Magnifique et renversante soliste, Sharon Coste, soprano, lionne mutine, malicieuse et souriante, donne entre autres, lors de ce “Swinging Noël”, un émouvant Summertime d’une moelle généreuse et subtile collant des frissons. Voici, avec elle, une éblouissante comme intime et pudique invitation à la communion. On y succombe avec douceur. On s’y ravit avec stupéfaction pour la clameur si follement affûtée. Larmes d’admiration montant aux yeux.
D’une présence radieuse est aussi Julien Clément, baryton, artiste donnant aux extraits de Porgy and Bess, de Gershwin, un éclat d’une joyeuse comme impressionnant présence. Superbes sont aussi les participations de Rémi Bernard, percussions, et de Jérôme Damien, ce pianiste effervescent à la musicalité comme à l’endurance proprement étourdissante de rythme et de talent. Coup de chapeau encore à la jeune mezzo soprano Valentine Dubuis, d’une force et d’une troublante profondeur. Impossible, enfin, de ne pas saluer le précieux engagement d’une formation de chambre de l’Orchestre d’Orléans qui, avec un raffinement de la plus belle eau, interprète Bach et, surtout , Telemann en ses merveilleux concertos pour trois hautbois . C’est en toute note merveilleux. Voici une élégance brassée de rondeur et de délicatesse bondissante. Un véritable cadeau.
La signature Stieghorst
Avec ces musiciens de Marius Stieghorst (voir
Magcentre), incontournable comme inspiré directeur artistique de l’Orchestre d’Orléans, cette première partie de concert est l’une des belles et rares sèves de la veine confiante et joyeuse des temps précédant Noël.
Ce weekend, nul mélomane ne sait ainsi bouder cette caresse d’apaisement et de consolation musicale. En ces temps fervents ou l’espoir et l’amour sont de mise, voici, bel et bien partagé, un immense sourire à goût de confiance. Le “Sentimental Saraband“, de Britten , est ici signé Marius Stieghorst. Un signe de la main dont il dirige avec bonheur l’Orchestre d’Orléans. Captivante formation.
Jean-Dominique Burtin.