Guillaume Musso appartient au club très fermé des auteurs français actuellement très populaires. Ils sont quatre, Jean d’Ormesson, Françoise Bourdin , Marc Lévy et lui. Depuis des années, Lévy et Musso sortent un nouvel opus. Leurs copies font la course en tête des hit-parades. Rivaux bien qu’ils s’en défendent. Chacun sur son rail. Cette année Lévy a dégainé le premier, Musso un mois après, juste après le salon du livre de Paris.
Le poulain de XO Editions peut se le permettre. Il ne court plus après la médiatisation. Central Park, son roman de 2014 s’est vendu à 900 000 exemplaires, la norme pour Musso traduit dans 40 pays, près de 11 millions de Pocket vendus depuis 2005. A l’heure actuelle, « L’instant présent », son treizième roman n’a été tiré qu’à 400 000 exemplaires mais la réimpression est déjà en route.
Emotion et suspense
Musso aime raconter. Pour tenir en haleine son lecteur il dose avec talent le suspense et l’émotion. Il a du métier et sait s’en servir. Il tire les fils de son intrigue avec précaution, en manipule les ressorts avec doigté. Ce fils d’une bibliothécaire, ancien enseignant dans les Alpes-Maritimes, décline à sa manière une maxime confucéenne qu’il médite depuis qu’à 24 ans un accident de voiture lui a fait toucher la fragilité de l’existence « On a deux vies, la seconde commence le jour où l’on se rend compte qu’on n’en a qu’une ».
Fan de New-York il y situe l’histoire d’Arthur, urgentiste bostonien de 25 ans qui, ayant reçu de son père un leg maudit, un phare mystérieux, assorti d’un interdit : il ne doit jamais ouvrir une porte métallique qui se trouve dans la cave. Arthur ne résiste pas et le voilà projeté dans l’inconnu. Il est réduit à ne vivre que 24 heures par an et ce pendant 24 ans de 1991 à 2015.
Arthur est amoureux, amour partagé par Lisa. Le couple déjoue les pièges que leur impose le temps, leur impitoyable ennemi., redoutable joueur qui possède un nombre incalculable de coups dans sa manche. Arthur passe sa vie à chercher Lisa qui passe la sienne à l’attendre et le lecteur court derrière leur imprévisible sarabande. Il en résulte un thriller mené tambour battant qui se lit bien sur en vingt-quatre heures dont on ne dévoilera pas la fin étonnante, un peu inattendue où est soulignée la place exorbitante que tient l’écriture dans le foyer de tout écrivain.
Françoise Cariès.
« L’instant présent », Guillaume Musso
XO éditions, 364 pages , 21,90 euros