dont la moitié invités par des maisons d’éditions), 72 exposants et environ 22 000 visiteurs, ce succès populaire s’explique en partie par le fait que l’entrée du festival est gratuite, ce qui est unique pour un festival de cette ampleur. Jean-Pierre Baron, président du festival s’exprime sur cette spécificité du festival : « c’est une réalité, l’intérêt de la gratuité dans un festival de ce genre c’est que ça permet à tout le monde d’avoir accès au 9ème art, d’avoir accès à des lieux de culture sans avoir à sortir de l’argent, sans la gratuité je ne vois pas pourquoi les bénévoles donneraient des milliers d’heures par an. C’est ce qui permet à des écoles de venir, c’est ce qui permet aux enfants de découvrir la lecture. La gratuité c’est un point important auquel tous les adhérents de BD Boum sont attachés ».
Le festival, cultive sa différence par une activité annuelle qui s’adresse à tous : scolaires, publics difficiles, (l’association intervient en milieu carcéral, dans le cadre des Contrats Urbains de Cohésion Sociale), professionnels du livre et grand public.
M Baron ajoute :« L’originalité du festival c’est son implication à l’année au niveau des scolaires, au niveau des publics empêchés, au niveau de notre vision non seulement artistique, mais aussi pédagogique et citoyenne à travers un média tel que la bande dessinée comme par exemple nos actions en direction de l’illettrisme et des personnes qui n’ont pas toujours la parole et à qui nous la donnons ».
BD Boum est devenu l’acteur incontournable « bande dessinée » d’une envergure régionale, voir nationale.
Une vocation pédagogique
Dès sa création, le projet associatif s’est élargi avec une orientation pédagogique. La manifestation entend proposer un projet différent, décliné à travers des orientations artistiques mais aussi sociales et citoyennes. Au cours des années, le festival a développé sa démarche éducative avec le concours d’auteurs. L’association propose aux élèves participants à la journée jeunesse du vendredi de rencontrer des auteurs. Ces derniers feront découvrir leur métier et ainsi leur permettront de mieux appréhender et comprendre les secrets du neuvième art. C’est un moment privilégié pendant lequel les auteurs pourront exposer leur vision du monde de la BD ainsi que leurs travaux. Ils seront disponibles pour répondre aux questions des élèves, grâce à une étude préalable des œuvres en classe. De plus, un Centre de Ressources Pédagogiques propose des outils pour les enseignants.
La vocation pédagogique du festival s’entretient aussi avec la mise en place d’animations et d’ateliers encadrés par des adultes et certains auteurs pour les enfants de 6 à 8 ans qui auront lieu à la salle espace jeunesse « la Fabrique ». Le président du festival précise que « sur le week-end, on a un peu plus de 100 classes, ce qui le vendredi doit faire entre 2000 et 2800 enfants, le samedi et le dimanche c’est difficile à comptabiliser, cela représente 500 à 600 enfants, il y a plus de 3000 enfants sur les trois jours ».
Des débats sur des thématiques sociales s’appuyant sur la bande dessinée auront lieu au bar de la halle au grains le dimanche à 10h30 lors d’un café littéraire « le droit de dessiner – dessiner des droits ». Une rencontre avec Guillaume Bouzard sur les publics éloignés des pratiques lectorales aura lieu le vendredi au Conseil général.
Cette implication pédagogique se traduit également par la présence d’auteurs pour la mise en place de stages pour adolescents et adultes avec la rencontre sur le thème « l’écriture de scénario BD » animée par Olivier Ka jeudi et vendredi. Ainsi que l’organisation de formations pour les professionnels du livre le vendredi 21 à l’auditorium de la bibliothèque Abbé Grégoire avec Manuel Picaud le matin et David Vandermeulen l’après midi.
Etienne Davodeau : le Grand Boum
Le festival récompense certains auteurs de différents prix : le prix ligue de l’enseignement pour le jeune public, le prix région Centre qui récompense une BD pour sa portée citoyenne, le prix Jacques Lob qui distingue un auteur ayant publié plusieurs albums, le prix de la Nouvelle République qui vise à promouvoir un auteur de la région de la zone de diffusion du quotidien, le prix Conseil Général qui met en valeur une BD pour les 11-15 ans, le grand prix de la critique, le trophée BD de la différence. Mais le prix dont tout le monde attendra le verdict avec impatience sera le Grand Boum.
