De Noël au jour de l’an les repas sont souvent synonymes d’excès : plats riches en graisses, sucres, alcool, portions plus abondantes qu’à l’accoutumée. Organe clé de la digestion, notre foie effectue la transformation puis l’élimination des substances issues de notre alimentation. Comment l’aider à récupérer après cette période de libations abusives ?
Durant les fêtes, les repas sont souvent synonymes d’excès. ©Freepik
Par Jean-Paul Briand.
Le foie : centre de détoxification naturelle
Le foie est non seulement l’organe le plus volumineux du corps humain, mais c’est aussi le centre névralgique du métabolisme énergétique. Il transforme les nutriments, régule la glycémie en stockant et en redistribuant les sucres, met en réserve certaines vitamines et, surtout, assure la détoxification des substances exogènes grâce à un arsenal enzymatique complexe. Alcool, médicaments, additifs alimentaires, polluants environnementaux : tout transite par lui. Cette fonction essentielle explique qu’il soit exposé à de multiples agressions, parfois responsables de lésions hépatiques chroniques lorsqu’elles sont répétées ou excessives. Les débauches alimentaires peuvent entraîner des anomalies hépatiques délétères.
Cure détox : qu’en pense la science ?
Contrairement à une idée trop répandue, il n’existe pas de preuve scientifique solide démontrant l’efficacité des « cures détox » ou des produits prétendument dépuratifs. Les jus de citron, d’artichaut ou le radis noir sont souvent cités pour leurs vertus supposées, mais aucune étude robuste n’a établi qu’ils accélèrent réellement l’élimination des toxines. Après une période de surcharge métabolique, la priorité n’est donc pas de « nettoyer » le foie, mais de le protéger.
De même, l’arrêt brutal de l’alimentation pendant plusieurs jours n’est pas recommandé. Outre le stress métabolique qu’il occasionne, il favorise fréquemment, à la reprise alimentaire, un effet rebond néfaste pour le foie et l’équilibre global de l’organisme. Quant aux méthodes dites de « détox » que l’on retrouve dans nombre de magazines, elles relèvent davantage du marketing que de la diététique sérieuse et peuvent même parfois s’avérer dangereuses.
Quatre conseils pour un « répit digestif » réussi
La meilleure stratégie est de respecter une période de « répit digestif ». Elle repose sur des mesures simples et physiologiquement cohérentes :
- Suspendre totalement la consommation d’alcool pendant plusieurs semaines est sans doute la décision la plus bénéfique pour les cellules hépatiques. Le Dry January (Janvier sobre) est excellent.
- Consommer au moins 1,5 litre d’eau par jour pour augmenter l’apport hydrique qui favorise l’élimination rénale des déchets hydrosolubles.
- Améliorer le transit intestinal avec une alimentation riche en fruits, légumes et fibres, qui permet de réduire la recirculation de certaines toxines.
- Alléger le travail métabolique du foie en réduisant les aliments ultra-transformés, riches en sucres rapides, en additifs et en graisses saturées.
Sobriété et repos : les alliés de la santé hépatique
Pour une récupération complète, il est bon d’associer une activité physique douce et régulière (marche rapide 30 minutes chaque jour) à un sommeil réparateur (7 heures minimum). Car, en réalité, le foie n’a pas besoin de produits miracles pour être « détoxifié ». Il sait parfaitement le faire lui-même. Pratiquer quelques activités physiques non agressives, respecter des temps de repos suffisants dans un environnement nutritionnel simplifié, reste la seule approche validée par la science. Après les excès des fêtes, sobriété et repos demeurent les meilleurs alliés de l’organe le plus indispensable à la vie.
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