Noureddine Khourchid et les Derviches Tourneurs de Syrie
« Écoute la flûte de roseau et sa plainte, comme elle chante la séparation : on m’a coupé de la jonchaie, et depuis lors, ma lamentation fait gémir l’homme et la femme »
Djalâl al-Din al-Rûrni

Photo Valérie Pinard
Venu de Damas en Syrie, Noureddine Kourchid est la grande voix de la mosquée des Omeyyades, il est le fils d’Abou al-Nour, cheikh de la confrérie soufie Shâdhiliyya, l’une des plus importante du monde arabe. L’ensemble réunit 7 munshid (chanteurs religieux), hymnodes de cette même confrérie, ainsi que deux danseurs de la confrérie Mawlawiyya des derviches tourneurs de Damas.
C’est donc à une mise en spectacle d’une pratique religieuse ancestrale que le public du Théâtre d’Orléans a pu assister ce dimanche après midi. Etonnante et magnifique découverte de ces chants soufies qui psalmodient le Coran, accompagnés du traditionnel oud et des tambourins qui apportent ce rythme et cette sonorité que l’on retrouve dans le chant profane moyen oriental comme chez la divine Oum Kalsoum. La pureté des sept voix qui se répondent se reprennent sous la direction chantée du maître, développe une mélopée à la fois entrainante et apaisante dans une ouverture vers le spirituel que l’on ne peut que comparer au chant grégorien.
La quête du divin
Mais la mystique soufie associe la quête du divin à la transe, après quelques minutes de chant, deux hommes se lèvent et les derviches commencent à tourner. Peu à peu, ils prennent de la vitesse et leur robe d’un blanc immaculé se déploie, formant un large corole flottante autour d’eux. Une gestuelle très précise accompagne ce mouvement que les derviches accélèrent : une paume vers le ciel, l’autre vers la terre, gestes chargés de symboles mystiques, notre regard se fixe sur ces ondulantes toupies quand le chant continue de nous envouter… et quand au dernier coup de tambourin, tout s’arrête, la musique nous a transmis l’essentiel: la beauté d’une tradition qui si elle nous reste étrangère, n’en est pas moins profondément humaine.
Comment alors oublier ce que l’Islam a apporté à la culture de l’humanité ?
Gérard Poitou