Le Grand Boum-ville de Blois consacre chaque année un auteur pour la qualité de l’ensemble de son œuvre. Le lauréat du Grand Boum dessine l’affiche du festival et une exposition lui est consacrée. Le Grand Boum élu en 2013 est Etienne Davodeau. Ce dernier s’exprime à propos de l’affiche qu’il a réalisé : « j’avais des contraintes techniques, une histoire de formats très variés, j’avais cette idée de travailler presque à rebours de ce que je fais en bande dessinée où le dessin me sert de véhicule pour l’essentiel qui est la narration alors que pour une affiche le dessin doit accrocher l’œil tout de suite, une idée simple pour que tout de suite on puisse identifier de quoi il s’agit, c’est vraiment pour moi deux pratiques opposées graphiquement mais assez complémentaires puisque c’est assez plaisant d’aller sur un terrain qui n’est pas celui qu’on explore habituellement »
Une rétrospective de l’œuvre de Davodeau est installée à l’expo 41, rue de la Voûte-du-Château. Une visite commentée de l’exposition par Patrick Gaumer, auteur du Larousse de la BD, et une rencontre avec l’auteur se tiendra le dimanche 23 novembre à 11 heures. L’exposition est déclinée en trois grandes parties : les copains d’abord, qui présente les collaborations d’Etienne Davodeau, chroniques/fictions, qui met en valeur les différentes productions de l’auteur et enfin la dernière partie, reportages/documentaires, qui montre ses BD de terrain, de reportage. Des planches originales et illustrations extraites de chacune de ses bandes dessinées seront exposées, dont entre autres : Max et Zoé, Lulu femme nue, le Chien qui louche, Rural…
D’autres expositions seront bien sûr présentées comme celle sur Yakari et les mondes de Derib, celle sur Mana Neyestani, celle sur Gradimir Smudja, celle « les transports sentimentaux » qui seront présentées à la halle grains. Les expositions sur le singe de Hartlepool (prix château de Cheverny de la bande dessinée historique 2013), celles sur Bob Leguay et Kalimbo seront exposées à la bibliothèque Abbé Grégoire.
Une conférence sur l’album « Les Mauvaises Gens » sera donnée par Etienne Davodeau à l’Institut National de Sciences Appliquées, 3 rue de la Chocolaterie, le jeudi 20 novembre à 14h30.
Le film adapté de la bande dessinée « Lulu, femme nue » sera projeté aussi le jeudi 20 novembre à 20h30 au cinéma les Lobis. Au sujet de ce film Etienne Davodeau a « un rapport un peu complexe, ça ne peut pas se résumer à j’aime, j’aime pas. Il s’agit pour moi de confier un récit qui m’a occupé trois années de ma vie qui est mon livre, mon bébé à quelqu’un d’autre que je connaissais pas tant que ça à l’époque. L’idée c’était que Solveig Anspach (la réalisatrice) fasse quelque chose de différent qui soit sur le fond compatible. J’avais envie que la Lulu de Solveig et la mienne s’entendent bien et c’est ce qu’il s’est passé. C’est une expérience absolument formidable pour moi. »
Un BD-concert d’après l’album « Un homme est mort » de Kris et Davodeau aura lieu à la maison de la magie, place du Château le vendredi 21 novembre à 20h30.
Enfin un café historique nommé « cher pays de notre enfance les coulisses sanglantes de la Véme République dans les années 70 » en présence du Grand Boum 2013, du scénariste et directeur de communication de la Revue Dessinée, Kris et Benoît Collombat, grand reporter à France Inter. Ce café historique se déroulera à la Fondation du Doute le samedi 22 novembre à 16h.
La maison de la BD
Cette 31ème édition de BD Boum aura une ampleur particulière car le samedi 22 novembre à 11 heures sera inaugurée la place Jacques Lob, puis aura lieu la visite de fin de chantier de la maison de la BD dont l’ouverture est prévue au 1er trimestre 2015. Cette maison de la BD intégrera les bureaux de l’association, un lieu d’exposition et un pôle pédagogique qui permettra d’accueillir les groupes scolaires et le grand public. Il y aura dans cette maison de la BD un atelier d’auteurs qui permettra de mettre à disposition un local de travail en échange de prestations pour la maison de la BD. Une résidence d’auteur sera aussi mise en place, l’objectif est de multiplier ce types d’accueil d’auteurs et d’offrir un espace de travail favorable à la création sur des temps longs.
Cette maison de la BD permettra de pérenniser et mettre en valeur le festival quotidiennement au sein de la ville de Blois et de la région.
Thibaut Stucklé
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Un projet éditorial
Depuis 1998, BD Boum développe un projet éditorial en utilisant la bande dessinée comme outil d’information des problématiques sociales et d’insertion, en réalisant des ouvrages sur différents thèmes de société. Cette année c’est « Papa ne sait pas » qui est à l’honneur. Cet ouvrage a pour vocation de sensibiliser les plus jeunes au phénomène de l’illettrisme en France. Moitié BD, moitié album illustré, les auteurs Griot, Dary et Cécile nous décrivent le quotidien d’une petite fille et de son papa illettré selon deux points de vue différents. L’album fera l’objet d’une exposition à l’hôtel de ville.
– Du 21 au 23 novembre, profitez d’un prix exceptionnel pour assister au 31ème festival de BD de Blois.
4 euros, Aller et Retour, sur tous les trains TER de la Région Centre à destination de Blois pendant la durée du festival.
Une belle opportunité pour rencontrer Etienne Davodeau, dessinateur et scénariste Prix Grand Boum-Ville de Blois 2013 et les 180 auteurs invités.