BD Boum : “Papa ne sait pas”, un album en lutte contre l’illettrisme

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Bastien Griot et Alain Dary.

Des ouvrages permettent d’informer le grand public et de démontrer que la bande dessinée est un médium qui participe aux mouvements qui peuvent aller de paire, l’art et la société. L’association BD Boum lance chaque année des projets éditoriaux sur des problématiques sociales et d’insertion en réalisant des ouvrages sur différents de thèmes de société.

             Réalisé en partenariat avec les éditions Glénat, BD Boum qui a eu lieu le week-end dernier à Blois, met à l’honneur cette année Papa ne sait pas. Cet ouvrage moitié BD, moitié album illustré a pour vocation de sensibiliser les plus jeunes au phénomène de l’illettrisme en France et de relayer un message d’espoir, puisque des solutions pour s’en sortir existent. L’association BD Boum souhaite développer un album, objet de médiation entre l’enfant et les parents.

BDboomcouverture-PAPA-NE-SAIT-PAS--1024x798         L’ouvrage soutenu par la Caisse d’Epargne et la Ville de Blois fait l’objet d’une exposition dans le hall d’accueil de l’hôtel de ville. L’exposition compte une quarantaine de planches, soit l’ensemble des illustrations de ce beau livre.

Papa ne sait pas a été mis en images par Cécile, et scénarisé par les blésois Bastien Griot et Alain Dary. Bastien Griot s’est occupé de la partie BD avec le point de vue de la petite fille et Alain Dary de l’album jeunesse qui fait parler le père de famille.

Bastien Griot est né en 1970 en région parisienne mais très tôt il s’installe à Orléans puis ensuite en Sologne, pour s’établir près de Romorantin-Lanthenay. Après des études aux Beaux-arts de Blois, il travaille pour un temps dans l’infographie. Puis change d’orientation et devient animateur jeunesse. Il obtient son brevet professionnel en animation culturelle et se spécialise dans l’approche pédagogique de la BD. En 2012, il participe à l’écriture de la BD Gaspard et le Phylactère magique réalisé par Alain Dary, Mickaël Roux et Dawid, co-éditéé par BD Boum et Emmanuel Proust Editions.

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Séance de signatures à BD Boum.

Alain Dary est né à Blois en 1973. L’écriture est dès son plus jeune âge un mode d’expression qu’il affectionne particulièrement. Après des études scientifiques, il est très vite attiré par le monde de l’éducation et devient professeur des écoles en 1999. Passionné de BD, il initie tout particulièrement ses élèves à ce médium. Il se spécialise vite dans ce domaine, crée des valises pédagogiques et forme des enseignants à la BD lors d’animations pour l’éducation nationale. En 2012, il scénarise sa première BD Gaspard et le phylactère magique avec Mickaël Roux, Dawid et avec la participation de Bastien Griot.

Les scénaristes lors du vernissage de leur exposition répondent à nos questions :

En tant qu’auteurs de la région est-ce important pour vous de participer à BD Boum ?

Bastien : Je ne serai pas auteur de la région, quoi qu’il arrive je serai content de participer à BD Boum, c’est un événement important à l’échelle des festivals bande dessinée, c’est le 3ème. Figurer sur la programmation de BD Boum ça le fait. Je souhaite ça à n’importe quel jeune auteur.

 Alain : C’est un festival avec une identité très particulière, une portée pédagogique, citoyenne, qui a des valeurs reconnues partout, c’est un festival en phase avec notre projet.

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Alain Dary.

Est-ce important pour vous que votre éditeur soit BD Boum ? (L’ouvrage est une coédition BD Boum, Glénat) Qu’est ce que cela signifie ?

 A : C’est important parce que les valeurs du festival sont des valeurs importantes à nos yeux, moi je suis enseignant, donc la pédagogie c’est important, et c’est le festival qui porte ces valeurs là un maximum.

 B : Les valeurs défendues par l’association nous correspondent et donc en qualité d’auteur on a eu l’opportunité de travailler sur un ouvrage qui est en phase, en adéquation avec ces valeurs, la boucle est bouclée. On ne peut pas se sentir plus à l’aise et plus à notre place que sur  projet là au sein de cette association-là, portée par cette coédition-là.

Est-ce que ça vous tient à cœur de travailler sur une problématique sociale telle que l’illettrisme ?

 A : Je suis enseignant à la base et savoir qu’il y a encore 2 500 000 personnes touchées par l’illettrisme en France ça fait peur. Moi dans ma classe je fais tout pour que ça diminue mais il y a en toujours qui passent à travers les mailles du filet et ça nous interpelle. Où est ce que ça pêche ? Si je peux apporter ma petite pierre, grâce à cet album pour faire avancer la cause contre illettrisme.

 B : Si je me place comme Alain d’un point de vue professionnel, je suis animateur dans une association qui travaille autour de l’action culturelle sur le livre, on ne peut pas être insensible à la question de l’illettrisme, elle est centrale, elle fait partie de ce qui nous donne envie d’être dans l’action perpétuelle de mettre en place des animations, des interventions.

Pourquoi faire passer un message sur l’illettrisme ?

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Bastien Griot.

