Serge Grouard candidat, ou l’éternel retour

Le maire d’Orléans brigue sans surprise un cinquième mandat. Il a enfin dévoilé sa stratégie le soir du jeudi 8 janvier au cours d’une réunion publique savamment orchestrée et mâtinée de marketing politique.

Nouvelle aventure pour Serge Grouard. Photo Magcentre


Par Jean-Jacques Talpin.


Finalement c’était bien lui ! À l’issue d’un insoutenable suspense Serge Grouard a enfin annoncé sa candidature jeudi soir devant un parterre enthousiaste de 300 fidèles. C’était évidemment un secret de polichinelle. Personne ne mettait en doute la volonté de Serge Grouard de rempiler pour un nouveau mandat, le cinquième, ce qui représenterait un record dans la petite histoire locale.

Campagne détournée par l’opposition

Avant de dévoiler ses ambitions, Serge Grouard avait orchestré une véritable campagne de marketing politique avec un déferlement d’affiches au profil flou et questionnant : « Et si c’était lui ? », « Et si c’était eux ? ». Personne évidemment ne doutait qu’il s’agissait bien du maire d’Orléans et surtout pas l’opposition qui s’était fait un malin plaisir en détournant ces affiches.

La campagne détournée par l’opposition. Photo Magcentre


Certes, cet homme de 66 ans, maire depuis 2001 malgré un bref intermède médical, n’est sans doute pas véritablement usé même si on peine à deviner son positionnement : à droite bien sûr, plus totalement LR, alors allons-y pour « divers droite » mais avec quelques relents extrêmes droitiers dès qu’il s’agit de parler de sécurité ou d’immigration.

Rendez-vous le 8 janvier 2032

Avant de faire acte officiel de candidature, le maire a été récité par deux anciens qui se retirent, Michel Martin et Charles-Éric Lemaignen, et par deux jeunes peu avares de louanges : Clairvie Quesne (Jeanne d’Arc 2023) et Jules de l’inévitable lignée Wagner.

Le bilan tiré de cette mandature est évidemment mirobolant : sécurité renforcée, CHU, attractivité. Mais une municipale c’est aussi un projet. Plutôt que de décliner un programme bien structuré et chiffré, Serge Grouard s’est projeté le 8 janvier 2032 à l’issue du prochain mandat. Un artifice pour dévoiler les grandes lignes de son programme sans entrer dans les détails : restructuration de Place d’Arc (on ne parle plus des Mails), salle de l’Institut, musée des Beaux-Arts, cité Jeanne d’Arc à Charbonnière, grand projet pour la jeunesse. Peu de nouveautés donc avec des projets déjà dessinés (sauf la Cité Jeanne d’Arc). Mais derrière le slogan « Ici c’est Orléans », le maire veut d’abord placer la proximité d’une politique : propreté, sécurité, restauration des églises. Une manière de rassurer un électorat relativement âgé et peu avide de révolutions.

Salle comble pour Serge Grouard. Photo Magcentre

Division de la gauche : un atout pour M. Grouard

Pour cette élection des 15 et 22 mars, Serge Grouard pourra bénéficier de quelques atouts : une gauche divisée comme en 2020 avec deux « amis de 20 ans » – Jean-Philippe Grand et Baptiste Chapuis – sans doute difficilement réconciliables. Il bénéficiera aussi du soutien des macronistes et notamment de Stéphanie Rist, ministre de la Santé et à nouveau candidate à la députation le 18 janvier prochain. Ce soutien résulte en fait d’un troc : pas de candidat LR contre Stéphanie Rist à la législative partielle de la 1re circonscription du Loiret et pas de liste macroniste contre M. Grouard le 15 mars. Le succès ou l’échec de Serge Grouard pourrait alors se dessiner à l’aune d’une triangulaire – voire d’une quadrangulaire – le 22 mars.

Bienveillance du RN ?

Tout dépendra en fait du score d’une liste centrale et de celle du Rassemblement National au premier tour et de leur capacité à se maintenir au second. Les mauvaises langues se font plaisir en rapportant (info ou intox ?) que Serge Grouard aurait rencontré Jordan Bardella, peut-être pour envisager un retrait éventuel de la liste RN entre les deux tours. Mais comme disait Martine Aubry à l’endroit de son « ami » François Hollande, « quand il y a un flou, il y a un loup ! ». En ce sens Serge Grouard n’aura pas levé hier soir toutes les interrogations et tous les flous sur son équipe, son programme et ses soutiens…


Plus d’infos autrement :

Municipales à Orléans : la raison gagne le Centre !

Commentaires

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  1. Voici mon commentaire : je voterai Serge Grouard, comme depuis 2001, chacun ses convictions.

    Pour les législatives, en revanche, le choix de Stéphanie Rist est loin d’être acquis. On connaît Renaissance et le macronisme ; l’absence de candidat LR ne garantit rien.

    Tout dépendra de qui se présentera face à elle. Ce n’est pas gagné, chère Madame.

  2. Allez Serge ! Tu es désormais inclassable dans tel ou tel “parti” et c’est très bien ainsi.
    Si au plan national je suis résolument contre l’actuel gouvernement de vendus, je distingue clairement la direction municipale et celle d’une agglomération.
    Une vraie pensée gaullienne est la seule qui convient dans cette époque perturbée, et la seule capable d’illustrer la défense du peuple dans le cadre d’entreprises locales de plus en plus abandonnées par un capitalisme essentiellement financier.

  3. Dans certains “cercles” de l’orléanais, certains l’appellent “Sergio”!
    Pensez-ce que vous voulez, mais je trouve que ça a un brin de parfum sicilien…Chacun est libre de le penser ou pas!

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