Tout un “Cieu” de couleurs illumine Orléans

Merveilleux peintre issu des vives nuées du street-art, l’artiste orléanais exposera ses œuvres récentes, du 7 mars au 9 avril, en la collégiale Saint-Pierre-le-Puellier.

cieu jaguar

« La peinture, c’est juste prendre le risque d’être d’accord avec celui qui va venir la voir » dit l’artiste. Occuper à soi seul un écrin de pierre et de lumière aussi sobre et magnifique qu’est la collégiale Saint-Pierre-le-Puellier d’Orléans, est un rêve que caressent bon nombre de créateurs régionaux et de partout ailleurs.

A l’invitation de la Ville d’Orléans, Cieu, artiste peintre établi dans la cité,  a relevé avec une audacieuse reconnaissance et un bel engagement, fruit d’un travail effectué jour et nuit,  le défi.

“Cieu”, un artiste avant tout amoureux du partage 

Né à Orléans en 1979, Thomas Henault,  dit aujourd’hui “Cieu”, a quitté la capitale régionale pour Paris en l’An 2000 afin de suivre les cours de théâtre du Cours Florent. Après quelques infidélités à Tchékhov et Shakespeare, il présentera sous peu, dans la capitale régionale,  quarante-et-une toiles récentes créées pour l’occasion depuis juin de l’an dernier.

Peintre issu du street-art et évoluant depuis 2007 dans l’univers incisif et charmeur de la figuration narrative personnelle et débridée, Cieu proposera,  au Puellier, une exposition synonyme de rencontre.

En effet, à l’occasion de cet accrochage dont le commissaire est Gil Bastide, galeriste orléanais qui a largement et sensiblement contribué à le faire connaître,  cet artiste aujourd’hui reconnu à Paris, New-York et Hambourg, Londres ou Singapour, a convié certains artistes à partager cet événement.

Outre ses portraits ou sa série « L’Oiseau chante pour de faux », Cieu célébrera ainsi la sculpture d’Annabelle Delaigue, réalisera en direct un travail à quatre mains avec Cédrick Vannier et présentera une Jaguar Webesto de 1967 peinte avec Ilk. A noter aussi, pour les amateurs de rencontre rare, qu’une partie de l’atelier orléanais du peintre sera aussi installée dans la collégiale !

Gil Bastide, un commissaire d’exposition à l’écoute sensible 

Gil Bastide, commissaire de l’exposition qui a , bien entendu, déjà révélé Cieu dans sa précieuse galerie de la rue de Bourgogne, écrit fort joliment : « Dans des compositions à la fois sophistiquées et surréalistes, le trait laisse place aux aplats de couleurs vives et modelées. La peinture prend peu à peu le pas sur les influences du street-art dont Cieu garde l’énergie et la spontanéité. De façon instinctive, chacun se reconnaît un peu dans sa peinture et c’est sans doute son plus grand talent : cacher poliment sa maîtrise technique sous les ailes de l’imagination ».

Au Puellier, les amateurs d’art seront invités à découvrir, de l’artiste, esquisses ou apparitions, de séduisants portaits d’anonymes et de personnes célèbres. Ici, beaucoup aimeront, sans nul doute,  retrouver au fil d’oeuvres chatoyantes où la couleur se ponctue de mots, tout un frais bestiaire qui est aussi un personnel cabinet de curiosités. Ours polaires, papillons et cerf-volants côtoient ainsi des œuvres d’une toute autre et douce nature où la sensualité de la forme le dispute à la couleur. Ici et là, tout se décoche avec une  provocation à la fois sonore et un apaisant naturel. Voici que fait vivre les cimaises, respectées et inspirantes,   tout un théâtre empli de vie, un sobre et fou carnet de voyage.

Dans l’atelier du peintre, paroles en toute simplicité

A quelques temps de l’accrochage,  voici quelques mots de Cieu recueillis dans son atelier:
« A force de roublardise je pallie à mes manques techniques… Le poids de certains mots est aussi important que des pigments rares… L’urgence, je m’en suis ici servi comme d’une force et j’ai assumé le trait avec ses accidents… Peindre c’est passer trois heures devant la toile à ne pas y aller, accepter tout ce temps utile à celui qui va venir, ce moment fulgurant où  l’on crée… Il y a dans ma peinture le complexe de ne pas avoir été écrivain… Quelque chose que je retiens du street-art est la belle osmose avec le support… J’adore le terme d’ autodidacte car il nous donne la chance d’avoir un trait exacerbé… Un des rares trucs qui nous sauvera, c’est de lutter contre l’individualisme… En peinture, on apprend sans cesse des autres et je ne peins qu’avec ce que je suis… Depuis que je fais Cieu je suis ravi… Oui, depuis que je peins et que mon petit garçon est né, je me sens à ma place ».

Jean-Dominique Burtin.

Exposition du 7 mars au 19 avril, collégiale Saint-Pierre-le-Puellier, Orléans. Vernissage public le 6 mars, à 18 heures. Entrée libre.

Photos: G. Poitou – Jeff Grossin

Plus de photos: http://orleanspassion.com/2015/02/26/cieu-sa-peinture-et-sa-jag-cest-bon-pour-le-moral/

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