Blacko a ouvert la voix à Black M, l’hommage à Nina Simone et Fersen au finish

Printemps de Bourges

Bon, on va essayer de faire un condensé de ce qu’on a vécu les uns et les autres.

Lundi soir, c’est, avec Asaf Avidan, (lire encadre de Philippe Cluzel), Pierre Lapointe qui remporte le tabernacle d’or. Même France Inter est d’accord. Camélia Jordana a la médaille d’argent, à partager avec Asav Avidan.

Hubert-Félix Thiéfaine rate le podium sans avoir démérité. Mais sans non plus avoir vraiment mérité « après deux groupes plus novateurs » explique Gigi de Marseille qui attendait d’être d’étonnée. « Ni enthousiaste, ni déçue ». Elle repart avec dans un coin de sa mémoire une insulte en réserve : « bipède à ascension verticale ». Ça fait pas un triomphe !

Gigi a été par ailleurs gênée par une sono souffleteuse qui lui a un peu gâché l’ami Fersen. Un bémol suffisant pour regretter de ne pas avoir pu apprécier à sa mesure un texte servi par la voix prenante et l’humour sensuel de l’auteur du Bal des oiseaux. Comme quoi, le plaisir tient à peu…Elle est comme ça Gigi, elle aime la perfection du son.

Le talent est-il contagieux ?

Philippe Cluzel est à ce moment là à l’Auditorium. Très franchement, le groupe Minuit donne envie d’aller se coucher. Bon d’accord, la chanteuse et le guitariste du groupe sont les enfants de Fred Chichin et de Catherine Ringer (des Rita Mitsouko), mais ça ne suffit vraiment pas.

Reste la suite… Notamment Faada Freddy. Alors là Philippe se réveille et délivre un flot de compliments.

Notre envoyé spécial se trouve à cet instant avec une certaine Agnès…

Entrée en scène. Étonnement dans le public.

« Y’a que les micros, c’est tout?” s’exclame Agnès!
Oui oui. Il y en a 6 de micros, disposés en demi cercle sur la scène, et un autre au milieu. Il n’y a pas besoin d’autre chose.
“Faada Freddy, c’est du rap sénégalais Agnès, mais aussi … »
“Ah bon”, dit elle, un peu résignée et intriguée par Isabelle Pasquier, journaliste à France Inter, qui tendait son micro précisément, dans les gradins de l’auditorium. Elle était venue prendre la température, après le concert de Minuit. Ça doit être une auscultation parisienne…

Quant à Agnès, les micros ça l’intrigue. D’autant qu’entre le set de Minuit et celui de Faada freddy, il y a eu Jake Isaac qui a ravi le public : voix, guitare sèche et clavier, seul en scène devant son micro pour un concert folk aux balades soul ou blues. Du coup, l’artiste prend une photo du public avec son smartphone, avant un rappel chanté assis, sur le bord de la scène. Très bon début de soirée à l’auditorium! Philippe est consultable sur cé.ki.com.

De fait, c’est ki Faada Freddy ?

Faada freddy joue avec son groupe, quatre garçons musiciens chanteurs et d’une chanteuse. Tous ont des voix… De très grands chanteurs. Ce concert est un projet artistique où la musique est seulement composée à partir de claquements de doigts, de frappes corporelles et d’effets vocaux.
Après une carrière dans le rap avec son groupe Daara J. le Senegalais chanteur Faada freddy, propose désormais un voyage musical singulier avec sa “famille” comme il dit.

Les quatre garçons directement sortis des boutiques de sapeurs de Kinshasa (Société des Ambianceurs et des personnes élégantes) ce mouvement de mode du Congo Brazzaville, font le show avec leurs chaussures vernies, veste ou gilets à la coupe impeccable, chapeaux et casquette vissés sur la tête. La classe! L’élégante chanteuse a définitivement donnée la direction qu’allait prendre le concert, vers un sommet.

Le public, rapidement debout, emporté dans ce set sans instruments, dansait sur des compositions blues, souljazz, funky rap ou plus gospels!  Faada freddy, coiffé d’un chapeau melon sur ses Dreadlocks  (clin d’œil aux sapeurs:) a ambiancé l’auditorium hier soir. Il a fait un concert réjouissant et festif exceptionnel, pour le plaisir d’un public debout qui a participé du début à la fin! Chapeau M’sieur Freddy.
« Alors Agnès, ce concert? » 
“Super”! Norbert, son mari, percussionniste à ses heures était aux anges.

Diable ! Laissons un instant Philippe reprendre son souffle…

Un Printemps à la fois prévisible et déroutant

Sandra Nkaké

L’hommage à Nina Simone était attendu. On retiendra l’énergie de Sandra Nkaké au milieu d’un groupe de haute couture. « Ils ont donné leurs voix…Et leurs tripes en hommage à cette battante de Nina » confirme Gigi.

Le W attendait ses blacks géniaux. Il les a eus. Blacko, Soprano, Black  rappent tout sur leur passage.

En marge de ce printemps, un retour a eu lieu. Celui d’Alain Dubois. Il a repris la plume avec bonheur et une énergie qui fait plaisir. Il se donne encore ce soir à La Cantine Berrichonne. Ne pas rater.

Philippe me tire par la manche. Avec insistance.

« T’as parlé d’Asaf Avidan » qu’il me lance…

Non, mais va-z-y que j’lui dis. D’où cet encadré…

Patrick Martinat et Philippe Cluzel

Asaf Avidan, comme un fils vocal de Janis Joplin

Lundi soir au W, deux voix se sont répondu aux limites du sublime! Yael Naim et Asaf Avidan ont pris le public par surprise. Deux concerts lumineux et bouleversants. 

Le printemps de Bourges invite cette année plusieurs artistes de la scène Moyenneorientale.Asaf Avidan est l’un d’eux. Créatif, inventif, auteur compositeur, guitariste, il joue aussi de sa voix surprenante, aussi haut perchée qu’éraillée. Lundi soir, il a proposé, en un peu plus d’une heure, un véritable opéra rock!

Paraissant un peu réservé au début, il a vite conquis le public du W, s’est amusé, a déliré, puis s’est installé chez lui, enchaînant les morceaux sans temps morts, dans des interprétations flamboyantes. Pratiquant des ruptures de rythme étonnantes, il côtoie des graves profonds tient la note et chante des complaintes comme… Janis Joplin. Émouvant. Enchainant les morceaux groovy, folk ou plus rock de son disque Gold shadow, il a aussi pris possession de l’espace scénique du W. avec une énergie débordante, un plaisir visible, et une grande élégance.

On adore quand les morceaux plus rock s’enchaînent, les guitares s’enflamment, en même temps que la chevelure blonde de la guitariste. Les autres musiciens et musiciennes ne sont pas en reste! Le groupe joue des compositions et des arrangements inspirés, ponctués de solos à la manière des rockers, et il est à la hauteur, jusque dans les détails: rarement une percussionniste a été aussi présent lors d’un concert au W!  Soirée sublime, comme le disque d’Asaf Avidan (et les précédents aussi)! A découvrir, à aller voir et revoir sur scène.

Philippe Cluzel

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