B : Au moment où le projet a été lancé on sortait de l’année qui était dédiée à la problématique de l’illettrisme et donc il y avait des fonds qui étaient accordés aux projets qui portaient sur cette question là. Comme nous on souhaitait travailler sur un sujet de type social et que ça correspondait à ce que Bruno (le directeur de BD Boum) souhaitait : c’est-à-dire travailler autour d’une démarche éditorial jeunesse abordant la problématique de l’illettrisme, tout ça c’est rencontré et à fait qu’on s’est mis sur ce projet. La lutte contre l’illettrisme était la grande cause nationale au moment où le projet a été lancé.

Votre ouvrage est moitié album illustré, moitié BD, pourquoi donner à votre œuvre une structure si originale ?

A : BD Boum, c’est la BD donc ça s’imposait absolument. Le but c’est de  faire un objet de médiation. Avec la BD on pensait toucher les plus jeunes qui puissent la lire en autonomie, par contre pour la partie album, les parents ou professeurs peuvent la lire avec eux et parler de ce thème  avec eux.

 B : Et puis avec un ouvrage sur l’illettrisme je pense que c’est intéressant d’approcher le sujet avec deux écritures parce que comme vient de le dire Alain ça peut être un objet de médiation et donc tu peux avoir des gens qui vont entrer de manière plus facile avec l’image et d’autres qui vont avoir envie de découvrir le texte. Il y a plusieurs possibilité de pouvoir aborder la question et le sujet avec des écritures différentes mais complémentaires en même temps.

Durant le festival Papa ne sait pas fera l’objet d’une lecture projetée, avec lecture à voix haute illustrée par la projection des planches de l’album, est-ce un bon moyen pour les plus jeunes de découvrir l’album ?

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Exposé à l’Hôtel de ville.

 

B : C’est une animation mise en place depuis 2-3 ans, ça a commencé avec Gaspard et le Phylactère magique, ça permet aux primo lecteurs, les tout jeunes, qui commencent, CP, CE1 de découvrir un album de s’y attacher, d’avoir envie de l’avoir et d’entrer dedans et d’apprécier la lecture, c’est une entrée en matière. Ça se fait à plus forte raison avec Papa ne sait pas compte tenu du sujet. C’est un outil de sensibilisation, on commence dès le premier âge, il faut que l’enfant percute que ça soit important de lire.

 A : C’est vrai qu’on aime bien à n’importe quel âge se faire raconter des histoires, c’est toujours magique. C’est une autre entrée de l’album, je trouve ça intéressant.

 Papa ne sait pas a t-il une vocation plus pédagogique que divertissante ?

A : Il y a une connotation pédagogique c’est quand même fait pour sensibiliser les enfants mais il faut que ça soit lu comme un plaisir de lire.

B : Pour moi l’empreinte pédagogique même si elle était très diluée, elle était plus présente dans Gaspard et phylactère magique qu’elle ne l’est dans Papa ne sait pas. Dans Papa ne sait pas on est dans une question sociale, on a pas eu de désir, si ce n’est d’avoir une écriture accessible pour le jeune public, d’aborder le sujet de manière didactique. On est sur un ouvrage de sensibilisation mais la pédagogie n’est pas au cœur de notre écriture.

Ne craignez vous pas que la dimension sociale de votre ouvrage éloigne ou échappe au jeune public ?

 A : Je l’ai fait lire à mes élèves en classe, je n’ai pas senti cet écueil. Il y avait comme une enquête, qu’est qu’il a comme problème le papa ? Ils décelaient des indices qui leur permettaient de comprendre.

 B : Les enfants sont dans une lecture plaisir. L’enfant ne va pas avoir en premier questionnement d’ouvrir un ouvrage de sensibilisation qui aborde la question de l’illettrisme. Il est dans un jeu d’intrigue proche d’un BD d’aventure ou policière. Il entrecoupe la vision du papa et de la petite fille, il est dans ce côté ludique de l’ouvrage, je pense pas que la question sociale du problème de l’illettrisme soit au cœur de sa lecture. En revanche, une fois qu’il aura terminé la lecture, quand on lui parlera qu’il y a des papa des mamans qui ont oublié l’écriture et la lecture, ça va raisonner en eux, parce qu’il aura lu Papa ne sait pas, et ils se diront oui, j’ai déjà entendu parler de ça.

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Pourquoi n’êtes-vous pas sélectionnés pour le prix de la Nouvelle République en tant qu’auteurs faisant partie de la zone de diffusion du quotidien ?

A : C’est un prix BD Boum et on est édité par BD Boum, il y a conflit d’intérêt. On va pas s’auto- décerner un prix.

B : ça ne veut pas dire qu’on ne veut pas des prix sur d’autres festivals (rires). Si au festival d’ Angoulême ils ont envie on est preneur (rires).

Êtes-vous fier que Papa ne sait pas soit exposé à l’hôtel de ville ?

A : C’est une grande fierté, dans un lieu de vie, de passage citoyen, il n’y a pas de meilleurs lieux que la mairie pour parler de citoyenneté. C’est le meilleur endroit pour nous pour exposer une telle exposition.

 B : La ville est un partenaire de longue date de BD Boum, qui fait partie du peloton de tête des partenaires de BD Boum. On est fier d’être accueilli à l’hôtel de ville pour cette expo là.

Thibaut Stucklé

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