« Je ne souhaite pas que ce débat tourne au pugilat parce que cela écœurerait une partie de celles et de ceux qui veulent aller voter aux primaires, et parce qu’il faudra bien se retrouver pour la présidentielle. Je souhaite que l’on reste dans un vrai débat d’idées », déclarait ce matin Philippe Vigier, député UDI d’Eure-et-Loir et soutien d’Alain Juppé a la veille du premier débat télévisé de la primaire de la droite et du centre.
En effet les sept candidats qualifiés vont confronter leurs idées ce jeudi 13 octobre sur TFI à partir de 21heures pendant 2h20 environs. Christian Jacob, chef de file des députés LR et soutien de Nicolas Sarkozy a plaidé, lui aussi, pour qu’il « n’y ait pas de dérapages ». Jean-François Copé, François Fillon, Alain Juppé, Nathalie Kosciusco-Morizet, Bruno Le Maire, Jean-Frédéric Poisson et Nicolas Sarkozy sur un même plateau il y a de quoi craindre le verbe haut ! « On ne va pas prendre des coups sans être capable de répondre. Il faut prendre de la hauteur mais aussi montrer qu’il y a des lignes à ne pas franchir », a de son côté averti le maire de Bordeaux.
C’est une épreuve inédite à laquelle la droite et le centre ont décidé de s’imposer. Avant le vote des 20 et 27 novembre qui désignera le candidat à la présidentielle, les prétendants se livreront au traditionnel débat sur leur politique à venir si les citoyens leur accordent leur confiance. Il se déclinera en trois rencontres. La première est organisée par TF1, RTL et Le Figaro. Le 19 septembre les équipes des candidats en ont défini les conditions et le cadre, ne laissant rien au hasard.
Un cadre très précis, des sujets larges
Au menu de cette première confrontation : l’économie et le régalien qui englobent chômage, éducation, impôts, justice, terrorisme, immigration et sécurité. Les candidats auront le droit de parler pendant 15 minutes, par tranches d’une minute maximum pour répondre aux questions des journalistes. Passé 50 secondes, un voyant lumineux signalera que le temps de parole est écoulé.
« C’est la règle qui est appliquée dans les débats américains depuis des décennies et quand on y regarde de près on voit que ce n’est pas du tout simplificateur. C’est un hommage rendu à l’esprit de synthèse » expliquent Gilles Bouleau de TFI, Élisabeth Martichoux de RTL et Alexis Brézet du Figaro, les trois journalistes qui vont intervenir et se préparent depuis des mois à cette délicate tâche. Si l’un des candidats veut en interpeller un autre, ce dernier aura 30 secondes pour lui répondre.
Le placement sur le plateau pouvait être une pomme de discorde. Aussi, le positionnement a-t-il été tiré au sort: lequel a accordé la place centrale à Nicolas Sarkozy. Jean-François Copé parlera le premier et Alain Juppé en dernier.
Les exigences des candidats
TF1 a été conduite à composer avec les exigences des candidats. La chaîne a du renoncer à filmer l’arrivée des candidats avec une GoPro embarquée dans leur voiture. Une nouveauté rejetée, François Fillon, Nicolas Sarkozy et Alain Juppé disposant d’un chauffeur, Bruno Le Maire conduisant sa voiture. Il y aurait eu iniquité. Nathalie Kosiusko-Morizet souhaitait un Facebook en live dont les autres candidats n’ont pas voulu. Aux dernières nouvelles les pupitres seront opaques ce qui est loin d’être anodin. Cette opacité permet de dissimuler ses notes, d’en voir l’importance ou de noter leur absence.
Les enjeux
Les équipes des candidats relativisent l’enjeu de ce premier débat. Il « n’est pas l’alpha et l’oméga de la campagne. Il reste 40 jours avant le scrutin, il va se passer plein de choses d’ici là. » Répète à l’envi Benoist Apparu, soutien d’Alain Juppé, alors que son champion reconnait préparer « des fiches d’argumentaires bien qu’il n’y aura pas de répétition générale où les équipes joueront un rôle on ne veut pas s’enfermer dans une stratégie ».
Même distance affichée par Bruno Le Maire. « Je veux arriver libre, détendu et cool à ce débat », a-t-il confié au JDD. Jérôme Chartier, député du Val-d’Oise et soutien de François Fillon explique que l’ancien Premier ministre « s’y prépare depuis cet été de façon très détendue. Nous on joue les Français contre les sondages, le débat peut faire évoluer la vision que l’on a d’une personne ».
C’est bien ce résultat qu’escomptent de cette prestation télévisuelle tous les candidats. Alain Juppé va s’employer à conserver l’avance que lui donnent les sondages, Nicolas Sarkozy tenter d’enrayer cette envolée. Bruno Le Maire et François Fillon, vont tout faire pour se devancer l’un l’autre et rejoindre le peloton de tête. Nathalie Kosciusco-Morizet et Jean-Frédéric Poisson vont en profiter pour faire valoir leurs idées. Quant à Jean-François Copé il cherchera à n’en pas douter à faire oublier l’étiquette de « monsieur 1% » qui ne le quitte plus depuis son entrée en campagne.
F.C.
Le deuxième débat est prévu le jeudi 3 novembre diffusé à 21hsur BFM, ITélé et leurs partenaires, le troisième, le jeudi 17 novembre diffuséà 21h sur France Télévisions, Europe 1 et leurs partenaires de la presse quotidienne régionale.
Publié le 11 octobre 2016