Jazz à l’Evéché, une soirée bien remplie…

Belle soirée d’ouverture estivale, ce mercredi à Orléans, pour cette nouvelle édition de Jazz à l’Evéché, avec une soirée bien remplie dans un style plutôt classique, mais finalement bien agréable dans la cohérence de sa programmation musicale.

Les véritables Ducs

Les véritables Ducs

Avec en ouverture les Véritables Ducs un trio clarinette/basse/trompette en acoustique, augmenté de deux musiciens invités, bien connus des orléanais, je veux dire Gabriel Lemaire (saxo) et Florian Satche (batterie), pour nous livrer de bien sympathiques compositions dans une ambiance d’improvisation de bonne facture, très style boite de jazz où il fait bon écouter des instrumentistes de talent. (Mais quelle idée de les faire jouer dans ce recoin, le dos à un sordide mur de béton, là où l’on nous avait promis un décor style Coton Club “relooké entre vintage et modernité” ? voir Magcentre)

entrée jazzContrairement à ce que d’aucuns affirmaient il n’y a pas si longtemps, le jazz est une musique populaire et c’est à “guichet fermé” que s’est déroulée cette première soirée de festival, plus de deux mille personnes s’entassant dans le véritablement trop exigüe jardin de l’Evéché, dont on a déjà déplanté les rosiers pour faire un peu place.

Et que dire des centaines de personnes qui n’ont pu entrer, restant derrière le mur à profiter de quelques bribes de son… Pendant combien de temps encore, la ville d’Orléans aura peur des fantômes du Campo Santo, se refusant à y implanter un festival de jazz qui retrouverait là, sa pleine capacité d’accueil !

Photo Marie Line Bonneau

Photo Marie Line Bonneau

Retour sur la grande scène avec le plaisir d’écouter une formation “lourde” de dix musiciens dont le nom lui interdit de renier ses origines OjazzO (abréviation de Organique Jazz Orchestra), une belle brochette du meilleur du jazz orléanais, pour nous emmener sur des ambiances d’une belle diversité, un quasi big band qui sait être cuivré quand il faut, ou laisser la place à la flute pour d’autres sonorités, dans des compositions librement inspirées de Dave Holland, Maria Schneider, ou Kenny Wheeler. Une belle expérience musicale entre classique et modernité.

Photo Marie Line Bonneau

Photo Marie Line Bonneau

Et puis ce fut le come back à Orléans de China Moses. Bien sûr c’est la fille de Dee Dee Bridgewater, mais ne perdons pas de temps dans les comparaisons avec sa mère, China Moses a son style personnel qu’elle nous propose dans ses toutes nouvelles compositions concoctées avec les musicien anglais Anthony Marshall, premières sur scène d’un album à sortir en 2017.
Et China Moses est une véritable chanteuse d’un blues émotionnel, qui nous raconte ses histoires de vie, tour à tour tristes ou drôles, sérieuses ou dérisoires mais toujours avec une énergie généreuse et bien sûr communicative (elle est quand même un peu la fille de sa mère…) avec des accents de cocaïne quand elle nous parle de nicotine, quand ce n’est pas des colères jopliniennes pour nous raconter ses sentiments, le tout servi par des musiciens particulièrement en phase avec ces compositions originales, ou cette unique reprise, magnifiquement étirée de Move Over,  comme par hasard de la légendaire Janis !

Et puis, pour finir pas trop tard et prendre un dernier verre à la toujours sympathique buvette d’ABCD, la (trop) petite scène, quasiment dans le noir, offrait une jamsession fabriquée par les Ateliers Baptiste Dubreuil à base de Herbie Hancock, Quincy Jones, Weather Report, Deep Purple ou, encore lui, Kenny Wheeler. Beau travail de jeunes talents qui méritaient une écoute plus attentive…

Gérard Poitou

Jazz à l’Evéché du 22 au 25 juin

Jardin de l’Evéché rue Robert de Courtenay 45000 Orléans

Gratuit

Le programme: http://www.orleans-agglo.fr/1023/programme.htm

Commentaires

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  1. Ce qui est insupportable c’est cette vision là de la culture. Les spectacles ne sont plus que circonscrits, rien de spontané, rien dans les rues. Il existe encore des villes avec des animations dans les rues, un musicien, 2 ou 3 acteurs de théâtre de rue. À Orléans on préfère camoufler le malaise par un concept d’occasion : le Club de Jazz New-yorkais, typiquement la fausse bonne idée. Ça ne s’illustre pas avec 3 cartons peints, le jardin de l’évêché se suffit à lui-même et c’était vraiment ne pas avoir réfléchi beaucoup que d’imaginer qu’il allait se transformer en club de jazz !
    D’autre part avec une jauge moyenne, on ne programme pas des artistes aussi connus que China Moses (à moins que l’on cherche à se faire pardonner la disparition d’un plus grand festival), la moitié du public est restée à la grille. Cette artiste aurait du se produire au Campo Santo… Mais ce festival a été supprimé, ainsi que les Jour J et d’autres manifestations culturelles.
    Certes Orléans est devenue une belle ville, les façades, les pavés tout propres, une reconstitution d’un moyen âge imaginaire, mais un décor dans lequel les interdits s’additionnent, la police patrouille, tout n’est qu’ordre et beauté, luxe, calme… comme dirait l’autre… On se demande si “L’invitation au Voyage” ne serait pas une invitation à quitter les lieux.

  2. C’est vrai que le made in CHINA était hier soir au sommet de son art et que le public “admis”la a eu plaisir à “communier” avec elle au Jardin de l’Evêché !

    Juste une petite “rectification” : le compositeur des nouvelles “créations” de China Moses n’est plus le français Raphaël Lemonier mais l’anglais Antony Marshall !

    C’est vrai que la ville d’Orléans a encore beaucoup à faire pour être “à la hauteur” d’un vrai festival de Jazz (hors programmation musicale bien sûr) de notoriété nationale et même régionale ! En a t’elle d’ailleurs l’envie et la volonté ? Cette nouvelle “tentative” de faire oublier le Campo Santo sera t’elle un “feu de paille” comme “Jazz or Jazz” ?

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