Sarko, le retour à l’usine

Toujours et encore le match (retour?) Hollande-Sarkozy. Salle Wagram à Paris dans l’ancien temple de la boxe, le Président de la République avait balancé dans la matinée de jeudi quelques directs bien sentis à son prédécesseur. “La constitution n’est pas un texte flexible” avait lancé François Hollande avant d’ajouter, “la laïcité n’est pas une mystique“. 

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A quarante minutes de la gare Montparnasse, quelques heures plus tard, Nicolas Sarkozy a profité de la première étape de son déplacement en terre centriste ligérienne pour lancer à son tour quelques missiles contre François Hollande et son gouvernement. Des attaques ciblées à la fois contre le Président et contre celui qui vient de le quitter politiquement, Emmanuel Macron. C’est à l’issue de sa visite à l’entreprise Ecofit, sur la zone d’activité sud de Vendôme (Loir-et-Cher), spécialisée dans les système de ventilation qu’il a passé une soufflante au gouvernement à propos de la fermeture programmé d’Alstom sur son site historique de Belfort.  Pour une fois, il avait fait le trajet en TGV. Raison de plus pour embrayer sur Alstom.

Macron habillé pour l’été

img_9586“Alstom est une entreprise à laquelle j’ai consacré toute une partie de ma vie. Comme ministre des finances comme président de la République. C’est une entreprise extraordinaire, avec des femmes et des hommes qui savent fabriquer des trains, des TGV , des rames de métro… Et je suis vraiment désolé de voir le désastre de la section transport d’Alstom. Et je pense à toutes ces familles Belfortines qui sont aujourd’hui dans la peine. Alstom faisait parie de la vie de Belfort. Quand je pense que le ministre de l’économie Monsieur Macron, entre sa visite au Puys du fou, les photos de vacances, et sa démission, imaginez ce que doivent penser les ouvriers d’Alstom à qui il avait promis solennellement qu’il les aiderait et qu’il les sauverait. Il est parti . Il n’a rien fait. c’est désolant.” a indiqué Nicolas Sarkozy.

Un bain d’usine

img_9597Pour le reste, l’ancien Président, désormais candidat déclaré à la primaire et à l’Elysée, s’est offert un bain d’usine comme il les aime. Visiblement fatigué mais toujours pugnace et convaincant au contact des gens, Nicolas Sarkozy a lancé devant quelques uns des 160 salariés de cette usine, filiale d’un groupe allemand, implantée depuis 40 ans à Vendôme: “j’aime l’usine”.

Comme il l’avait fait à Montargis en avril dans une autre entreprise, Nicolas Sarkozy, toujours en mal de réhabilitation de l’image bling bling collée par le Fouquets et les vacances en yacht, s’en va répétant son amour du monde du travail. “J’aime les usines, le jour où il n’y aura plus d’usine, où vos enfants vont-ils aller travailler?”. Au fil des ateliers, Nicolas Sarkozy fait preuve d’un métier à toute épreuve. Et il le remet sans cesse sur l’ouvrage électoral.

Avec Guillaume Peltier et le directeur de l'usine.

Avec Guillaume Peltier et le directeur de l’usine.

C’est même lui qui rentre dans les bureaux pour proposer un selfie. En fin de visite, flanqué de ses anciens ministres, Christian Estrosi, Eric Woerth, David Douillet, et des élus locaux, Maurice Leroy le patron du département, Claude Greff, député d’Indre-et-Loire, Guillaume Peltier, rallié fin août à la candidature de l’ancien président à la primaire (ne manquait que Philippe Vigier…), il s’offre un dialogue avec le secrétaire du comité d’entreprise, Gaétan, tourneur, 19 ans d’entreprise. L’occasion pour le candidat de marteler son programme économique et social frappé au coin du libéralisme: “je veux de la souplesse dans l’ensemble de l’entreprise”. Ainsi, s’il revient à l’Elysée, il fusionnera toutes les instances dans l’entreprise (CE,CHSCT, délégué du personnel) en une seule. Avec lui ce sera le retour des heures supplémentaires non imposables, la fusion de tous les minimas sociaux en un seule, la possibilité du cumul d’une retraite et d’un emploi à temps plein, la baisse des charges pour les entreprises…

Labourer le thème de la ruralité

Sur ces mesures économiques et sociales, rien de bien nouveau, Nicolas Sarkozy persiste et signe, comme il allait le faire un peu plus tard pour les lecteurs de son livres, “tout pour la France”. Ne restait plus ensuite à la tribune devant près de 1 500 personnes qu’à labourer le thème de la ruralité et, au passage, à arroser le parterre de centre droit.

A Vendôme, le maire Pascal Brindeau parle de “laboratoire de l’alternance” avec sa  liste du Modem à l’UMP (en 2014) qui a mis fin “à 25 ans de gestion municipale socialiste”. De quoi donner des idées à “Nicolas le retour” et à ses proches déjà alléchés par l’hypothèse de porte-feuilles ministériels, Christian Estrosi qui n’était pas prévu dans le déplacement mais qui ne pouvait laisser Brice Hortefeux en pole position auprès de Nicolas Sarkozy, pour la place Beauveau, Eric Woerth qui lorgne vers Bercy. Quant à Guillaume Peltier, futur probable député du Loir-et-Cher devenu conseiller politique de l’ancien Président et qui multiplie les tribunes sur le terroir, auteur d’un discours lyrique en diable sur la ruralité jeudi, se verrait-il déjà à l’agriculture?

Premiers éléments de réponse, les 20 et 27 novembre avec la primaire de la droite et du centre dont la campagne est d’ores et déjà bien lancée.

Ch.B

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