François Hollande va se recueillir sur la tombe de François Mitterrand puis visiter sa maison natale aux environs de 11 heures en ce 9 janvier. Il y a vingt ans disparaissait celui qui fut le premier président socialiste de la cinquième république et qui aurait cent ans cette année. Il était né en 1916. L’ancien président de la République de 1981 à 1995, qui présida les fêtes johannique en 1982, nous a quittés le 8 janvier 1996.
Le dictionnaire amoureux de Jack Lang
De nombreux livres sortent pour marquer ce double anniversaire, le « Mitterrand » de Michel Winock (Gallimard) et « Notre dernier Monarque » de Philippe Alexandre (Robert Laffont) Jack Lang, ancien maire de Blois, qui fut son ministre de la Culture, publie chez Plon un « dictionnaire amoureux » en forme d’hommage.
On y trouve plusieurs entrées sur la littérature car, on ne peut le contester, Mitterrand avait l’étoffe d’un écrivain, ce que Jack Lang résume par « Charles de Gaulle et François Mitterrand furent les deux écrivains les plus reconnus parmi les présidents de la Vème ». Il rapporte aussi cette phrase notée par Elie Wiesel qui avait demandé au président si adolescent il ne s’était pas rêvé écrivain, lequel lui avait répondu, « si jamais j’avais eu une ambition, elle aurait été celle-là. Mais je me voyais plutôt dans la peau d’un tribun de la Convention. J’écrivais les discours à leur place ».
Son « dictionnaire amoureux de François Mitterrand » est forcément positif, mais ne dissimule pas ou à peine les zones d’ombres de sa carrière politique : la décoration de la Francisque, le vrai-faux attentat de l’Observatoire, l’affaire Greenpeace. « Je n’ai pas besoin de réhabiliter François Mitterrand. Aujourd’hui, c’est plutôt l’inverse, on a tendance à l’embaumer, à l’ériger en icône. Moi, j’ai essayé d’établir un rapport vrai, authentique, de ne rien dissimuler de nos accords et de nos désaccords, notamment sur la télévision privée », dit-il. Puis il ajoute « c’était un homme curieux, passionné, amoureux de la vie sous toutes ses formes, un homme politique habité par des convictions fortes et mettant au service de ses convictions une capacité de conviction assez rare ».
A la lettre F, Jack Lang rassemble les deux François celui d’hier et celui d’aujourd’hui. « Ces deux hommes, dit-il, sont réunis par une capacité de résistance, une endurance exceptionnelle. Ils sont l’un et l’autre une capacité d’indifférence ou de résistance aux attaques qui à l’époque de François Mitterrand étaient nombreuses et qui, aujourd’hui sur François Hollande se multiplient ». Et, qu’aurait pensé François Mitterrand ? En marge du livre, Jack Lang, actuel président de l’Institut du Monde Arabe répond, « il est difficile de faire parler les absents. Aujourd’hui sur la déchéance de nationalité, il se serait rallié à la position que je défends, c’est-à-dire la déchéance de la nationalité non pour les seuls binationaux pais pour tous les auteurs d’actes terroristes ».
F.C.
Dictionnaire amoureux de François Mitterrand, Jack Lang, (Plon) 455 pages 21 euros