
Jeanne d’Arc comme chacun sait a fini brûlée. Voilà maintenant que le Front national l’a écartelée, ce qui est à peu près aussi douloureux, voire pire. Déjà que le parti d’extrême droite avait collé à l’héroïne une fête annuelle le 1er mai qui ne correspond à rien, sauf dans la geste du FN. Une récupération par Jean-Marie le Pen qui date de 1988 entre les deux tours de la présidentielle. A l’époque le vieux menhir voulait bouter Mitterrand hors de l’Elysée, avec le succès que l’on sait. Et en passant faire concurrence au 1er mai des travailleurs, version syndicale.
Cette année, le culte johannique frontiste a tourné à la pantalonnade. Le vieux fondateur a continué comme avant de se recueillir et de discourir devant la statue dorée de la place des Pyramides à Paris, avec quelques centaines de vieux briscards. Tandis que sa fille, voulant rompre en douceur avec cette tradition jugée ringarde par son bras droit, Florian Philippot, s’est contentée d’une gerbe place Saint Augustin sous une autre statue. Avant d’aller ripailler à la Villette. Que les militants frontistes se rassurent, ils ont le choix, il existe des dizaines de statues de Jeanne d’Arc en France et même dans le monde. Que ce soit sous forme équestre comme place des Pyramides ou en pied comme à Domrémy, à Jargeau, à Nîmes…
Mais si ce n’est pas trop demander, que les familles du FN continent de s’étriper sous une statue de Jeanne d’Arc le 1er mai tant qu’ils veulent et où ils veulent. Mais de grâce qu’ils laissent les Orléanais célébrer normalement et de façon consensuelle, la vraie fête historique de Jeanne d’Arc, le 8 mai, qui marque la délivrance d’Orléans.
Touche pas à ma Jeanne.
Ch.B