La droite qui conteste l’ordre, c’est décidément le monde à l’envers. La chienlit aurait dit le Général ! Guillaume Peltier étiqueté réac de chez réac, vient de joliment de se payer l’Ordre des médecins, ce symbole du corporatisme le plus rance, de l’immobilisme et des privilèges.
L’histoire vaut d’être contée et Guillaume Peltier ne s’en est pas privé avec gourmandise dans le Figaro. Comme ailleurs en région Centre, la désertification médicale sévit à Neung-sur-Beuvron (Loir-et-Cher), dont Guillaume Peltier (LR) est le maire. Là comme ailleurs, les médecins de campagne partent à la retraite, la plupart des jeunes praticiens généralistes refusent d’aller “s’enterrer” et la France des territoires ruraux oubliée se meurt à petit feu, oubliée des services publics. Or la commune s’est décarcassée pour attirer un jeune médecin. Il a 32 ans, généraliste et urgentiste, il débarque avec femme et des enfants. « On l’accueille, on le célèbre, on publie la bonne nouvelle dans notre bulletin municipal et auprès de nos concitoyens».
Revenu au temps de Molière
Funeste erreur diagnostique l’Ordre des médecins du Loir-et-Cher. Interdiction de faire de la publicité pour un médecin, ni de donner son adresse ni d’indiquer ses horaires, sous peine de poursuites! Fut-il sans “concurrent”. On croit rêver.
« Me voici revenu temps de Molière » : un collège de médecin malgré nous, un ordre de précieux ridicule, au chevet d’un monde rural presqu’à l’agonie et qui nous donne la leçon » écrit Guillaume Peltier qui a la colère poétique : « plus un médecin pour faire une ordonnance, mais un parterre de doctes docteurs pour rédiger une lettre de remontrance ». Il y a parfois du Lucchini dans notre Guillaume Peltier. Mais comment lui donner tort. « Je laisse aux bureaucrates leur serment d’hypocrites… ». Pour attirer les médecins en zone rurale (et pas seulement), les collectivités doivent faire la danses du ventre, dérouler le tapis rouge et fiancer des Maison médicales à tout va. Aux frais du contribuable-patient évidement.
La grosse fièvre

Guillaume Peltier
Si l’on va plus loin que cette grosse fièvre du patron (LR) de l’opposition régionale contre un Ordre des médecins d’un conservatisme à faire pâlir d’envie un pilote d’Air France, le fond du dossier se trouve dans la liberté complète d’installation des médecins. Si les généralistes et les spécialistes se ruent sur la Côte d’azur, c’est bien sûr parce des patients âgés et dans le besoin les réclament toujours plus nombreux… ! Et puis la région Centre-Val de Loire pour ne parler que d’elle, il faut en convenir, manque cruellement d’anneaux dans ses ports pour y amarrer leurs bateaux. D’ailleurs, c’est pour éviter des bilans carbones désastreux que les praticiens préfèrent exercer près des ports à Cannes ou à Fréjus. Qu’ils en soient remerciés.
Ces salariés de la sécurité sociale que sont les médecins devraient à minima offrir leurs cinq premières années professionnelles à la région qui les a formés, après de longues études financées par le contribuable. Mais à ce stade, ce sont des solutions collectivistes ou presque. Pas sûr que ce genre d’ordonnance soit dans les prescriptions du bon docteur Peltier.
Ch.B