
Alexandrine Leclerc et Olivier Geffroy
Cri du cœur de Stéphane Fautrat, le secrétaire départemental de l’UMP du Loiret dimanche soir, “on n’en n’espérait pas tant”. Commentaire à la même heure du côté du binôme Muriel Chéradame-Alain Touchard (UMP-UDI) vainqueurs haut la main sur Orléans 3, canton qui comprend Saran, une ancienne forteresse du Parti communiste: “c’est la fin d’une époque”. Réflexion d’Alexandrine Leclerc (UDI) qui remporte Argonne-Bourgogne (Orléans 4) avec Olivier Geffroy, “c’est une grosse satisfaction de gagner un canton qui était à gauche”.
La machine à perdre à gauche

Alain Touchard et Muriel Chéradame.
Dans ces quelques phrases des élus et responsables de droite, encore tout esbaudis d’une telle correction infligée à la gauche, s’affichent les conséquences tragiques de la désunion. La machine à perdre semble bien continuer à tailler la route. Déjà, les écologistes envisagent des listes autonomes au premier tour des régionales, le Front de gauche continue de tirer à vue sur tout ce qui bouge au gouvernement (lire par ailleurs) et les socialistes de relativiser leur bérézina. “Le Front de gauche a joué le jeu”, avance le socialiste Baptiste Chapuis (Orléans4), “mais le Front national s’est reporté sur la droite, c’est ce qui fait la différence”. Et les socialistes, parce qu’il faut bien trouver à se consoler, se réjouissent “que le FN n’ait pas fait son entrée dans l’hémicycle” comme Philippe Rabier (Orléans1) et que cette élection, “de bonne augure pour la suite ait fait émerger une nouvelle génération” de candidats…

Nathalie Kerrien et Jean-Paul Imbault, élus sur Saint-Marceau (Orlans2)
“Nous ne sommes plus seulement en zone rurale… Nous allons maintenant chercher un autre électorat”, estimait Philippe Lecoq (FN) fort des 31,8% de suffrage exprimés réalisés par son parti. C’est clair, quoi qu’on dise et quoi qu’on fasse, l’événement de ce scrutin, c’est la montée inexorable du Front national qui va de pair avec l’effondrement de la gauche. Mais pas seulement. Le parti de Marine le Pen va chercher des voix partout, à l’UMP, dans les quartiers populaires et bourgeois, dans la France qui désespère, mais pas uniquement. Ce tripartisme n’a rien à voir avec le trio d’avant droite-gauche et centre, les extrêmes n’étant qu’à la marge. Ce FN là réussit en duel 45% à Courtenay, 41% à Sully et 37% à Saint-Jean-de-Braye contre la gauche.
Tous les sortants réélus
Avec 50,48% de suffrages exprimés et une majorité de 36 élus contre 6 à l’opposition, comment reprocher à Eric Doligé qui plie les gaules en beauté de ne pas se féliciter de ce “gros succès“. A “ses” candidats UMP-UDI qu’il a envoyés dans un fauteuil à la victoire, il prête toutes les qualités de proximité, de travail, de compétence…“Tous les conseillers généraux sortants de notre camp ont été réélus”, constate à juste titre le patron de l’UMP. Il sait aussi analyser les causes de la défaite de la maison d’en face. “Valls a nationalisé la campagne, il a tout fait pour noyer les départements, ce fut néfaste à la gauche, les conseillers généraux socialistes ne peuvent s’en prendre qu’à leurs chefs“.

Florent Montillot entouré de Nathalie Kerrien et Marc Gaudet.
L’unité? Même Florent Montillot (le président de l’UDI) pourtant “frondeur” à ses heures dans le passé, s’en félicite et met en avant Orléans où la droite boute l’opposition hors de la ville, “après une négociation exemplaire nous avons trouvé des accords équilibrés”.
Front de gauche: “merci au charcutage…”
Ce qu’écrit Mathieu Gallois, secrétaire départemental du PC sur son compte Facebook et où l’on voit que l’union des forces de gauche va bon train…:

Mathieu Gallois (Front de gauche).
“Nous le savions depuis dimanche dernier, plus aucun élu anti-austérité n’est présent au conseil départemental du Loiret.
Ce soir, la seule satisfaction est qu’aucun canton ne soit tombé entre les mains du FN mais la droite qui n’a rien a envier à son extrême sur certaines mesures détient désormais 18 cantons sur les 21 que compte notre département. Triste nouvelle pour le Loiret et ses habitants. Merci au charcutage des cantons du Parti Socialiste, merci à la politique de droite de Valls et Hollande qui trahissent l’espoir de changement de 2012.
Maintenant, place à l’analyse, à la remise en question, à la réflexion, au travail et à l’action aux côtés des citoyens, des syndicalistes, des militants associatifs, des quartiers populaires, des salariés, des jeunes, des demandeurs d’emploi… Redonner la parole, écouter, entendre, construire en commun… voilà la feuille de route des communistes et du Front de Gauche dans les semaines à venir pour rassembler et mobiliser toutes celles et ceux qui dans notre département souhaitent que ça change, veulent contribuer à construire cette gauche nouvelle, ce projet politique nouveau pour répondre véritablement aux besoins et battre durablement la droite et l’extrême-droite. On lâche rien !!”
EELV: le balancier en faveur de la droite

Tjhierry Soler (à droite) et Moïsette Crosnier (EELV)..
Pour les écologistes, Thierry Soler (EELV), le seul à avoir été reconduit (sur le canton de Saint-Jean-Braye) estime avec Moîsette Crosnier tous les deux porte-parole du mouvement: “dans un contexte national de désaveu de la politique gouvernementale, les élections départementales ont donné lieu à un phénomène de balancier en faveur de la droite, facilité par un mode de scrutin majoritaire que renforçait l’élargissement des cantons. Dans le Loiret, cela profite à l’UMP-UDI, mais également à l’extrême-droite, bien que ses candidats aient brillé par leur discrétion, leurs programmes inexistants ou leur absence pure et simple. Ceux qui se présentent comme des patriotes cherchaient avant tout à obtenir des postes et profiter du système sans s’intéresser aux Loirétains. Grâce à une relative mobilisation des électeurs, ils ont toutefois échoué.
?D’autre part, nous sommes loin du grand chelem dont rêvait Éric Doligé. Nombre de nos concitoyens ont montré leur attachement aux enjeux locaux et cela permet à la gauche et aux écologistes de maintenir une présence active dans l’assemblée départementale bien que fortement diminuée. Nous y voyons une reconnaissance de notre engagement en faveur de la solidarité et du vivre ensemble ainsi que de notre travail au service de tous les habitants. Pour EELV, la réélection de Thierry Soler confirme la nécessaire prise en compte de problématiques environnementales trop souvent ignorées. Le Loiret vient de connaître une semaine de pollution atmosphérique intense, symptôme de choix politiques qui méritent d’être à nouveau débattus en associant mieux les habitants et en prenant en considération les générations montantes. Le conseiller départemental écologiste y veillera.”
Publié le 30 mars 2015