Quelques précautions à prendre si vous venez au “Restival” de Jazz d’Orléans

(Un restival est un festival dont le budget a baissé de 70 % par rapport à 2014, c’est donc un reste. Et n’oubliez pas que l’utilisation de l’argent public en novlangue se dit : gratuité des spectacles).

orléans jazz

Toutefois en ce qui concerne la surveillance (sécurité en novlangue) la quantité de vigiles (agents de sécurité en novlangue) ne devrait pas être réduite compte tenu que « d’une manière générale tous les objets pouvant présenter un danger sont interdits dans l’enceinte du festival » (en petit en bas de la dernière page du programme).

Alors pas de bouteilles en plastique avec leur bouchon et que les petits malins qui auraient prévu un bouchon de secours déchantent : de source incertaine, je peux vous dévoiler que des détecteurs d’objets en plastique devraient permettre de voir dans vos poches stylos à bille, pinces à linge, bouchons, jetons de chariots et autres sources potentielles de désordre.
Les parapluies doivent être à bout moucheté, il est recommandé qu’ils aient des manches et des baleines gonflables afin d’éviter toute velléité d’agressivité envers un rosier, une chaise longue ou un surveillant qui aurait confondu votre téléphone portable qui permet de prendre des photos (autorisé) avec un appareil photo (interdit).

mainEn contre partie de ces mesures de coercition (précaution en novlangue), il a été rappelé aux veilleurs sur la sécurité du public qu’ils doivent respecter la loi et en aucun cas avoir un contact corporel avec les festivaliers. Vous êtes tenu d’ouvrir votre sac, et si vous voulez, de le vider par terre pour montrer que vous n’y cachez pas d’enclume mais eux n’ont pas le droit de vous prendre par le bras (ou les jambes, ce qui est arrivé en 2013 au Campo Santo).

Un problème de taille s’est posé aux organisateurs : comment faire tenir 4000 personnes (nombre de festivaliers en 2014) sur quelques centaines de m2 avec, de plus, un sous-sol truffé d’excavations, anciennes carrières, chausses trappes et autres oubliettes ? A ce problème de poids trois solutions ont été envisagées :

– limiter le poids individuel des consommateurs mais la décence morale empêche d’exclure les trop pesants et cela aurait impliqué d’installer deux balances faisant continuellement la péréquation entre les entrants et les sortants : le kg deviendrait vite hors de prix ;

– organiser un tour de rôle comme à la poissonnerie avec des distributeurs de tickets équipés d’horodateurs qui beuglent à la fin du temps imparti mais le délai était trop court pour fabriquer de tels bidules (objets connectés en novlangue) ;

– et, celle retenue, a été le bon vieux comptage comme pour le bétail.

« C’est la crise »

Espérons que les gardiens ont beaucoup de doigts à leurs mains. Quand le quota (en novlangue la quantité permise) sera atteint, les cerbères fermeront les grilles ou formeront une barrière humaine et n’allez pas leur chatouiller les oreilles… ce serait inhumain.

Des insensés ont proposé de faire les concerts au Campo Santo ! C’était oublier la nécessité impériale, pardon, impérieuse de bien nous faire sentir qu’il faut faire des économies, que nous devons accepter d’avoir moins de plaisir, moins longtemps, parce que « c’est la crise » et qu’on a déjà bien de la chance qu’on nous « offre » un peu d’art et d’humanité. Il est vrai qu’il faut faire des choix : ou on transporte en camion des bateaux depuis Prague (2400 km aller retour) pour la fête en Loire ou on aménage un lieu et une scène plus accessibles à tous les amis de la musique.

Alors n’oubliez pas : pas de plastique, pas de métal, encore moins de cuir, évitez les gros trousseaux de clés, et surtout, surtout, les livres ! Imaginez que quelqu’un profite d’un entracte pour lire à haute voix ce passage de la lettre qu’écrivit Epicure à Ménécée, 300ans avant notre ère : «…nous considérons l’autosuffisance elle aussi comme un grand bien … ». Cela ferait l’effet d’une bombe dans un monde où l’on nous encourage à dépenser plus, tout en ayant moins.

Fini de jaser, place au Jazz !.

FT

Publié le 16 juin 2015

Commentaires

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  1. pour le restival, c’est un maire de droite, pour clin d’œil, c’est un maire de gauche, c’est à ne plus rien comprendre

  2. pour le restival, c’est un maire de droite, pour clin d’œil, c’est un maire de gauche, c’est à ne plus rien comprendre…

  3. Sans oublier la vidéo surveillance si chère à Big Brother… Vous m’avez donné envie de relire “1984” mais pour le Jazz je préfère mon salon… 😉

  4. c’est une façon de nous dégouter d’y aller !!! quelle tristesse alors que la musique fait tellement de bien ….mais ne pas baisser les bras devant les difficultés ! Comme le disait le regretté Stéphane Hessel: résistons ! indignons-nous !

  5. Enfin F.T est revenu (Franc Tireur)… espérons que les cibles sauront comprendre son humour !!!
    alj

  6. pourquoi ce restival a-t’il déja un goût de lendemain de fête? dans quelle dimension sommes-nous? où nous emmènent-ils?le “reste” avant la fête ce n’est vraiment pas comme ce qui reste après la fête ….la mort avant la vie??alors je vous pose une question cher Freudéric que va-t’il rester du reste??
    avec toutes mes condoléances

  7. Le triste résultat (bilan en novlangue) est connu d’avance : “la fréquentation a baissé de manière sensible, nous avons eu raison de réduire le budget, d’ailleurs l’an prochain, au vu de la tendance, le festival n’aura pas lieu, cela permettra de profiter des roses”

  8. ça vole bas chez F.T ! Attendons la fin de ce festival avant de raconter des c….

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