Le festival de musique ancienne a pris son envol ce jeudi 2 avril avec L’Escadron volant de la Reine, un magnifique ensemble vocal et instrumental basé en Région Centre Val de Loire. Et la musique s’est prolongée le lendemain au Temple avec l’ensemble vocal Éphémère accompagné par Les Folies Françoises et Frédéric Désenclos à l’orgue.

L’Escadron volant de la Reine en concert à l’Institut le 2 avril 2026. Photo Matthieu Semont
Par Anne-Cécile Chapuis
Comme par magie, la salle de l’Institut s’est trouvée transportée à la cour de la reine Christine de Suède ce jeudi 2 avril. Les six instrumentistes et neuf chanteurs ont en effet séduit le public par un concert original et d’une qualité rare en matière de musique baroque. Tout est perlé, ciselé, empreint de sérénité et de plaisir communicatif.
Un voyage à travers le Requiem
Recréer l’office des funérailles de cette reine convertie au catholicisme ayant terminé sa vie à Rome en 1689, est une trouvaille à plusieurs titres : c’est l’occasion de découvrir des compositeurs italiens du XVIIe siècle, cela renseigne sur l’ordre solennel de l’office des défunts, mais surtout, cela confère au concert une homogénéité, une atmosphère de recueillement dans un déroulé sans applaudissements, un véritable voyage dans le temps et la musique de l’époque.

Josèphe Cottet et Marie Rouquié, violonistes, s’accordent avant le concert. Photo AC Chapuis
Le concert commence et se termine par une voix a capella qui pose l’introït et le responsorium. Ce sera ensuite un florilège de pièces pour solo, 4 ou 5 voix (jusqu’à 9) accompagnées par les deux violons et continuo, scandées par des sonates, sinfonia ou toccata instrumentales de toute beauté, avec des effets acoustiques divers selon la disposition du chœur. Tout est dentelle et pureté, et même si l’on peut souligner des moments particulièrement intenses (Lacrimosa de Melani, Sanctus de Carissimi, Hostias ou la toccata instrumentale de Scarlatti) c’est l’ensemble qui emporte, qui fait planer et oublier le présent pour voler avec l’Escadron.
Les sourires échangés, la connivence qui règne entre les musiciens, témoignent du plaisir musical qui ne demande qu’à être partagé. Et quand Antoine Touche, violoncelliste et directeur artistique invite le public à venir écouter ce concert le 7 novembre à Rome, dans l’église où il a été créé, il s’en faut de peu que chacun se lance à réserver son billet d’avion !
Pâques chez la duchesse de Guise

L’ensemble vocal Ephémère et les Folies Françoises en concert au Temple d’Orléans le 3 avril. Photo Isabelle Rouard
Autre atmosphère mais même tonalité le lendemain au Temple avec les ensembles orléanais Ephémères (direction Émilie Legroux) et Folies Françoises (direction Patrick Cohen-Akénine). Reconstituant les soirées données à l’hôtel de Guise, c’est la rencontre entre la France et l’Italie qui a judicieusement été mise en scène. Les sonorités chaleureuses des instruments et les belles voix féminines ont ainsi évoqué Charpentier et Corelli dans un programme choisi et harmonieux, donné deux fois au Temple devant un public fourni. La lumière des cierges a contribué au recueillement et à l’écoute d’une musique douce et cependant contrastée. Et même si les instruments prenaient parfois le pas sur les voix solistes dans l’acoustique tournante du Temple, le concert de qualité fut très apprécié, renforçant le concept d’un Festival qui sait chaque année se renouveler et offrir des instants musicaux inédits.
Rendez-vous est pris pour les 2 concerts suivants au Temple : Mercredi 8 avril avec Liesbeth Schlumberger, orgue (précédé d’une conférence par Isabelle Rouard sur la rencontre Bach/Mendelssohn) et jeudi 9 avril avec Thomas Dunford, luth.
Pour en savoir plus :
www.orleansbachfestival.fr
https://escadronvolant.com/
Pour aller plus loin dans MagCentre :
https://www.magcentre.fr/338111-comme-un-air-de-bach-a-meung-sur-loire/