Tandis que François Hollande encaisse des désertions et se débat pour sauver d’un naufrage sa fin de mandat, Alain Juppé enregistre des ralliements et étoffe son équipe. Il a commencé par clarifier son calendrier en bureau politique des Républicains girondins : il restera aux commandes de sa ville et de Bordeaux Métropole jusqu’en mai 2017.
Il ne démissionnera de ses fonctions que si selon l’usage de tous ses prédécesseurs les Français lui confient un autre mandat et le portent à l’Elysée. En cas de défaite, il tiendra la barre de sa ville et de l’agglomération jusqu’en 2020 soit jusqu’ à la fin de ses mandats.
Jean-Pierre Raffarin, ancien premier ministre, actuel sénateur LR de la Vienne a officialisé son soutien au maire de Bordeaux dès le 14 février et depuis le début de l’année les ralliements de poids affluent. Le leader de la droite lyonnaise, Michel Havard, et le président du conseil départemental du Nord, René Lecerf, comme le sénateur de Moselle François Grosdidier l’ont rejoint dès janvier. Pierre-Yves Bournazel, jeune élu parisien, très actif dans le XVIIIème arrondissement, et le sénateur (UDI) du Pas-de-Calais, Jean-Marie Vanlerenberghe les ont suivis en février. Mars s’annonce meilleur encore. Dominique Bussereau, président du conseil départemental et député de Charente Maritime, également président des départements de France, le sénateur maire d’Anger, Christophe Bécu, comme Axel Poniatowski, député LR du Val d’Oise et l’ancien garde des sceaux Dominique Perben, les ont imités.
Une équipe très masculine
Nicolas Sarkozy a du très peu apprécier l’arrivée dans les soutiens du candidat Juppé de Laurent Marcangeli, député maire d’Ajaccio qui, à 35 ans à peine, fait figure de leader de la droite corse. Il était au début de sa carrière proche de Jean-François Copé et surtout de Nicolas Sarkozy qui considère toujours l’île de Beauté comme un de ses fiefs.
“Au bord d’une crise sociale”
Pour très masculine qu’elle soit cette équipe élabore chaque semaine et avec lui la campagne de leur candidat. Jean-Pierre Raffarin lui organise chaque mois un petit déjeuner avec une vingtaine de sénateurs. Un ancien Premier ministre à la manœuvre qui n’oublie jamais de placer son candidat, même de façon détournée et très habile comme ce matin sur Europe 1 : « J’ai le sentiment un peu qu’il n’y a plus de pilote aujourd’hui… On voit deux grandes vagues qui risquent de nous emporter, d’une part la vague du chômage, de l’autre la vague des réfugiés et on n’entend pas véritablement la stratégie de la France… Le fait qu’il n’y ait plus de majorité pour soutenir le gouvernement, c’est une situation d’extrême fragilité. La faiblesse dans l’opinion publique de la cote de M. Hollande est une préoccupation pour tous. Personne n’a à gagner à avoir un président de la République aussi faible aujourd’hui. On est au bord d’une crise sociale. Il est clair que nous sommes dans une situation incontrôlée aujourd’hui, et donc dangereuse. Je pense que ce n’est dans l’intérêt de personne de continuer dans cette instabilité politique».
Inutile ensuite de préciser qu’un homme qui a le soutien de l’opinion et des sondages sera le bienvenu, un homme qui a la réputation d’être à poigne, qui aura à sa disposition une équipe solide et d’expérience, dynamique aussi, qui entreprendra des réformes dès son arrivée au pouvoir et qui sait s’entourer de jeunes. Benoist Apparu, député de la Marne, 47 ans à peine, pilier du staff juppéiste, n’organise-t-il pas un apéro le 10 mars pour tous les collaborateurs de parlementaires au QG de campagne du candidat , Boulevard Raspail à Paris, pour évoquer avec eux les comités AJ qui se créent un peu partout dans l’hexagone ? Le millième vient de voir le jour.
F.C.